GUILBERT Annie (dite Marie Malone), née Javaudin

Par Jacques Defortescu, Liliane Potel

Née le 9 novembre 1904 à Paris (Montmartre), morte le 10 janvier 2004 à Grand-Couronne (Seine-Inférieure/ Seine-Maritime) ; romancière, journaliste à Paris-Normandie, résistante à Grand-Couronne ; membre de l’UFF ; élus municipale de Grand-Couronne.

Annie Guilbert est née le 9 novembre 1904 à Montmartre. Elle arriva avec sa famille en Normandie en 1913. Elle passa son certificat d’études primaire à Grand-Couronne en 1916 puis fit ses études au lycée Jeanne d’Arc à Rouen. Marié à André Guilbert en 1925,un pharmacien, elle vint habiter à Grand-Couronne le 1er février 1928 quand son mari acheta une pharmacie à Grand-Couronne au 21 rue Georges Clemenceau.
De ce mariage naquit sa fille Anne-Marie le 23 décembre 1928.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle fit parvenir aux prisonniers de guerre russes installés dans la cour de la maison Noblet à Grand-Couronne, des médicaments et de la nourriture. Les russes, prisonniers de guerre, subissaient le sort des déportés et travaillaient dans les grottes de Caumont, près de Grand-Couronne. Maltraités, affamés et très surveillés, ils apprécièrent l’aide que leur apportèrent Annie Guilbert et son mari, Madame Franchet et Mademoiselle Cosette qui à leurs risques et péril jetaient du pain, des cigarettes et des médicaments, le soir, par-dessus les barbelés du camp.
Le colonel Mechkow exprima la reconnaissance au sortir de la guerre, le 20 janvier 1945 à ces habitants pour cette solidarité prise au péril de leur vie.
Elle a beaucoup aidé le 24 juin 1944 les blessés du bombardement tant à la pharmacie qu’au centre d’apprentissage Reine Mathilde où étaient regroupés les blessés graves
Dans le livre Conversation avec William et Dominique Cordier, elle dit ne pas avoir été "résistante" mais Annie Guilbert témoigna plusieurs fois qu’ayant appris en 1942, la rafle des juifs à Rouen, alors que des amis « haut-placés dans le Gouvernement de Vichy » lui avaient dit qu’il n’y avait rien à craindre, elle appris quelques semaines plus tard la vérité sur les camps. Elle décida alors d’agir contre la désinformation de l’occupant et des collaborateurs de vichy. Ainsi elle aida les résistants habitants « Les Essarts » un quartier de Grand- Couronne et plus particulièrement Henri Cavelier, Lucien et Madeleine Provost dans différentes tâches de la résistance.
Elle confia avoir traversé « Les Essarts » en poussant un landau dans lequel était cachée une ronéo. Les résistants avaient en effet appris le risque d’une perquisition et déménagèrent la cachette en urgence. La perquisition eut bien lieu, il n’y avait plus rien à trouver. Elle témoigna dans un document auprès des élèves du Collège Renoir à Grand-Couronne. Yvon Bonnard président de l’ ANACR 76 (Association Nationale des Anciens Combattants et Résistants de Seine-Maritime) la présenta comme résistante aux côtés d’Henri Cavelier et Maurice Elliot au cours d’une conférence devant les élèves du collège Henri Matisse de Grand-Couronne en 1984.
Elle fut nommée au conseil municipal provisoire du 22 novembre 1944 par le préfet, comme représentante de l’Union des Femmes Française (UFF) avec Madame Petitgirard. Elle fut élue au côté d’anciens résistants aux élections municipales du 10 juin 1945 comme seule femme présentée par l’UFF avec 195 voix sur 258.
Annie Guilbert participa au comité d’aide aux sinistrés de Grand-Couronne.
Elle refusa de participer aux élections suivantes car on lui demandait de choisir avec ou contre les communistes qui se présentait à Grand- Couronne.
Habitant 6 avenue Lagarrigue aux Essarts dès 1947, après la seconde guerre mondiale, elle écrivit des romans et des nouvelles.
Son premier roman Vincente Vernon en 1954, fut dans les dix sélectionnés du Prix Goncourt, un autre roman : Deux doigts de terre obtient le prix Cazes en 1958.
Elle prit nettement position contre la guerre d’Algérie,
Ami de Pierre René Wolf, directeur de Paris-Normandie à la Libération, Annie Guilbert était devenue journaliste de ce quotidien après son divorce en 1955. Ses premiers articles furent consacrés à une série sur les métiers. Elle participa aussi à d’autres rubriques du journal : « La vie en rose » « Visages perdus dans la foule ». Elle dirigea la page littéraire de à Paris-Normandie pendant 12 ans. Elle créa dans ce même journal une rubrique contre la misère, empreint de solidarité, sous le titre « Lecteurs soyez merveilleux ». Elle fut aussi chroniqueuse judiciaire, couvrant les procès d’assises à Rouen et même Le procès de l’affaire Ben Barka, toujours pour Paris-Normandie.
Vers l’âge de la retraite, elle se consacra au « courrier des lecteurs » et pris alors le nom de Marie Malone.
En 1991, elle participa à la création de la Société d’histoire de Grand-Couronne et y fut active jusqu’à ses derniers Jours.
Annie Guilbert mourut à le 10 janvier 2004.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article206059, notice GUILBERT Annie (dite Marie Malone), née Javaudin par Jacques Defortescu, Liliane Potel, version mise en ligne le 1er septembre 2018, dernière modification le 8 septembre 2018.

Par Jacques Defortescu, Liliane Potel

Photo 1991 de W.Cordier

ŒUVRES : Vincente Vernon (1954), Deux doigts de terre, Nouvelles parues en 2003 et 2004 dans la revue « Rouen Lecture » : n°49 « 3 châteaux », n°50 « La valise » n° 52 « Un petit vélo rouge » n° 53 « Portrait de Marie-Josèphe »
Articles divers et variés de Paris-Normandie
« Dites-moi Marie-Malone » juin 1999, choix de textes et les réponses au courrier des lecteurs de Paris-Normandie. Éditions pages de garde.

SOURCES : Société d’Histoire de Grand-Couronne. — Grand-Couronne magazine 9 au 6 janvier 1997 n°2. — Le Tambour, journal hebdomadaire municipal du 16 janvier 2004 n°590. — ArticleParis-Normandie, du 12 janvier 2004 signé Arnaud Faugière. — Discours de René Lefebvre lors de l’Inhumation d’Annie Guilbert en janvier 2004
Notes manuscrites concernant Annie Guilbert de René Lefebvre. — Anne Sibout, Paris- Normandie - La saga du quotidien normand – 1944- 2005. —
Conversation. William et Dominique Cordier avec Annie Guilbert , 1989

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément