BAI Yushan 白玉山

Par Alain Roux

Né vers 1887 dans le Hubei ; personnalité du monde ouvrier traditionnel de Yangshupu (Shanghai-est) liée à la Triade.

Né dans le Hubei et âgé de 50 ans en 1937, cet homme robuste, parlant le pidgin, contremaitre à l’usine de conserve d’œufs Ewo, était longtou (« tête de dragon ») du Hongmen, la Bande Rouge, une branche de la Triade. Son influence est diffuse à Yangshupu durant les années trente. Le 25 avril 1937 on le trouve à la tribune lors de l’inauguration de la « Société pour la santé et la sincérité absolue » (jingcheng jiankang she) fondée par Zhou Xuexiang 周学湘. On y retrouve tous les protégés de ce puissant « labour boss » (gonggunzi) de Yangshupu engagé dans une lutte impitoyable contre Chen Peide 陳培德, un autre « gourdin ouvrier ». Cette Société, dont les locaux se trouvent dans le bâtiment de l’usine, inscrit ses activités dans le contexte de la campagne officielle de la Vie Nouvelle. On y propose de chercher l’harmonie (xiedao) entre le capital et le travail, on y enseigne les arts martiaux, on y gère une école primaire et un dispensaire pour les 800 adhérents qui sont originaires de Hubei, du Hunan et de l’Anhui. La Société, dans ses premières années, reçoit le soutien des réseaux de Du Yuesheng et ses rapports sont bons avec le Syndicat Général et le Bureau des Affaires Sociales. Elle assure à Zhou Xuexiang 周学湘 une base de pouvoir qui lui est propre. Mais, peu à peu, alors qu’elle a gonflé ses effectifs pour atteindre 90 000 adhérents en 1943, elle passa sous le contrôle des hommes de Wang Jingwei 汪精衛 et des hanjian. On ignore le sort de Bai Yushan durant ces années où les sociétés secrètes furent déchirées entre les fidèles de Chiang Kaï-shek et les ralliés à Wang Jingwei, ce qui leur fit perdre beaucoup de leur influence passée après la défaire japonaise.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article206998, notice BAI Yushan 白玉山 par Alain Roux, version mise en ligne le 1er octobre 2018, dernière modification le 10 octobre 2018.

Par Alain Roux

SOURCES : Roux 1991 p .1152.

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