DELORME Marcel, Robert

Par Eric Panthou

Né le 4 août 1923 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), abattu par la Milice le 22 mai 1944 à Clermont-Ferrand ; électricien ; résistant au sein du corps franc "Cristal".

Marcel Delorme est le fils de Baptiste Delorme et d’Elisa Pardon. Il était électricien, célibataire, employé au quartier Louis Gentil, 13e base de soutien du matériel (13e BSMAT). Il habitait 13 rue de la Grolière à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).

Sa date d’entrée dans les FFI est fixée au 1er janvier 1944. Le 22 mai 1944, vers 12h30, Marcel Delorme consommait dans un bar du quartier des Neuf soleils avec Roger Astier et André Taiche. Ces trois jeunes résistants appartenaient au « groupe Roche" dit "groupe Cristal ». Selon le dossier de demande de la carte de CVR établi par sa famille, il aurait rejoint ce groupe dès aioût 1943.
Le corps-franc "Cristal", relevant des Mouvements Unis de la Résistance en 1944, était placé sous la responsabilité d’Alphonse Roche, alias "Capitaine Cristal". Il constituait un réseau de plusieurs dizaines d’hommes, chargé en particulier de soustraire du matériel aux Allemands, de se renseigner au sujet des transports et des déplacements de l’ennemi.
Ce 22 mai, les trois jeunes du réseau buvaient en compagnie de Gilbert Savy
Brusquement, ils sont interpellés par un groupe de miliciens armés. Le chef du groupe était Jean Courjon, 20 ans dont le père, lui-même cadre de cette milice, avait été exécuté quelques jours plus tôt par la Résistance. Fouillés, trois d’entre eux sont porteurs de colts et de grenades à main. Après les avoir désarmés, Courjon fit sortir les trois résistants du bar, leur ordonna de se ranger contre le mur de l’autre côté de l’Avenue d’Aubière ; les miliciens commencèrent à tirer avec leurs mitraillettes sur Marcel Delorme et André Taiche, et Roger Astier fut abattu de plusieurs balles dans le dos avant d’avoir complètement traversé la chaussée.
Puis Courjon les acheva un à un en leur tirant plusieurs balles dans la tête. Les cadavres sont restés environ trois heures sans protection avant d’être transportés à la morgue. La note adressée le jour même au Commissaire central était intitulée "Exécution de trois terroristes par des miliciens" ».
Marcel Savy fut déporté.

Marcel Delorme a été déclaré Mort pour la France, FFI, tué à l’ennemi. Le 6 décembre 1955 il a reçu à titre posthume la carte de Combattant volontaire de la Résistance (CVR). Il est inhumé à Clermont-Ferrand.

Son nom figure sur le Monuments aux Morts 1939-1945 à Clermont-Ferrand, sur la plaque du Quartier Gentil et la plaque commémorative aux trois résistants tués avenue Léon Blum à Clermont-Ferrand.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article209084, notice DELORME Marcel, Robert par Eric Panthou, version mise en ligne le 24 novembre 2018, dernière modification le 11 novembre 2019.

Par Eric Panthou

Sources : SHD Vincennes, dossier de résistant de Marcel Delorme : GR 16 P 171643 (non consulté) .— AVCC dossier Marcel Delorme : AC 21 P 116158 (non consulté) — Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 496 : liste des fusillés, des massacrés dans la région du Puy-de-Dôme, 1er mars 1945 .— Arch. du Puy-de-Dôme, Dossier nominatifs d’attribution de la carte du combattant volontaire de la résistance pour Marcel Delorme : 2546 W 5219 .— Arch. du Puy-de-Dôme, Dossier nominatif d’attribution de la carte du combattant au titre de la résistance à Marcel Delorme : 2546 W 978 (non consulté) .— Christophe Grégoire, Les Vampires : Éliminations et sabotages - Résistance, 1943-1945, éditions de Borée, 2015, 432 p. .— Laurence Coupérier, "Astier, Delorme et Taiche ont été abattus par la milice le 22 mai 1944", La Montagne, édition Clermont-Ferrand, 22 mai 2014 .— "Alphonse Roche a fêté ses 100 ans", La Montagne, édition Cantal, 22 juin 2013 .— Gilles Lévy, Francis Cordet, A nous, Auvergne, Paris, Presses de la Cité, 1981 .— MémorialGenWeb .— Mémoire des Hommes.

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