DOUCET Jacques

Par Jean-Noël Dutheil

Né le 15 mai 1904 à Montluçon (Allier), mort le 18 mars 1921 à Montluçon ; lycéen ; fondateur des Jeunesses Syndicalistes de Montluçon ; anarchiste puis communiste.

Fils d’un employé aux chemins de fer, Jacques Doucet étudia au lycée de Montluçon, habitant chez ses parents, 29 avenue de Néris. Au début de l’année 1920, il fut exclu de son lycée pour propagation d’idées révolutionnaires et passa probablement son baccalauréat sciences-langues à Paris. Trois mois plus tard, selon le Commissaire spécial, il fut arrêté par pour fait de vol à la gare et condamné à un mois de prison avec sursis.
À Montluçon, il dirigea avec René Delorme, l’un des petits groupes d’anarchistes adhérant à la Fédération anarchiste, il écrivit dans le journal anarchiste Le Libertaire. Puis il se rapprocha des partisans de la Révolution russe.
Le 5 septembre 1920, à Clermont-Ferrand, se tint le congrès des Jeunesses Socialistes (Allier-Puy de Dôme) qui donna son adhésion à l’Internationale Communiste (12 voix contre 8), pour l’Allier, le secrétaire fut Jacques Doucet et le trésorier René Delorme. Le 8 octobre, le groupe se forma à Montluçon et s’intitula « Jeunesse Socialiste Communiste ». Son siège social fut installé dans un débit de boisson du quartier Saint Jean. Le 22 octobre, la Jeunesse Socialiste Révolutionnaire, réunie en Assemblée Générale, mit en garde les jeunes gens de Montluçon contre les agissements de Doucet « secrétaire d’une soi-disant Jeunesse Communiste, la JSR ayant prononcé l’exclusion du sieur Doucet à l’une de ses précédentes réunions ». La lutte entre jeunes communistes et jeunes socialistes se déplaça sur le terrain syndical lors de la création des Jeunesses syndicalistes. Le 23 février 1921, une réunion fut convoquée avec : pour les Jeunesses syndicalistes, Doucet et Delorme et pour la Bourse du Travail de Montluçon, Valette et Lecerf. À l’ordre du jour : la rédaction de statuts et la mise place d’un bureau. La discussion entre les 50 jeunes s’envenima rapidement sur la question de l’adhésion à la troisième Internationale et fut un échec. Elle n’eut pas de suite immédiate puisque le jeune Jacques Doucet décéda à l’Hôpital de Montluçon le 18 mars 1921. Une foule nombreuse l’accompagna au cimetière et c’est René Lemut, secrétaire des Jeunesses Syndicales, qui prononça son éloge funèbre.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article205884, notice DOUCET Jacques par Jean-Noël Dutheil, version mise en ligne le 22 août 2018, dernière modification le 22 août 2018.

Par Jean-Noël Dutheil

SOURCES : Arch. Dép. Allier, 1M267 1M286 1M2358. — Presse Le Combat Social, 19 septembre, 31 octobre 1920, 27 mars 1921.

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