COUDERCHET Maurice, Fernand

Par Daniel Grason, Michèle Rault

Né le 10 janvier 1904 à Aubervilliers (Seine, Seine-Saint-Denis), fusillé par condamnation le 29 décembre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ouvrier métallurgiste dans la Seine ; résistant FTPF.

Fils de Justin, boucher, et de Clémence, née Drain, Maurice Couderchet, ajusteur ou tourneur outilleur, habita quelque temps à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne). Il s’y maria le 1er août 1927 avec Raymonde Duditlieu, journalière, puis vécut 9 rue d’Alembert à Fontenay-sous-Bois (Seine, Val-de-Marne). Le couple eut deux enfants. Il exerça son métier chez Esbellan (Paris, XXe arr.) mais refusa de travailler pour cette entreprise lorsqu’elle voulut partir Allemagne. Il s’engagea dans les FTPF et participa à de nombreuses actions contre l’occupant.
Il fut dans un premier temps chargé de réorganiser la diffusion de la propagande à Fontenay-sous-Bois. En mars 1942, il commença à recruter des militants pour « l’Armée Populaire » organisés par groupe de trois. Le jeudi 9 août, jour de marché à La Varenne-Saint-Hilaire, des militants manifestaient. Des hommes armés assuraient la protection, des tracts étaient jetés à la volée : « Ne travaillez pas pour Hitler, car voici ce qui vous attend », « Le Front national de lutte pour l’indépendance de la France est indispensable au salut de la Patrie ».
Des gardiens de la paix interpellèrent Marcel Blanchet qui portait une arme. Interrogé dans les locaux des Brigades spéciales à la préfecture de police, il fut terriblement battu... il parla. Les jours suivants il y eut d’autres arrestations. Maurice Couderchet fut arrêté le 10 août à son domicile en présence de sa femme. La perquisition ne fut guère significative : sept stencils, un lot de papier carbone vierge et quelques papiers. Il y eut neuf arrestations au total.
Le 3 mars 1943, les neuf hommes comparurent devant la Section spéciale de la cour d’appel de Paris. Le tribunal condamna Maurice Couderchet à cinq ans de prison et à mille deux cents francs d’amende. À la proclamation du verdict les condamnés crièrent : « Vive la France ! » Il fut incarcéré à la centrale de Poissy puis de Melun. Le 26 novembre les Allemands vinrent le chercher et l’emprisonnèrent à Fresnes.
Jugé le 20 décembre 1943 par le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.), il fut condamné à mort pour « activité en faveur de l’ennemi » et passé par les armes le 29 décembre 1943 en même temps que Marc Vieville, Édouard Maury et Marcel Blanchet impliqués dans la même affaire. Les cinq autres arrêtés furent déportés, Maurice Huron et Georges Huchon moururent en déportation, le premier à Buchenwald, le second à Dora (Allemagne), Eugène Vitiello disparut à Buchenwald ; Louis Ledanff rentra de Buchenwald le 11 avril 1945 et Marcel Prugny à une date inconnue.
Son fils Robert Couderchet, né en 1929, membre des Jeunesses communistes, eut avec d’autres FTP une activité de résistant dans les communes de Fontenay-sous-Bois, d’Ivry-sur-Seine, de Vitry-sur-Seine et de Choisy-le-Roi (Seine, Val-de-Marne). Pendant la libération de Paris, il participa avec eux à des actions sur les Champs-Élysées, au Châtelet et place de la Concorde. Le 26 août 1944, lui et ses camarades participèrent à la libération d’Ivry-sur-Seine avant de partir ensemble vers Brévannes (Seine-et-Oise, Val-de-Marne) puis Dijon (Côte-d’Or), Tonnerre (Yonne) et Châtillon-sur-Seine (Seine, Hauts-de-Seine) avant de rejoindre l’armée du maréchal de Lattre de Tassigny.
Après sa mort, la famille de Maurice Couderchet s’établit à Ivry-sur-Seine. Sa femme, Raymonde Couderchet, née le 23 mai 1904 à Paris (XIIIe arr.), ouvrière sur machine, fut membre du comité local de Libération de la commune en 1944. Elle témoigna le 30 mars 1945 devant la commission d’épuration de la police, déclarant : « Dans un cahier où il a consigné ses mémoires et qui m’a été remis par les Allemands après son exécution, mon mari fait mention des tortures qu’il a dû endurer pendant son séjour à la préfecture de police. » Elle porta plainte contre les policiers qui arrêtèrent son mari et contre ceux qui le frappèrent. Maurice Couderchet fut inhumé dans le carré militaire d’Ivry-sur-Seine, son nom figure sur une plaque commémorative à Fontenay-sous-Bois et sur le monument aux morts d’Ivry-sur-Seine. Dans sa séance du 27 juillet 1945, le conseil municipal d’Ivry-sur-Seine donna à la rue Philibert Pompée le nom de Maurice Couderchet. Il fut reconnu comme commandant des Forces françaises de l’intérieur (FFI) à titre posthume.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article20809, notice COUDERCHET Maurice, Fernand par Daniel Grason, Michèle Rault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 31 janvier 2019.

Par Daniel Grason, Michèle Rault

SOURCES : Arch. PPo., 1W 0711, 77W 393, KB 10. – DAVCC, Caen, Boîte 5 B VIII dossier 5 (Notes Thomas Pouty). – Arch. com. Ivry-sur-Seine. – Témoignage de Robert Couderchet. – FMD, Livre-Mémorial, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb. – État civil, Aubervillers.

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