CORNAVIN Gaston, Paul, Léon

Par Claude Pennetier

Né le 27 juin 1894 à Bourges (Cher), mort le 10 juillet 1945 à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) ; ouvrier aux Établissements militaires de Bourges ; militant communiste, membre suppléant du bureau politique du Parti communiste (1929-1930), membre du comité central (1929-1945) ; député communiste du Cher de 1924 à 1928 et de 1936 à la guerre ; conseiller général du canton d’Ivry-sur-Seine (1935-1939).

[Assemblée nationale, Notices et portraits, 1936]

Gaston Cornavin fut le militant communiste le plus important du Cher pendant l’entre-deux-guerres, tant par ses fonctions électives que par son rôle au sein du Parti communiste.

Son père, Joseph, Paul, Jean-Baptiste Cornavin, ancien vigneron, travaillait comme décolleteur sur métaux aux Établissements militaires de Bourges et à ses heures libres, représentait une maison de vins. Il était syndicaliste et socialiste de base. Sa mère, Marie Renard, était femme de ménage. Gaston Cornavin, enfant doué, fréquenta l’école primaire de cinq à douze ans et l’école primaire supérieure de douze à seize ans et obtint son brevet élémentaire. La supériorité du capital scolaire de Cornavin joua dans l’affirmation de son rôle dirigeant au sein du mouvement ouvrier berruyer. On constate la qualité et l’ampleur de ses lectures revendiquées dans une autobiographie rédigée en 1933 : « Instruction politique faîte par moi-même. Lu d’Engels : Anti-Duhring, L’Origine de la famille. Lu de Lénine : La maladie infantile, Contre le Courant, Que faire ?, L’impérialisme dernière étape du capitalisme (en fait « stade suprême du capitalisme »), La révolution prolétarienne et Kautsky, Pages choisies. Lu de Marx : Manifeste, Le 18 brumaire. »

Bourges n’offrait comme débouché sûr que les Établissements militaires, il y postula. Le 1er octobre 1910, il entra comme apprenti ajusteur à l’École centrale de Pyrotechnie et en sortit premier. Aussitôt, il appuya le puissant syndicat des EM mais la date de son adhésion au Parti socialiste reste discutée. Dans sa profession de foi des élections législatives de mai 1936, il affirmait avoir rejoint le Parti socialiste le 1er janvier 1916. Cette date est reprise dans sa fiche de police (Arch. Jean Maitron), dans la notice biographique publiée par le conseil général de la Seine (Le conseil municipal : nos édiles, op. cit.) dans un questionnaire biographique de 1930 et dans une autobiographie rédigée par la commission des cadres en 1932. Or, Marcel Cherrier écrivait dans un article que Cornavin avait adhéré en 1913, lors de la campagne contre la loi des trois ans. Il tenait ce renseignement d’un témoignage oral de Venise Gosnat*. La connaissance précise de sa date d’entrée au PS n’est pas sans intérêt, car Marcel Cherrier et dans son sillage Jean Chaumeil, auteur de Venise Gosnat*, attribuent à Cornavin un rôle disproportionné pendant les premières années de la guerre. Il serait un des six militants socialistes de Bourges qui, dès janvier 1915, auraient présenté un ordre du jour contre l’Union sacrée. Rien ne permet de vérifier cette assertion. Les nombreux et volumineux rapports de police sur la vie syndicale et politique des EM pendant la guerre ne citent jamais le nom de Cornavin. La date du 1er janvier 1916 est donc établie. Sous l’influence des ouvriers mobilisés du Nord et de la Seine, le jeune ajusteur appuya la minorité socialiste favorable à la reprise de relations internationales. Mobilisé dans l’infanterie en janvier 1918, gazé par ypérite en dehors d’une zone de combats, il resta constamment en rapport avec les minoritaires de la Fédération du Cher. Il fut libéré en septembre 1919, reprit son travail aux Établissements militaires et entra à la commission exécutive du syndicat qui le délégua à la Bourse du Travail en 1920 et 1921.

Il se maria le 28 juin 1920 avec Marcelle Augustine Brisson. Le couple n’eut pas d’enfants.

Gaston Cornavin était favorable à l’adhésion du PS à la IIIe Internationale mais aucun article de l’Émancipateur ne permet de préciser sa position. Début 1920, il assurait le secrétariat de la section socialiste de Bourges.
Gaston Cornavin n’était pas, comme il fut écrit plus tard, le créateur de la fédération communiste du Cher. Maurice Boin, A. Gauvin* et E. Lerat* avaient été les principaux artisans du succès de la motion Cachin-Frossard*, mais dans la section berruyère, Cornavin et Gosnat amenèrent les ouvriers des Établissements militaires à contrecarrer les positions droitières du député-maire socialiste H. Laudier. En janvier 1921, Cornavin fut élu au conseil fédéral puis en 1922 à la commission administrative comme trésorier. Son autobiographie de 1933 signale qu’il avait en 1922 soutenu la motion Dondicol-Renoult hostile au Front unique et précise qu’il était alors hostile à Boris Souvarine*. Il participa à la conférence syndicale du Parti communiste avant le congrès national de la CGTU tenu à Bourges en 1923.

Ses qualités intellectuelles et ses capacités d’orateur le firent désigner en cinquième et dernière position de la liste Bloc ouvrier et paysan, lors des élections législatives de mai 1924. À la surprise générale, il fut élu. Avec 24,7 % des voix des électeurs inscrits, le Parti communiste obtenait un succès inespéré. Cornavin recueillait 24 080 voix et distançait ses colistiers : Chantelat (24 042), Roch (23 078), Lerat (23 815), Tastemain (23 671). Il serait vain d’expliquer le score personnel de Cornavin par sa popularité dans le département ; jeune militant il n’était pas connu en dehors de Bourges. Des témoignages permettent de penser que les ouvriers politisés des EM ont barré le nom de candidats peu considérés, comme celui de Chantelat, tête de liste, afin de favoriser leur dirigeant.

Le jeune député communiste eut au Palais-Bourbon une activité intense. Il siégea à la commission de la marine militaire et à celle de l’assistance et de la prévoyance sociales. Il intervint dans de nombreux débats, principalement ceux concernant l’armée, la marine et les arsenaux. Le 13 juin 1929, à Bourges, Marcel Cachin témoigna de la forte impression que fit Cornavin aux dirigeants nationaux « bien que n’ayant qu’une culture primaire, mais d’une intelligence éclatante et vive, (il) n’a pas tardé à faire l’admiration des camarades de la Chambre et du Parti, par ses talents oratoires, son courage et sa haute honnêteté » (Arch. Nat. F7/13115).

Délégué au Ve congrès de l’Internationale communiste (17 juin-8 juillet 1924), il fut arrêté en Allemagne pendant le voyage aller, emprisonné à Schneidemüle et condamné, avec ses cinq compagnons, à deux mois de prison pour usage de faux papiers (Henri Barbé, Souvenirs de dirigeant et de militant communiste, op. cit. p. 44-46). À son retour, le Bureau d’organisation le chargea d’une tournée de réunions en Algérie puis le rappela d’urgence le 15 septembre 1924. Cette décision avait peut-être un rapport avec sa nomination par le Bureau politique du 10 septembre 1924, aux fonctions d’adjoint à la direction syndicale centrale. Il suivit les cours de l’École léniniste de Bobigny (Seine) et fut interpellé, lors de l’opération de police du 6 décembre 1924. Dès le 19 du même mois, le député communiste du Cher retournait au poste de police pour avoir tenu un meeting sur la voie publique devant les usines Pathé de Vincennes (Seine). Il devint un propagandiste aguerri, aussi lors de la guerre du Rif, le Parti communiste lui confia une série de réunions dans le sud de la France. Le 7 juin 1925, à Narbonne (Aude), il déclara : « Il faut que les soldats suivent l’exemple de leurs camarades des pays rhénans, de leurs camarades russes et qu’ils fraternisent avec leurs adversaires » (Arch. Nat. F7/13171). Il développa ce thème en juin dans la Drôme, à Valence, Die, Montélimar, dans les Bouches-du-Rhône en juillet, à Chalon-sur-Saône, (Saône-et-Loire) en septembre et à Moulins (Allier) en octobre. Cornavin accepta la dangereuse gérance d’hebdomadaires communistes de province, en particulier du Travailleur du Languedoc. En 1926, cela lui valut d’être cité pour diffamation devant le tribunal de Montpellier (Hérault) qui le condamna à cinq cents francs d’amende et à une somme égale de dommages et intérêts. En mai 1926, il fut envoyé en Algérie, mais le 31, un groupe de jeunes adversaires politiques l’enlevèrent à la gare de Bougie et le séquestrèrent pour l’empêcher de prendre part au meeting projeté. La presse de droite utilisa cette agression pour tenter de ridiculiser Cornavin. Il continua à parcourir la France en 1927 ; le 13 février, il fut « très applaudi » par ses auditeurs paysans du Mas-d’Agenais (Lot-et-Garonne) ; le 24 mars, c’était aux ouvriers des Etablissements militaires de Bagnolet (Seine) qu’il s’adressait. En octobre, nous le trouvons à Toulon, en pleine affaire de la mutinerie de la prison maritime et du vaisseau Ernest Renan. Il demanda une réunion de la commission parlementaire de la marine, pour étudier la cause des incidents. Finalement, Cornavin était plus souvent à son domicile parisien de la rue Cadix (XVe arr.) et en tournée de propagande que dans le Cher. Il participa au congrès national de Lille (juin 1926).

Dans son département natal, le populaire Maurice Boin, instituteur révoqué, ancien membre du Comité directeur, limitait son influence. Les deux dirigeants n’avaient pas de sympathie l’un pour l’autre ; on est étonné de constater qu’après une dizaine d’années de militantisme commun, ils se vouvoyaient. Mais surtout, leurs évolutions politiques divergèrent en 1927, et 1928, Cornavin se réjouissait du renforcement de l’autorité de Staline en URSS. Il approuvait la nouvelle politique de l’Internationale communiste, appliquée en France par une équipe issue des Jeunesses communistes (Henri Barbé, Pierre Celor, Billoux, Galopin...). Au contraire, Maurice Boin était ébranlé par la rupture entre Staline et l’Opposition de gauche. Il pensait que les jeunes dirigeants d’origine ouvrière conduisaient le parti à la catastrophe. La situation devint explosive lors des élections législatives d’avril-mai 1928. La circonscription de Vierzon (2e de Bourges) était la plus favorable. Qui y serait investi ? Boin ou Cornavin ? Ce dernier l’emporta mais les deux hommes trouvèrent d’autres occasions de s’affronter : Cornavin fit supprimer le programme local défendu par Boin. Entre les deux tours, leurs conceptions de la tactique électorale s’opposèrent. Tous deux avaient une chance de l’emporter au second tour, aussi Boin proposa le désistement des candidats communistes du Saint-Amandois et du Sancerrois en faveur des radicaux et des socialistes ; ceux-ci favoriseraient en retour l’élection des communistes à Vierzon et Bourges. Cornavin s’y opposa et défendit la « tactique classe contre classe » définie par la direction nationale. Cornavin avait recueilli au premier tour 35,5 % des voix des électeurs inscrits. Le retrait du socialiste René Boin* (frère de Maurice) lui laissait quelques chances de l’emporter mais la moitié des voix socialistes se portèrent sur le nom du républicain-socialiste André J.-L. Breton qui fut élu. Cornavin obtenait 41,2 % des voix. Après cet échec, il se fit le procureur de ceux qui n’avaient pas respecté la discipline du Parti. C’est ainsi qu’il demanda des sanctions contre le député communiste de l’Indre Louis Aurin, élu avec des voix socialistes. Ce dernier démissionna de la Chambre pour éviter son exclusion du PC. Maurice Boin fut la seconde victime : le Parti communiste le chassa de ses rangs en 1929.

Gaston Cornavin sollicita sa réintégration comme ajusteur aux Etablissements militaires de Bourges. Le ministère de la guerre s’y opposa. Il devint permanent communiste et assura la direction de l’Émancipateur après le départ de Boin. Comme gérant du journal, il fut condamné le 16 novembre 1928, à six mois d’emprisonnement « pour incitation de militaires à la désobéissance » ; entré à la prison de Bourges le 2 novembre 1928, il en sortit le 29 avril 1929. Cornavin ne put donc pas participer au congrès national de Saint-Denis (Seine), 31 mars-7 avril 1929.

Gaston Cornavin disposait d’appuis dans la direction Barbé-Celor car il entra au Comité central et devint deuxième suppléant du Bureau politique. Le BP avait envisagé de s’associer Cornavin dès le printemps 1928. Les responsables du Cher s’y opposèrent en expliquant que le départ de l’ancien député laisserait la Région du Centre sous la domination de Maurice Boin. Le bureau politique chargea Cornavin de régler au plus vite le cas Boin et d’assurer Alexandre Guillot dans sa position de secrétaire régional, avant de lui confier des responsabilités au sein du Bureau politique (Arch. I.M.Th.). Le 7 novembre 1928, Maurice Thorez proposa à nouveau sa cooptation par le Bureau politique.

Gaston Cornavin n’eut guère le temps de goûter à la liberté dans la légalité, car, après son séjour en prison de novembre 1928 à avril 1929, il fut condamné à six mois de prison et trois cents francs d’amende pour action antimilitariste le 7 juin 1929. La justice confirma cette peine le 21 juillet. Le 31 du même mois il fut condamné par défaut, dans l’affaire Barataud, à un an de prison pour complicité de violence à agents lors des incidents de Limoges (Haute-Vienne). Pour se soustraire aux poursuites, Cornavin se réfugia à Bruxelles (Belgique) du 6 août 1929 au 12 décembre 1929. Il assura alors la liaison entre les légaux (Vassart, Gitton) et les clandestins : Henri Barbé, Pierre Celor (Mémoires inédits de Vassart). Il revint clandestinement en France et se cacha à Ivry-sur-Seine. Il écrivait souvent dans l’Émancipateur et se déplaçait dans le Cher pour prendre la parole dans les réunions publiques, à la grande surprise de certains militants qui s’étonnaient d’une telle impunité. Il bénéficia finalement d’une amnistie après être resté dans l’illégalité de juin 1929 à novembre 1930. Pendant cette période, il fut secrétaire de rédaction à l’Humanité (sur mandat du Comité central) puis responsable à la propagande et à la ligne politique des organisations annexes : SRI, Secours Ouvrier, Amis de l’URSS. Dans un article des Cahiers du Bolchevisme (septembre 1930) intitulé « Le travail dans les organisations auxiliaires », il soulignait la contradiction entre « d’une part la justesse de notre ligne politique, de nos perspectives, de nos mots d’ordre, et, d’autre part, en dépit des circonstances favorables, notre recul sur le plan électoral, dans le tirage de notre presse et, chose plus sérieuse encore, dans le domaine de l’organisation et du recrutement », il ajoutait : « très justement le comité central a donc démontré que cette situation découlait des mauvaises méthodes utilisées dans nos rapports avec les masses ». Sa mission devait déboucher sur un développement des organisations auxiliaires. Il précisa ses propositions dans « Notre politique dans le Secours rouge » publié par les Cahiers du Bolchevisme d’octobre 1930.

Gaston Cornavin reprit sa vie publique en 1932. Aux élections législatives de mai, l’ancien député communiste perdit 7,2 % des voix des électeurs inscrits par rapport à 1928 (28,3 %). Son score monta à 35,09 % au second tour. André, J.-L. Breton fut réélu.

L’accession de Maurice Thorez au secrétariat général du PC, brisa l’ascension de Gaston Cornavin. Ce dernier avait été un exécutant trop fidèle de la politique de l’équipe Barbé-Celor. Si l’on en croit Louis Aurin, Thorez « était méfiant pour le moins, pour toute la direction régionale » (Lettre, juin 1976). Il le prouva en imposant Aurin comme candidat dans l’Indre, aux élections législatives de mai 1932. Au congrès national de Paris (11-19 mars 1932), Cornavin fut réélu au Comité central mais non dans ses fonctions au Bureau politique (il siégea au CC jusqu’en 1945). En 1933, ayant fait preuve de sa fidélité à la nouvelle direction communiste, il fut nommé secrétaire de la section centrale antimilitariste. Il tint la rubrique correspondante de l’Humanité jusqu’en 1935. En juin 1933, il se présenta aux élections législatives partielles de Saint-Dié (Vosges).

La présence de Gaston Cornavin dans les Vosges était liée à une situation locale difficile. Le membre du Comité central tira le bilan de l’élection dans les Cahiers du Bolchevisme d’août 1933 (La campagne électorale de Saint-Dié et ses enseignements) : « sous prétexte de front unique réalisé entre la Fédération socialiste des Vosges (qui est à "gauche") et le rayon communiste sur le texte d’une résolution et dans quelques actions locales, le Parti socialiste propose que le candidat communiste soit aussi le candidat de la SFIO. Il est facile de comprendre qu’il y a là, nettement, la tentative d’entraîner les travailleurs communistes dans le sillage réformiste et par cela même derrière la bourgeoisie. Cette tentative - faite dans le journal d’abord puis auprès du candidat communiste lui-même ayant échoué, le Parti socialiste présenta un candidat « gauche » que Paul Faure* lui-même vint soutenir ou plutôt aider dans sa besogne ». Le candidat socialiste recueillit 361 voix et Cornavin 3 050 soit 495 voix de plus qu’au premier tour de 1932 mais 872 voix de moins qu’en 1928. Il conserva 1 833 suffrages au second tour.

Gaston Cornavin se rendit ensuite à Toulon (Var) pour développer la propagande communiste parmi les marins. Toujours disponible, il devint en février 1934, directeur du Cercle des coopérateurs révolutionnaires en remplacement de Dethare, exclu du PC. En novembre, il se présenta aux élections municipales complémentaires dans le quartier de Saint-Lambert (Paris, XVe arr.). Il ne négligeait pas pour autant le Cher, où il était le leader incontesté. Les dirigeants en titre de la Région du Centre évitaient de prendre des initiatives sans consulter Cornavin.

Le secrétaire régional Guillot s’engagea dans de maladroites négociations avec la Fédération SFIO en 1933. Il fut aussitôt remplacé par Gatignon, ami et disciple fidèle de Cornavin. Celui-ci habitait, depuis 1930, dans un HBM de la place Philibert-Pompée à Ivry-sur-Seine et fut amené à prendre une part active à la vie de cette commune communiste. Le 2 juin 1935, il devint conseiller général de la deuxième circonscription du canton d’Ivry, mais il subit un échec aux élections municipales de Choisy-le-Roi où il occupait la tête de liste.

Gaston Cornavin conquit le siège de député de Vierzon (2e circonscription de Bourges) lors des élections législatives d’avril-mai 1936. Il avait recueilli 38,9 % des voix des électeurs inscrits au premier tour et 53,4 % au second. Comme pendant son mandat de 1924-1928, il intervint souvent à la tribune de la Chambre. Il siégea aux commissions de l’armée, des pensions civiles et militaires, et à celle du suffrage universel. Pendant l’été 1939, il approuva le Pacte germano-soviétique.

La police le décrivait alors ainsi : "taille 1 m 70 ; cheveux châtain foncé ; imberbe ; front haut ; yeux bleus ; bouche en coeur ; assez forte corpulence".
Elle affirmait, ce qui n’est nullement confirmé par les témoignages, qui était "le type du militant sectaire, brutal, violent ; il était antipathique même à ceux de son parti qui lui reprochaient ses allures de dictateur".
Arrêté en novembre 1939 comme membre du groupe parlementaire communiste, il déclara au capitaine de Moissac, chargé de l’instruction, qu’il avait, le 2 octobre, assisté à une réunion de députés communistes où fut discutée la lettre au président Herriot. Il fut mis en liberté provisoire quelques jours plus tard en raison de son état de santé précaire. La police l’appréhenda à nouveau le 1er décembre à son domicile. Il était accusé d’avoir facilité l’entrée de Florimond Bonte à la Chambre le 30 novembre. Déchu de son mandat de député, le 20 février 1940, Cornavin fut condamné par le Tribunal militaire de Paris à cinq ans de prison et quatre mille francs d’amende. Détenu à la maison d’arrêt du Puy (Haute-Loire) puis à la prison de Nîmes (Gard), il écrivit le 9 novembre 1940 au président de la cour de Riom pour être entendu comme témoin. Il fut déporté en Algérie à la Maison Carrée, où l’avance alliée le libéra, rentra en France malade (il serait devenu hémiplégique en Algérie et n’aurait pas reçu les soins nécessaires) et mourut le 10 juillet 1945 à Ivry-sur-Seine. Il avait été élu membre titulaire du comité central par le 10e congrès du PCF les 26-30 juin 1945.

Gaston Cornavin fut inhumé à Bourges où tous les ans les communistes du Cher organisent une cérémonie du souvenir.

Son nom est inscrit sur la plaque commémorative de la Fédération communiste du Cher à Bourges.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article20637, notice CORNAVIN Gaston, Paul, Léon par Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 10 avril 2016.

Par Claude Pennetier

[Assemblée nationale, Notices et portraits, 1936]
Louis Gatignon, Gaston Cornavin, Jules Bornet, Joseph Millerioux ">Les candidats communistes du Cher aux élections législatives de 1936
Les candidats communistes du Cher aux élections législatives de 1936
Louis Gatignon, Gaston Cornavin, Jules Bornet, Joseph Millerioux

SOURCES : Arch. Nat. F7/13115, F7/13171, F7/13080, F7/13090, F7/13110, F7/13263 ; 2W23 146 : intervention de M. Cornavin, député ; 2W25 332 : dossier de M. Cornavin, député communiste du Cher demandant la réintégration aux EM lors de l’expiration de son premier mandat. — Arch. PPo. 101. — Arch. Jean Maitron. — Arch. Dép. Cher, 25 M 47, 25 M 127-128. — Arch. Seine-Saint-Denis, fonds ex. I.M.Th., bobine 64. — RGASPI, Moscou, Arch. du Komintern, dossier personnel 495 270 1012 (questionnaire biographique de 1930, autobiographie de 1933, coupure de presse du 21 mars 1936) ; 517 1 846 (copie d’une fiche de police de 1929). — L’Emancipateur, 1920-1939. — L’Humanité, 11 juillet 1945. — Les Cahiers du Bolchevisme, 1930-1935. — J. Jolly, Dictionnaire des parlementaires français. — Compte rendu du XLIIIe congrès du Parti socialiste SFIO, 1951 (texte de la lettre de Cornavin au président de la cour de Riom). — Claude Pennetier, Le Socialisme dans le Cher, 1851-1921, Paris-La Charité ; Maison des sciences de l’homme, Delayance, 1982. — Notes de Jacques Girault.

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