MICHEL Gustave [pseudonyme dans la résistance : Michou]

Par Michel Thébault

Né le 23 octobre 1898 à Carvin (Pas-de-Calais), exécuté sommairement le 26 aout 1944 à La Chapelaude (Allier) ; boulanger ; résistant MUR.

Gustave Michel était le fils d’Émile Michel âgé de 29 ans à sa naissance, boulanger à Carvin, et de Zulma Charles âgée de 26 ans, ménagère, tous deux domiciliés rue Thibaut. Il s’engagea dans l’armée à 18 ans en décembre 1916 et fut affecté au 53ème Régiment d’artillerie de campagne. Il fit toute la fin de la guerre dans l’artillerie, blessé plusieurs fois en 1917 et 1918. Il fut démobilisé en octobre 1919. Marié une première fois avec Pauline Ernestine Giraud, il se remaria, devenu veuf, le 18 juillet 1942 à Montluçon (Allier) avec Henriette Eugénie Blanchard. Il était en 1944 père de cinq enfants. Son registre matricule porte la liste de ses nombreuses adresses successives, dans l’Aisne (Guise) et la Somme (Morchain) jusqu’en 1933 puis dans l’Allier, Commentry en 1933, Néris-les-Bains en 1936, Moulins en 1937. Il était en 1944 boulanger à Montluçon. Il s’engagea dans la Résistance le 1er juin 1944, au sein de la compagnie Hiot des MUR de l’Allier.
Dans la nuit du 19 au 20 août 1944, les chefs de la Résistance montluçonnaise décidèrent de libérer la ville de Montluçon (Allier) et de mettre le siège devant la caserne Richemont où s’était rassemblée l’essentiel de la garnison allemande. Les combats durèrent jusqu’au 24 août lorsqu’un convoi allemand en repli depuis Limoges parvint un moment à desserrer l’étau et permettre à l’ensemble des forces allemandes d’évacuer la ville le soir même. Cependant le soir du 25 août 1944 arriva à proximité de Montluçon un important convoi de miliciens (près de 600 personnes, hommes, femmes et enfants avec tous leurs bagages). Ils avaient quitté Guéret dans la nuit du 24 au 25 août 1944 et tentaient de rejoindre l’est de la France. L’État-major des FFI en Creuse avait organisé des opérations de harcèlement sur tout l’itinéraire, découpant le parcours entre ses multiples unités de résistance. En représailles, tout au long de la nationale 145, les miliciens incendièrent des maisons et bâtiments d’exploitation agricole. Arrivés à proximité de Montluçon, à Quinssaines, ils furent bloqués par plusieurs compagnies de maquisards (compagnie Michel) et durent au petit matin du 26 août contourner la ville, prenant vers 4 heures du matin, à l’ouest de Montluçon, la direction d’Huriel, La Chapelaude, Chazemais pour se diriger ensuite vers Moulins. Le convoi des miliciens, accompagné de quelques troupes allemandes en retraite, multiplia les exactions et exécutions sommaires. Après François Passion exécuté à Huriel, Gustave Michel au volant d’une voiture des F.F.I fut arrêté alors qu’il débouchait de la route de Vaux (Allier). Brutalisé, il fut immédiatement fusillé en même temps que Gaston Wagner arrêté un peu plus tôt.
Il obtint la mention mort pour la France le 23 octobre 1957 et fut homologué FFI et DIR (interné – résistant). Son nom figure sur une stèle commémorative, située sur la commune de La Chapelaude, dans le bourg, face à la pharmacie avec l’inscription : "A la mémoire de MICHEL Gustave fusillé par les Allemands le 26 août 1944".

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article206330, notice MICHEL Gustave [pseudonyme dans la résistance : Michou] par Michel Thébault, version mise en ligne le 7 septembre 2018, dernière modification le 29 juin 2019.

Par Michel Thébault

SOURCES : AVCC : AC 21 P 597924. Dossier Gustave Michel (non consulté) .— SHD Vincennes : GR 16 P 417065. Dossier Gustave Michel (non consulté) .— Arch. Dép. Pas-de-Calais (Etat civil, registre matricule) — André Touret Montluçon 1940-1944 : la mémoire retrouvée Ed. Créer, 1999 — site internet pays d’Huriel — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 — Mémoire des Hommes — mémorial genweb.

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