FUVEL Firmin, Jean [pseudonyme dans la résistance : Robin]

Par Eric Panthou

Né le 25 septembre 1903 à Mercœur (Haute-Loire), supposé mort au combat le 20 juillet 1944 à Saint-Paulien (Haute-Loire) ; ajusteur-mécanicien aux mines de Brassac-les-Mines (Puy-de-Dôme), secrétaire de la cellule communiste (PCF) de Brassac-les-Mines, membre de la CGT, assigné à résidence pour suspicion de menées communistes en 1942 ; résistant au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP) du camp Wodli.

Enfant naturel, né Bardel, Firmin Fuvel a été légitimé lors du mariage de sa mère en 1905. Son grand-père était cultivateur et sa mère sans profession. Sa date de décès est inconnue à l’état-civil.
Il s’est marié à Brassac-les-Mines avec Marguerite dite Juliette Barrère, elle-même arrêtée en 1942 et considérée comme ayant eu un ascendant sur son mari. Fuvel habite le quartier de Brassaget à Brassac-les-Mines, depuis 1926. Il a un fils, André, coursier aux mines de Brassac et vivant chez ses parents durant la guerre.
Il a été ajusteur mécanicien à la compagnie des mines de Brassac de juin 1929 jusqu’en janvier 1942, date à partir de laquelle il a dû quitter son travail en raison de la tuberculose qui l’a empêché d’avoir la moindre activité. Il fut employé six mois comme machiniste au Puits Bayard avant son départ, son activité ayant alors cessé
Selon ses déclarations à la police en 1943, il aurait adhéré au PCF en 1936 et est alors nommé secrétaire de la cellule de Brassac qui comptait alors une dizaine de membres. En 1937 il a démissionné de son poste de secrétaire, voulant se consacrer davantage aux revendications ouvrières dans le cadre de son activité syndicale. Selon la police, c’était un dirigeant du syndicat CGT des mineurs, considéré comme l’un des initiateurs des grèves de 1936 dans le bassin. Il est resté membre du parti jusqu’à sa dissolution.
il est propriétaire d’un petit immeuble avec deux locataires.
Un rapport de police de 1942 le présente ainsi : ses qualités de secrétaire de la cellule communiste de Brassac, de secrétaire du syndicat des mineurs de Brassac et de trésorier de la fédération régionale des mineurs lui donnèrent en 1937 un certain ascendant dans les milieux ouvriers locaux. Intelligent et possédant quelque instruction il eut à l’époque une popularité marquée. Actuellement, en raison des événements et surtout en raison de sa santé (tuberculose) il mène une vie très effacée. Son état de santé ne lui permet aucun travail, même la pêche qu’il affectionnait semble même lui être défendue. On estime que ses jours sont comptés. En août 1942, il figure parmi les personnes susceptibles d’obéir à un mot d’ordre, classées communistes, portées sur la liste S établie en application de la circulaire du 2 juin 1942. Quoique suspectes au point de vue politique, les personnes qui y figurent n’ont manifesté aucune activité depuis juin 1940 qui puisse justifier un internement. Il figure parmi celle signalées plus particulièrement aux services de police. Il est finalement jugé suffisamment suspect, bien qu’aucun élément puisse établir une quelconque activité de sa part, et ce après 3 perquisitions menées le 27 mai 1942 puis le 29 octobre 1942 et enfin le 18 juin 1943.
En fait, selon le témoignage de Lucien Porte, lui-même responsable d’un groupe FTP du secteur de Brassac-les-Mines à partir de 1943, Fuvel est décrit comme responsable du secteur de Brassac-les-Mines en novembre 1942 au moment où il prend contact avec lui. Porte ne précise pas la formation pour laquelle il est responsable : FTP, FN, PCF ?
Fuvel est astreint à résidence à Brassac à partir du 28 septembre 1942. En 1943, une note de la LVF l’accuse d’être le principal animateur de la cellule PCF reconstituée de Brassac. L’enquête de police le disculpe totalement, considérant qu’il a cessé toute activité depuis la dissolution du PCF. Pourtant, peu après, le 3 septembre 1943, il a quitté sa résidence sans autorisation, et figure donc parmi les personnes à rechercher.

On ne sait plus rien de lui après si ce n’est qu’un dénommé Fuvel, alias Robin, soldat du camp FTP Wodli est mort au combat le 20 juillet 1944 à Saint-Paulien (Haute-Loire). Etant donné qu’on ne trouve plus trace de lui après et que son nom figure sur le monument aux morts de Brassac, parmi la liste des morts victimes de la Résistance, on peut supposer qu’il est mort dans ces circonstances. Aucun élément ne figure à ce propos sur son acte de naissance.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article205553, notice FUVEL Firmin, Jean [pseudonyme dans la résistance : Robin] par Eric Panthou, version mise en ligne le 5 août 2018, dernière modification le 23 juin 2019.

Par Eric Panthou

Sources : arch. dép. du Puy-de-Dôme, 1296W102 : Bulletin de renseignement 86, en date du 10 avril 1942, [Légion des Volontaires Français].— arch. dép. du Puy-de-Dôme, 1296W102 inspecteurs Lamboursin à chef du service régional de police judiciaire, 24 août 1942.— arch. dép. du Puy-de-Dôme, 1296W102 : fiche individuelle de police datée du 15 septembre 1942.— arch. dép. du Puy-de-Dôme, 1296W102 : le Commissaire principal chef du service régional de police de sûreté à Clermont-Ferrand à monsieur l’intendant de police à Clermont-Ferrand, le 9 février 1943.— arch. dép. du Puy-de-Dôme, 1296W102 : PV Interrogatoire Firmin Fuvel, le 18 juin 1943.— arch. dép. du Puy-de-Dôme, 1296W102 le commissaire principal des Renseignements généraux du Puy-de-Dôme à monsieur le commissaire divisionnaire, chef régional de la police judiciaire, 6 août 1942 .— Arch. dép. du Puy-de-Dôme : dossier nominatif d’attribution de la carte du combattant volontaire de la résistance à Lucien Porte : 2546 W 8426 .— Listes des morts du camp Wodli. Archives privées Alphonse Rozier .— Geneanet.— État civil Mecoeur.

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