ZELLNER Émile

Par Michèle Rault, Nathalie Viet-Depaule

Né le 10 août 1904 à Paris (Ve arr.), mort le 23 août 1980 à Corbigny (Nièvre) ; ouvrier du bâtiment ; militant syndicaliste CGTU, militant communiste d’Ivry-sur-Seine (Seine ; Val-de-Marne).

Émile Zellner en 1965
Émile Zellner en 1965
[Arch. Com. Ivry-sur-Seine]

Après la Guerre de 1870, les grands parents d’Émile Zellner quittèrent la Lorraine pour Paris afin de ne pas devenir allemands. Son grand-père paternel, tréfileur, trouva à s’embaucher aux Forges d’Ivry-sur-Seine. Ses parents s’établirent à Vitry-sur-Seine (Seine ; Val-de-Marne) aux lendemains de la Première Guerre mondiale. Son père, électricien d’entretien, travailla à la Compagnie française de matériel de chemin de fer d’Ivry que l’on appelait les Galères. Sa mère, infirmière, travailla à l’hôpital de la Pitié à Paris.

Aîné d’une famille de deux enfants, Émile Zellner entra à l’usine à l’âge de quinze ans à la fin du cours complémentaire. Il fut employé par la Compagnie française de matériel de chemin de fer d’Ivry et participa aux grèves de 1920 dans la métallurgie avant d’opter pour le bâtiment où on gagnait mieux sa vie. Dans ce milieu, il côtoya des socialistes et des anarcho-syndicalistes qui lui firent lire l’Humanité et contribuèrent à sa formation politique. En 1924-1925, il fit son service militaire dans la Marine à Cherbourg (Manche). Il participa alors à des mouvements de protestation contre la guerre du Maroc. À son retour, en 1926, il adhéra aux Jeunesses communistes et fut désigné secrétaire de la section locale de Vitry-sur-Seine ce qui lui permit d’assister aux réunions du IVe rayon communiste.

En 1928, Émile Zellner devint permanent du syndicat du Bâtiment CGTU et l’année suivante adhéra au Parti communiste. Il suivit les cours de la seconde École léniniste de Moscou de juillet 1931 à septembre 1932. À son retour, il retrouva du travail dans le bâtiment mais fut très vite au chômage et entra comme enquêteur au service social de la Ville d’Ivry où il était venu habiter. À partir de 1932, il fut secrétaire du rayon communiste de la commune et à partir de 1936, responsable du Travailleur, journal communiste d’Ivry-Vitry.

Le 31 août 1939, Émile Zellner fut arrêté et condamné à trois mois de prison pour infraction au décret Daladier. Libéré le 1er décembre 1939 et mobilisé quelques jours après, il fut fait prisonnier de mai 1940 à mars 1941. Revenu en région parisienne, il ne put réintégrer son emploi municipal. Il participa à l’organisation de la Résistance à Ivry et Vitry. Le 8 novembre 1941, alors qu’il se rendait à un rendez-vous à Paris pour préparer les manifestations du 11 novembre, il fut de nouveau arrêté et condamné à quatre ans de prison. Après avoir été interné à la Santé puis à Fresnes et à Poissy (Yvelines) et enfin à Blois (Loir-et-Cher) et à Compiègne (Oise), Émile Zellner fut déporté, le 24 mars 1944, en Allemagne au camp de Mauthausen-Linz (Autriche). Libéré le 5 mai 1945, il fut rapatrié le 29 mai 1945.

En novembre 1945, Émile Zellner reprit le métier de monteur en chauffage à la régie municipale d’Ivry. Il assurait la responsabilité du journal Le Travailleur et était membre de la section communiste. Il militait au Conseil de la paix mis en place dans la commune et assura la présidence de la section des Déportés et Internés qui allait devenir la FNDIRP. À partir de 1949, à la demande de la Fédération de la Seine du Parti communiste, il dirigea une imprimerie jusqu’en 1953-1954. Puis il reprit son travail de chauffagiste dans différentes entreprises et, à partir de 1955, à la régie municipale jusqu’en 1965. En 1970, il succéda à Venise Gosnat à la présidence de l’Amicale des vétérans communistes du Val-de-Marne.

Émile Zellner se maria à Vitry-sur-Seine le 13 avril 1929 avec Simonne Rigaud puis épousa, à Paris XIVe, le 30 avril 1942 Yvonne Herbert dont il eut cinq enfants. Un de ses fils, Maurice Zellner, fut conseiller municipal communiste d’Ivry-sur-Seine de 1965 à 1995.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article20599, notice ZELLNER Émile par Michèle Rault, Nathalie Viet-Depaule, version mise en ligne le 4 août 2009, dernière modification le 9 novembre 2009.

Par Michèle Rault, Nathalie Viet-Depaule

Émile Zellner en 1965
Émile Zellner en 1965
[Arch. Com. Ivry-sur-Seine]

SOURCES : RGASPI, 517 1 1111. — Arch. Dép. Seine-Saint-Denis, mfm ex. BMP, bobine 394. — Arch. Com. Ivry-sur-Seine. — Ivry fidèle à la classe ouvrière, Mairie d’Ivry, 1971. — Le Travailleur, 1936-1939. — Danielle Tartakowsky, Les Premiers communistes français, Presses de la Fondation nationale des Sciences politiques, 1980, p. 202, note 46. — Notes de J. Girault. — Témoignage du militant (décembre 1979).

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément