COSSARD Eugène, Auguste, Alexandre

Par Alain Dalançon

Né le 2 mai 1895 aux Essarts (Vendée), mort le 10 janvier 1988 à Sceaux (Hauts-de-Seine) ; professeur puis inspecteur général ; militant syndicaliste, secrétaire général du Syndicat national des professeurs de lycée de garçons et de l’enseignement secondaire féminin (1934-1940), secrétaire général adjoint du SNES (1944-1945).

Ses grands-parents maternels et paternels étaient cultivateurs dans la bourgade vendéenne des Essarts, comme son père, Eugène, Pierre-Joseph, et sa mère, née Marie Défontaine.

Eugène Cossard fut élève-maître à l’École normale d’instituteurs de La Roche-sur-Yon (Vendée) dont il sortit en 1913. Il commença son service militaire comme cycliste dans un régiment de cavalerie et fut envoyé en décembre 1914 à l’école des officiers de réserve. Aspirant dans un régiment de zouaves en mai 1915, engagé dans les combats, il fut blessé en octobre 1915, puis en mai 1917. Une des cinq citations précisait qu’il était un « officier d’une bravoure légendaire frisant la témérité ». Démobilisé en octobre 1919 à Fès (Maroc), il demanda à rester au Maroc comme instituteur détaché au collège musulman de Fès (1919-1920). Il enseigna en tant que professeur des classes élémentaires dans le même établissement (1920-1922), obtint le baccalauréat (académie de Bordeaux) en 1922, et exerça les mêmes fonctions au lycée Regnault à Tanger (1922-1924).

Ayant commencé des études supérieures d’anglais, il bénéficia d’un détachement comme assistant à la Manchester Grammar school (1924-1925), puis comme lecteur à l’Université Victoria à Manchester (1925-1926). Il termina sa licence ès lettres (anglais) à Paris en 1926 et fut reçu l’année suivante à l’agrégation d’anglais (7e/21). Nommé d’abord au lycée de Nancy (Meurthe-et-Moselle) en 1928, il entra dans le cadre parisien cinq ans plus tard, affecté au lycée Voltaire à Paris, puis obtint sa mutation au lycée Lakanal à Sceaux en 1934. Il donnait aussi des heures d’enseignement dans des grandes écoles.

Militant du Syndicat national des professeurs de lycée et de l’enseignement secondaire féminin (S3), il fit partie de la majorité qui s’opposa à l’adhésion du S3 à la CGT au congrès de 1934, comme le souhaitait le président Edmond Lackenbacher. Ce dernier démissionna et fut remplacé par André-Marie Gossart, tandis qu’Eugène Cossard devint secrétaire général, poste qu’il conserva jusqu’en 1939 dans le Syndicat national autonome des lycées et collèges. La création du syndicat autonome suivait un nouveau refus du syndicat d’adhérer à la CGT en 1937, tandis que les « cégétistes » fondaient le Syndicat du personnel de l’enseignement secondaire. En juillet 1938, Eugène Cossard participa au comité directeur du Comité d’entente des grandes associations internationales à Genève, représentant la Fédération internationale des professeurs de l’enseignement secondaire officiel, en l’absence d’André-Marie Gossart, président également de la FIPESO depuis 1937.

Mobilisé en août 1939 dans un régiment d’infanterie de forteresse comme capitaine, il fut fait prisonnier en Meurthe-et-Moselle en juin 1940, et resta en captivité jusqu’en août 1941 (Oflag VI A à Soest, en Westphalie).

Durant l’Occupation, Eugène Cossard, qui avait gardé des contacts avec le lycée Voltaire, était, selon l’expression d’Edmond Lablénie, président du Front national universitaire à la Libération, « l’âme de la résistance » dans cet établissement, tout en étant engagé dans les luttes clandestines au lycée Lakanal occupé par les troupes allemandes. Il participa à partir de 1943, avec René Maublanc, Maurice Janets, Maurice Lacroix (anciens dirigeants du SPES) et Raoul Binon (ancien président du SNALCC), au « Comité de résistance de l’enseignement secondaire », dans le but de constituer un syndicat réunifié de l’enseignement secondaire. Il joua « un rôle très important durant la période de la Libération » selon le proviseur et, en 1944, fut détaché au ministère pour faire partie du Conseil supérieur d’enquête (section A de la 1ère commission concernant les recteurs, inspecteurs généraux et inspecteurs de l’académie de Paris) et en fut le secrétaire.

Le 22 septembre 1944, Eugène Cossard décida, avec Raoul Binon et deux autres membres de l’ancien bureau du SNALCC, de participer avec les anciens dirigeants du SPES à la création du Syndicat national de l’enseignement secondaire. Il siégea au bureau national en étant secrétaire général adjoint, chargé plus spécialement de la presse. Secrétaire aux affaires internationales, membre de la commission d’Outre-mer, il suivait aussi les questions de l’enseignement du français à l’étranger. Il représenta le SNES avec Pierre Testas->181790 à la réunion de la FIPESO à Londres, le 28 août 1945, en vue de la réactivation de la fédération internationale.
Nommé professeur au lycée Saint Louis à Paris (1945), il fut chargé de mission d’inspection générale en anglais en septembre 1945, puis nommé, en octobre 1946, inspecteur général de l’Instruction publique Il fut mis en position de mission auprès du Haut-commissariat de la République en Afrique équatoriale française et au Cameroun comme inspecteur en avril 1953. Il présida divers concours de recrutement de professeur d’anglais, dont le CAPET en 1955.

Marié avec la fille d’un agrégé d’anglais, père de deux enfants, Eugène Cossard, qui continuait à habiter Sceaux, prit sa retraite en mai 1965.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article20700, notice COSSARD Eugène, Auguste, Alexandre par Alain Dalançon, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 1er février 2018.

Par Alain Dalançon

SOURCES : Arch. Nat., F/17 27599, 28450 (dossier Bonin). — BNF, Gallica, liste des prisonniers de guerre français, 1939-1945, 4/12/1940. — Arch. IRHSES (S3, SNES, FIPESO, L’Université syndicaliste, ACREN, témoignage de Louis Pastor). — La Quinzaine universitaire, l’Agrégation, La Revue universitaire. — Arch. Dép. Vendée, état civil. — Renseignements fournis par André Drubay et Jean-Christophe Vaysette. — Notes de Jacques Girault.

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