COULAND Jacques, Louis

Par Jacques Girault

Né le 26 janvier 1928 à Toulon (Var) ; professeur, universitaire spécialiste du monde arabe ; secrétaire de la fédération des Basses-Alpes [Alpes-de-Haute-Provence] de l’Union progressiste ; militant communiste des Basses-Alpes et de Paris.

<center>Jacques Couland lors d’une conférence dans les années 1980</center>
Jacques Couland lors d’une conférence dans les années 1980

Son père, officier d’artillerie coloniale, décéda au front, le 18 mai 1940 ; sa mère, issue d’une famille française d’Algérie d’origine espagnole, devint la déléguée des Alpes-Maritimes d’un mouvement de veuves de guerre. Jacques Couland reçut les premiers sacrements catholiques. Aîné de trois enfants, pupille de la Nation, élève du lycée français de Beyrouth, des Frères maristes de Damas, du Petit collège catholique du Caousou à Toulouse (Haute-Garonne), il effectua sa scolarité secondaire au lycée Lamoricière à Oran, à l’école militaire préparatoire d’Hammam-Rhigha (1943-1945) en Algérie, au prytanée militaire de La Flèche (Sarthe) en 1945-1946, puis à Vence (Alpes-Maritimes). Bachelier (1947), il commença en 1948 à préparer une licence de philosophie à la Faculté des Lettres d’Aix-en-Provence (1952). Maître d’internat de 1948 à 1953 dans des établissements de l’académie d’Aix (Grasse, Brignoles, Aix), il fit partie en 1951-1952 de la commission de travail des maîtres d’internat dans la section académique (S3) du Syndicat national de l’enseignement secondaire.

Couland entretenait alors des contacts étroits avec les milieux littéraires et artistiques régionaux (Cahiers du Sud notamment). Par la suite, il conserva un grand intérêt pour la démarche esthétique. Membre du bureau départemental du Mouvement de la paix (1953-1955) à Digne, il était le secrétaire de la fédération bas-alpine de l’Union progressiste en 1954. Très tôt partisan de l’indépendance des peuples coloniaux, hostile à la politique gouvernementale en Algérie, il adhéra au Parti communiste français à Digne en février 1955.

Licencié ès lettres (1952), Jacques Couland devint adjoint d’enseignement à Digne (Basses-Alpes), à Mont-de-Marsan (Landes) de 1953 à 1956, puis au Lycée Louis-Le-Grand à Paris (1956-1975). Dès son arrivée à Paris, il suivit des cours pour la licence d’Arabe à l’École des Langues orientales, puis comme auditeur libre à l’Institut des Études Islamiques. Secrétaire adjoint de la cellule communiste de son lycée, puis membre du comité de la section communiste du Ve arrondissement (1957), il entra au secrétariat collectif de la section (fin de l’été 1958), puis de l’arrondissement (premier secrétaire de 1959 à 1962). Il suivit les cours de l’école centrale du PCF en juillet 1961.

Jacques Couland s’était marié civilement en mars 1957 à Paris (Ve arr.) avec Diana Duporges, née le 23 février 1929 à Paris (VIIIe arr.), communiste, alors sténo-dactylo, plus tard secrétaire d’administration universitaire. Ils habitaient le VIe arr. puis Arcueil (Val-de-Marne). Son épouse milita activement dans le Mouvement de la paix dans le Ve arr., puis à l’Association des locataires et à l’Union des femmes françaises à Arcueil.

Jacques Couland entra au comité de la fédération communiste de Paris en mai 1959. Il ne fut pas réélu lors de la conférence fédérale de 1962. En effet, Raymond Guyot lui avait proposé, ce qu’il avait accepté en octobre 1961, de le mettre à la disposition de la section de politique extérieure du comité central. En raison de ses responsabilités locales, cette décision ne prit pas immédiatement effet. À partir de la fin de l’été 1962, il exerça des responsabilités dans le secrétariat du Centre d’études et de recherches marxistes tout en continuant ses recherches sur le monde arabe dont il était devenu un des meilleurs connaisseurs du PCF. Il participa à partir du printemps 1962 à la section de politique extérieure, qui avait besoin de mieux connaître la réalité des pays de langue arabe, et plus largement des pays étrangers, pour ne pas être dépendant des analyses initiées par le Parti communiste d’Union soviétique. En charge des collectifs « Maghreb et Moyen-Orient », il fut membre du bureau de cette section de 1962 jusqu’à sa disparition en 2000. Dans ce cadre, Jacques Couland participa à la rédaction d’un ouvrage pour un programme cubain (1964), au comité de rédaction de Démocratie nouvelle (1963-1968), aux diverses productions communistes sur les questions du monde arabe, de la Palestine. Il représenta la section auprès du collectif « énergie » de la section économique. Intervenant dans les écoles du PCF et dans de nombreuses conférences et colloques internationaux, il prenait part aussi aux analyses de Mouvement de la paix, au Groupe de recherche et d’action pour le règlement du problème palestinien, à l’association France-Palestine, au comité de défense du peuple irakien notamment.

Docteur de troisième cycle en histoire à la Sorbonne (1968), Couland préparait une thèse d’État qu’il soutint sous la forme d’une habilitation à la direction de recherches en 1988 à l’Université de Paris VIII. Chargé de cours au Centre universitaire de Vincennes à partir de 1969 en Études arabes et en histoire, il devint assistant (1975), maître-assistant (1976), puis maître de conférences à l’Université de Paris VIII où il fut directeur du département d’arabe (1984-1985), membre du conseil d’Université (1976-1979) élu sur la liste du Syndicat national de l’enseignement supérieur. Il figurait comme directeur de recherches doctorales dans diverses formations des universités parisiennes et du Centre national de la recherche scientifique jusqu’à sa retraite en 1993.

Jusqu’au transfert de l’Université de Vincennes à Saint-Denis (1980), Jacques Couland resta membre du comité de la section communiste du XIIe arrondissement à laquelle appartenaient les cellules de l’Université de Vincennes. Il faisait partie de la commission des relations avec les milieux croyants du comité central du PCF depuis les années 1980, du conseil de rédaction des Cahiers d’Histoire à partir de 1986 et du comité de rédaction de La Pensée à partir de 2000.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article20843, notice COULAND Jacques, Louis par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 24 novembre 2008.

Par Jacques Girault

<center>Jacques Couland lors d’une conférence dans les années 1980</center>
Jacques Couland lors d’une conférence dans les années 1980

ŒUVRE : Parmi les très nombreuses contributions à des œuvres collectives à des revues francophones ou arabophones, signalons son édition de la Bibliographie de la Culture Arabe Contemporaine (Unesco, collectif, sous la direction de Jacques Berque, 1981), sa participation à L’Encyclopédie de l’Islam, deuxième édition achevée en 2003 et la sélection de ses travaux sous le titre Études sur le mouvement ouvrier arabe dans son environnement historique, (reprographié, 3 tomes, 1987).
Parmi ses ouvrages, signalons : L’éveil du monde arabe, Éd. sociales, 1964, 189 p. — Israël et le Proche Orient arabe, Éd. sociales, 1969, 189 p. — Le mouvement syndical au Liban (1919-1946), son évolution pendant le mandat français de l’occupation à l’évacuation et au Code du travail, Éd. sociales, 1970, 455 p., et des ouvrages écrits ou dirigés en collaboration dans le cadre des publications de groupes de recherches universitaires (Laboratoire Tiers-monde, GREMAMO) dont Arabie du Sud : le commerce comme facteur dynamisant des changements économiques et sociaux, Gremamo, 1991, 225 p. (actes du colloque des 4-6 octobre 1990),

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Arch. PPo., RG 37092 8/CH 2 : Georges Gosnat. — Sources orales. — Presse nationale. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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