COHEN Francis

Par Claude Willard

Né le 12 mai 1914 à Paris (XIIIe arr.), mort le 22 juillet 2000 à Paris (XIVe arr.) ; biologiste ; militant communiste, militant de l’UFE dès 1932, membre de son secrétariat à partir de 1934, un des organisateurs de la manifestation du 11 novembre 1940, responsable aux « cadres » de 1942 à 1944, journaliste à l’Humanité (1945-1953), directeur de La Nouvelle critique (1967-1980).

Marcel Cohen*, le père de Francis Cohen, fut un linguiste de réputation internationale et un militant communiste à partir du congrès de Tours. En 1928, Francis Cohen, élève en classe de seconde à Versailles (Seine-et-Oise, Yvelines) adhéra à la Jeunesse syndicaliste scolaire, branche de l’Union fédérale des étudiants (UFE). Bachelier, il entra à l’automne 1931 à la Sorbonne où il devint trésorier de la section de l’UFE. Il aurit eu un moment d’attirance pour le trotskisme. Plus passionné par la politique que par les études, il milita dans l’Union générale des étudiants pour l’enseignement (UGEE), une des quatre branches de l’UFE, dont il devint secrétaire et, en avril 1932, il adhéra à la JC de Versailles. En juin 1933, il participa au Congrès mondial antifasciste, salle Pleyel. En 1934, il assuma les fonctions de secrétaire de rédaction de L’Étudiant d’avant-garde (qui succédait à L’Étudiant pauvre), faisant là son apprentissage de journaliste, avec Aimé Albert et Henri Chrétien (dit Rolland). La même année, il accéda au secrétariat de l’UFE et représenta cette organisation au Congrès des étudiants contre la guerre et le fascisme (Bruxelles, Noël 1934).
Après deux ans de service militaire (de l’automne 1935 à l’automne 1937), il termina sa licence et amorça un diplôme d’études supérieures (soutenu au début de 1941), sous la direction de Marcel Prenant, sur les planaires (petits vers vivant en eau douce). Toujours membre du secrétariat de l’UFE, il adhéra au PCF en 1937. Lors du congrès constitutif de l’Union des étudiants communistes (UEC), les 1er et 2 avril 1939, il fut élu membre du bureau national dont faisaient également partie Emma Choury*, Jean Daudin*, Yvon Djian*, Robert Faure*, Pierre Hervé*, Maurice Laban*, Pierre Lamandé*, Yves Moreau*, Henri Rack*, Olivier Souef* et Paul Théanor*. Le secrétaire national était Pierre Hervé. Des sections existaient en province notamment celles dirigées par Jacques Laurent* (Grenoble), Jean Marcenac*, Lucien Bonnafé*, Marie-Louise Barron* (Toulouse), Maurice Kriegel*, Jean De Neyman* (Strasbourg).
Mobilisé en septembre 1939, démobilisé en septembre 1940, Francis Cohen devint le « politique » du triangle de direction de l’UEC clandestine, avec François Lescure* (travail de masse) et Suzanne Djian (recrutement, organisation). Avec eux, il fut un des organisateurs des manifestations du 8 et du 11 novembre 1940. Déchargé de ces tâches, désormais confiées à Suzanne Djian, Léon Lavallée et Pierre Noël*, après les arrestations de novembre 1940, il fut affecté à l’équipe de L’Université libre (que dirigeait André Voguet) et au Front national universitaire avec Breton, professeur au lycée Rollin. Clandestin depuis la mi-1942, il devint, sous le pseudonyme de Tourneur, responsable aux « cadres ». Sa compétence concernait la région parisienne du point de vue géographique et les « intellectuels » au sens large.
À la Libération, Francis Cohen participa à l’occupation de l’immeuble du Petit Parisien, devenu le siège de l’Humanité. Attaché à la rédaction du journal, il s’occupa d’abord de la rubrique « militaire », puis, après une courte remobilisation (avril-août 1945), de la rubrique « politique ». De mai 1946 à avril 1949, il fut le correspondant de l’Humanité à Moscou. De mai 1949 à mai 1953, il dirigea (sous la houlette de Laurent Casanova*) la rubrique « culture » et participa à la rédaction de Science bourgeoise et science prolétarienne (1950).
Il se maria en mars 1948 à Paris (XIIIe arr.) avec Marie-Élisa Nordmann (voir Marie-Élisa Cohen*). De cette union naquirent deux garçons et une fille.
En 1953, lorsque Lecœur dispersa l’équipe Casanova, Francis Cohen fut un court moment affecté au secrétariat d’Auguste Lecœur*, puis à la « section idéologique » que dirigeait François Billoux*. Il prit en même temps la direction idéologique du centre culturel de l’Association France-URSS, appartenant depuis 1954 à son bureau national.
En 1952, Francis Cohen était entré au comité de rédaction de La Nouvelle critique et en devint permanent l’année suivante. En 1955-1956, il fut rédacteur en chef de Recherches soviétiques, transformées après le XXe congrès du PCUS, au printemps 1957, en Recherches internationales à la lumière du marxisme. Après le CC d’Argenteuil, il fut nommé directeur de La Nouvelle critique (février 1967-février 1980).
Francis Cohen participa à la rédaction de plusieurs ouvrages sur l’URSS et les pays socialistes (voir liste ci-dessous).
Après la disparition de La Nouvelle critique en 1980, il travailla à la section de politique extérieure du CC (la « polex »), dirigeant le collectif sur l’URSS. À l’Institut de recherches marxistes (IRM), il mit sur pied un secteur de politique internationale qui édita la revue Recherches internationales. Élu au comité national de France-URSS, il appartint au comité de rédaction de sa revue. Enfin, militant de l’ANACR, il fut élu président du comité d’entente des Anciens combattants du XIIIe.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article20273, notice COHEN Francis par Claude Willard, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 26 septembre 2018.

Par Claude Willard

ŒUVRE : En collaboration : Science bourgeoise et science prolétarienne, Éditions de la Nouvelle Critique, 1950. — URSS en mouvement, Éd. Sociales, 1963. — Les Soviétiques, Éditions Sociales, 1976. — En collaboration : L’URSS et nous, Éd. Sociales, 1978. — Entretien avec Aczel sur un socialisme, Éd. Sociales, 1982. — Textes choisis de Staline, Éd. Sociales, 1983. — Itinéraires bulgares, Éd. Sociales, 1985. — En collaboration : Socialisme(s), Éd. Sociales, 1986. — Perestroïka 89, Éd. Sociales, 1989.

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — RGASPI, 495 270 5720, dossier du Komintern. — La Nouvelle critique, janvier 1964. — Notre musée, octobre 1990. — Alb. Ouzoulias, Les Bataillons de la jeunesse. Les Jeunes dans la Résistance, Éd. sociales, 1969. — J. Varin, Jeunes comme JC, Éd. sociales, 1975. — Interview de Francis Cohen, décembre 1978 et janvier-mars 1994.

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