BACH Gilbert, Achille

Par Jacques Girault

Né le 16 février 1936 à L’Hôpital (Moselle) ; professeur puis proviseur dans l’enseignement technique ; militant du SNETAA puis du SNPDLP ; militant du PSU ; conseiller municipal de Saint-Avold (Moselle).

Fils d’un employé de bureau aux houillères du bassin de Lorraine, membre de la Confédération française des travailleurs chrétiens, Gilbert Bach reçut une culture protestante. Comme sa mère, couturière, il ne parlait que le dialecte proche de l’Allemand et il n’apprit le Français qu’à son entrée à l’école publique dans une région devenue allemande. Il effectua sa scolarité secondaire au lycée Faber à Metz (Moselle). Titulaire du baccalauréat (section sciences expérimentales) en 1955, il commença des études supérieures à l’Université de Sarrebruck alors sous administration française et les poursuivit dans les facultés de Strasbourg puis de Nancy où il obtint la licence ès lettres en 1967.

Pendant ces études, il travaillait comme maître d’internat puis surveillant d’externat au collège de Saint-Avold dirigé, les premières années, par René Haby, le futur ministre de l’Education nationale. Il était alors le secrétaire de la section du Syndicat national de l’enseignement secondaire soutenant les militants du courant B devenu « Unité et Action ».

Gilbert Bach se maria en juillet 1960 à Saint-Avold avec une employée de comptabilité dans la société Energis, usine locale de production d’électricité, de religion catholique. Ses trois enfants reçurent les premiers sacrements catholiques.

Il prépara le concours de l’École normale nationale d’apprentissage. Reçu, il séjourna à Paris pendant l’année scolaire 1961-1962 où il découvrit les actions contre la guerre d’Algérie et contre le fascisme. Il participa notamment aux actions dans le XIème arrondissement où se trouvaient l’ENNA, rue de la Roquette et son hôtel. Il effectua le service militaire dans l’armée de l’Air à Metz en 1962-1963.
Il obtint le poste de professeur de Lettres-Histoire-Géographie du collège technique de Saint-Avold où il enseigna jusqu’en 1969. Membre du Syndicat national de l’enseignement technique apprentissage autonome, il exerça la responsabilité de secrétaire de la section de l’établissement. Il envisagea alors de devenir directeur collège d’enseignement technique et fut reçu au concours en avril 1969. Il fut nommé directeur du CET de Saint-Avold en octobre 1969 jusqu’à sa retraite en 1998 comme proviseur de l’établissement devenu lycée d’enseignement professionnel en 1976, puis lycée professionnel en 1986.

Gilbert Bach militait dans le Syndicat national des directeurs des collèges techniques (SNDCET) créé en 1966 et affilié à la FEN, qui changea de dénomination avec celle des établissements d’enseignement professionnel : Syndicat national du personnel de direction des lycées d’enseignement professionnel puis des lycées professionnels. D’abord secrétaire départemental du SNPDLP, il fut élu au bureau national en 1982, et en resta membre, chargé de la trésorerie, jusqu’à la fusion en 1992 avec le Syndicat national du personnel de direction de l’enseignement du second degré dans le Syndicat national du personnel de direction de l’Education nationale dont il resta militant. Il participa à toutes les négociations avec le ministère pour la promotion de l’enseignement technique professionnel, la création des baccalauréats professionnels en 1985, la valorisation des chefs d’établissement et l’obtention de leur statut en 1988. Il s’opposa notamment avec ses camarades à la création d’un baccalauréat professionnel donnant accès à l’enseignement supérieur général, trajectoire pour lequel les élèves n’étaient pas formés. Mais en revanche, il considérait que ce baccalauréat devait ouvrir la voie de l’enseignement supérieur technique (brevets de technicien supérieur et Instituts universitaires de technologie).

Gilbert Bach, membre du Parti socialiste unifié depuis sa création, militant actif de la section locale du parti, fut élu conseiller municipal sur la liste « l’Union communal » du maire sortant en 1965. Membre des commissions des finances, des affaires sociales et familiales dont il était le rapporteur, de l’enseignement, des marchés, des affaires culturelles, après la séance du 6 décembre 1966, il démissionna du conseil pour protester contre ce qu’il dénonça comme une collusion d’intérêts lors de l’aménagement de la cité de la Carrière. Proche des conceptions de Michel Rocard, il ne le suivit pas au Parti socialiste. Membre influent des comités de parents d’élèves, initié en 1983 dans la loge franco-allemande “Georges Danton“ de Sarrebruck (Grand Orient de France), il en devint maître en 1988. Parallèlement, il milita dans l’association « SOS Villages d’enfants ».

Veuf depuis 2008, Gilbert Bach, diminué physiquement, continuait, en homme de gauche, à voter pour les candidats socialistes. Mais en 2017, il refusa de voter aux élections présidentielles.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article202919, notice BACH Gilbert, Achille par Jacques Girault, version mise en ligne le 10 mai 2018, dernière modification le 14 mai 2018.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., 581 AP/105. — Arch. Mun. Saint-Avold (Sébastien Vion). — Direction, bulletin du SNPEN, numéro spécial pour le 20e anniversaire de la fondation du syndicat. — Renseignements fournis par l’intéressé en 2018. — Notes d’Alain Dalançon.

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