COGNIOT Georges, Auguste, Alexandre. Pseudonyme : KAEMPFER

Par Jean Maitron

Né le 15 décembre 1901 à Montigny-les-Cherlieu (Haute-Saône), mort le 12 mars 1978 à Gagny (Seine-Saint-Denis) ; normalien (Ulm), agrégé de lettres ; militant communiste, dirigeant de l’Internationale des travailleurs de l’enseignement, représentant du PCF auprès du Komintern ; rédacteur en chef de l’Humanité (1937-juillet 1948), président-délégué général de l’Institut Maurice Thorez, membre du comité central du Parti communiste (janvier 1936-mai 1964) ; député (1936-novembre 1958), sénateur (avril 1959-1977) ; représentant du PCF auprès du Kominform ; décoré de l’Ordre de l’amitié des peuples (URSS) le 17 décembre 1976.

[Assemblée nationale, Notices et portraits, 1936]

« Je ne suis pas né prolétaire, mais du moins suis-je né plébéien » a écrit Georges Cogniot. D’un milieu paysan pauvre, il était l’aîné de sept enfants, dont trois morts en bas âge. Un frère devint gérant d’épicerie, l’autre et une sœur travaillèrent avec les parents. Le père, Amédée Cogniot, était conseiller municipal d’opinion radical-socialiste (il n’adhérera au PC qu’après 1949 et mourut en 1973). Du côté de sa mère, qui fut institutrice en 1914-1918, le grand-père, Auguste Poissenot, décédé en 1908, fut adjoint radical au maire de Vesoul et conseiller général ; ancien instituteur rural, laïque, il était ami de Jules Jeanneney, le futur président du Sénat. Mais Georges Cogniot* se défendait vivement de toute relation avec le parti radical : il avait d’ailleurs fait connaître son milieu familial, lors d’une visite dans son village, à Molotov (autobiographie du 11 avril 1937). Comme membre d’une famille nombreuse et pauvre, il obtint une bourse d’études qui lui permit de faire ses études secondaires comme externe au lycée de Vesoul où il logeait chez deux tantes. Il eut comme camarades de classe Jean Lods* (qui fut cinéaste et beau-frère de Moussinac*) et Georges Dreyfus*.

De dix à quatorze ou quinze ans, il avait été un « enfant non seulement dévot, mais voué de toute son âme à la prêtrise » ; peu à peu la piété enthousiaste avait fait place à la libre pensée. Non sans déchirement et c’est en pleurant que Georges s’en était ouvert à l’abbé Dubourg qui avait été son directeur de conscience. Reçu bachelier en 1918, il fut ensuite interne boursier au Lycée Ampère (ou du Parc selon l’autobiographie) à Lyon où il prépara pendant deux ans le concours d’entrée à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm. Il s’affilia en 1919 au groupe des Etudiants socialistes révolutionnaires de Lyon et reçut sa première formation politique de Calzan* professeur adjoint au lycée. Il assistait aux réunions du lundi et se mêla, en 1920, lors des sorties du jeudi et du dimanche, à l’agitation gréviste, fréquentant la Bourse du travail. Il organisa la protestation en faveur de l’étudiant Kalmanovitch*. Il adhéra à la section universitaire du groupe Clarté où son meilleur camarade était Robert Dumas (connu plus tard comme responsable communiste parisien sous le pseudonyme de Cadine*). En 1921, il fut reçu 6e au concours de Normale. Après avoir passé sa licence à Lyon, il arriva en novembre rue d’Ulm et il adhéra à la 5e section de la Fédération de la Seine du PC le 3 décembre 1921 (auprès de Vital Gayman*). En octobre 1922, quelques Normaliens, dont Cogniot, et Sévriennes ainsi que des étudiants en médecine dont Galpérine* fondèrent Clarté universitaire (n° 1, 20 novembre 1922), « organe d’union entre élèves et maîtres des trois degrés d’enseignement et également entre les jeunes intellectuels et les jeunes travailleurs manuels ». À l’ENS, au sein du groupement mixte socialiste-communiste des élèves, il s’opposa à l’influence prépondérante du répétiteur de philosophie Marcel Déat*. En même temps, il collaborait déjà aux éditions du PC, traduisant et préfaçant des textes de Liebknecht. Ce travail le mettait en contact avec Souvarine « qui essayait de [l’]attirer sous son influence à l’Humanité » et avec Amédée Dunois*. Pendant l’été 1922, il fit un stage (« légal et obligatoire ») au 106e RI à Châlons-sur-Marne et y fut repéré pour avoir reçu la Correspondance internationale (en allemand). En 1923, surpris à coller des affiches contre l’occupation de la Ruhr, il fut arrêté et sa chambre à l’École perquisitionnée mais le matériel avait été enlevé par un camarade socialiste chrétien. Libéré mais menacé d’exclusion, il fut soutenu par un mouvement de protestation des élèves. Le directeur se contenta d’un blâme administratif. Le 4 septembre 1923, il épousa Renée Blum à laquelle il s’était lié en 1922, une fille et nièce de commerçants qui était la cousine de son camarade de Vesoul Georges Dreyfus. Ils vécurent ensemble jusque 1928, mais il ne put jamais s’accorder vraiment à ce qu’il appelait (en 1937) ses tendances petites bourgeoises et il accepta, en 1934, le divorce à ses torts avec pension mensuelle. Il participa à la solidarité à l’égard des victimes de la famine du bassin de la Volga. En août et septembre, il effectua un stage au 158e régiment d’infanterie en qualité de sergent. Élève externe de 3e année de l’ENS, il fut reçu en août 1924 à l’agrégation des lettres.

Georges Cogniot fit ensuite son service militaire comme sous lieutenant de réserve au 67e RI de Compiègne où, soumis à un régime de dure surveillance, il fut « sans contact direct et permanent avec la vie du parti ». C’est à cette époque que, sous l’influence d’Amédée Dunois* et de Boris Souvarine*, proche de Trotsky, G. Cogniot se permit une opposition qu’il regrettera toute sa vie. Alors au service militaire, il signa, en octobre 1925, la fameuse lettre dite des 250, adressée au CE de l’Internationale, qui dénonçait la politique menée par la direction, bureau politique et Comité central du Parti français, sur tous les plans et notamment en ce qui concerne la « bolchevisation ». Il retira sa signature « dès que le parti lui eut expliqué la gravité de son acte » et rompit toutes relations avec Dunois et combattit Souvarine. En 1937, il expliquait que « cet épisode honteux de [sa] vie de parti a été une leçon » et qu’il n’eut jamais plus de rapports avec un courant oppositionnel.

N’ayant pas obtenu le poste demandé d’agrégé répétiteur de latin à l’École normale, il fut nommé professeur à Évreux (Eure) où il fut transféré à la cellule des cheminots tout en habitant Paris. Il connut à cette époque Christian Rakovski* ambassadeur, étant professeur de lettres et de philosophie de sa fille... sans plus de relation intime ou politique précisait-il en 1937.

Georges Cogniot demanda, début 1926, à Semard secrétaire général du Parti, à prendre des responsabilités dans le travail militant. Semard lui fit alors comprendre que la déviation politique à laquelle il s’était laissé aller ne le recommandait pas « pour des tâches impliquant des responsabilités trop élevées ». Et il lui suggéra le travail syndical, activité qui alors « n’occupait pas le haut de l’échelle » souligne Cogniot dans ses Mémoires.

Des activités multiformes du militant avant la Seconde Guerre mondiale, nous mettrons l’accent sur quelques aspects principaux : syndical, antifasciste, politique qui, loin de s’opposer d’ailleurs, se complètent.

Membre du Syndicat unitaire de l’enseignement de la Seine depuis son entrée à l’École normale supérieure, G. Cogniot se présenta à Léon Vernochet* secrétaire général de l’ITE constituée en 1919, en fait en 1924. Celui-ci, qui devint son ami, lui demanda bientôt d’assurer les fonctions de rédacteur du Bulletin de l’ITE exercées par L. Hérard jusqu’au printemps 1926. Cogniot qui s’exprimait couramment en allemand, anglais, espagnol et bientôt en russe y excella et c’est en juin que parut le premier numéro sous sa responsabilité. Il eut également la charge, à compter du 1er octobre 1929, de la rédaction de L’Université Syndicaliste, mensuel des professeurs unitaires lancé en janvier-février 1928. Il s’occupait aussi à l’ITE des éditions et il participa au Congrès de Vienne, aux journées pédagogiques internationales de Leipzig en avril 1928 et fut élu membre du secrétariat. Sur proposition du représentant soviétique au comité exécutif il fut décidé qu’il devait renoncer à partir du 1er octobre 1928 à son poste de professeur pour devenir permanent. Il fit ainsi son premier séjour à Moscou auprès de Michel Apletine. De 1928 à 1931, résidant à Paris, il fut transféré à la cellule de Châtenay-Malabry (il y fut candidat aux élections municipales contre Jean Longuet* en 1929) puis à la cellule de la rue Saint-Bernard (2e rayon) dans le XIe arrondissement. Ce fut alors pour Cogniot le temps d’une grande activité syndicale internationale, notamment à l’occasion des congrès des sections nationales, des CE et des congrès de l’ITE - le VIe se tint les 9-12 août 1930 à Anvers - qui le conduisirent à travers le monde (Angleterre, Belgique, Allemagne, URSS), d’une grande activité syndicale en France également en faveur des Groupes de jeunes et au sein de la Fédération unitaire de l’enseignement dirigée par des oppositionnels comme Aulas*, Louis Bouët*, Jean Cornec*, Maurice Dommanget*, Jean Rollo*, Gilbert Serret* groupés autour de L’École Emancipée et que G. Cogniot accablera encore en 1976 dans le premier volume de Parti pris (cf. p. 137-143) ce qui témoigne de l’âpreté des luttes menées près d’un demi-siècle auparavant. Georges Cogniot était devenu le dirigeant effectif de l’ITE (« avec l’aide et sous la conduite des camarades soviétiques » précisait-il dans son autobiographie) en raison du « travail néfaste qu’avait tendance à accomplir le titulaire officiel du poste de secrétaire général Léon Vernochet* ». Ce dernier aurait fait l’impossible de 1928 à 1932 « pour saboter l’organisation dont il avait la direction probablement en connivence avec le groupe des trotskystes de la FUE » (!). Aidé du seul camarade Barne*, entouré de provocateurs comme Charlot (Gaston Charlot* ?) du « groupe », « je dus, dit-il, consacrer toute mon activité à sauver du trotskysme l’Internationale de l’enseignement ». En août 1932, au congrès de Hambourg, il devint donc secrétaire général de l’ITE, le « saboteur » Vernochet n’ayant pas osé s’y présenter. Ces termes injurieux, typiquement staliniens, ne sont pas repris dans Parti pris où Cogniot fait un portrait plus nuancé de Léon Vernochet* (voir notice Vernochet). En octobre 1931, il avait repris, faute de ressources un poste au Lycée de Dijon où il fut affecté à la cellule des fonctionnaires. Il y participa à des manifestations contre la défense antiaérienne.

Son activité à l’ITE n’en cessa pas pour autant. Un responsable soviétique, le 14 juin 1934 lui demandait de convoquer le comité exécutif de l’ITE pour « opposer aux interventions démagogiques et scissionnistes éventuelles la ligne de l’Internationale pour la création d’un large front unique du personnel enseignant et des organisations des instituteurs de différentes tendances sur la base du congrès de Hambourg ». Il lui conseillait d’organiser en France des séjours d’instituteurs en URSS.

Georges Cogniot faisait au nom de l’ITE des démarches auprès du Secrétariat professionnel international de l’enseignement en septembre 1934 pour accélérer le processus d’unité à l’échelle internationale. Le SPIE, en accord avec la Fédération syndicale internationale, exigea alors la dissolution de l’ITE avant d’envisager toute unification. Cogniot répondit que l’ITE étant autonome par rapport à l’Internationale des syndicats rouges, n’avait pas à envisager sa dissolution d’autant que le SPIE appartenait à la FSI. Il proposait à nouveau une action commune entre le SPIE et l’ITE « pour la défense du corps enseignant et de l’école contre les réductions, le fascisme et la guerre », pour encourager les enseignants allemands dans leur résistance au fascisme et pour l’unité syndicale. Il fallait, selon lui, en préalable « l’unification de nos deux internationales » et, en attendant, engager des actions communes. À partir de la réunion du comité exécutif de l’ITE à Paris (7-10 août 1935), Cogniot fut au cœur de nombreux contacts internationaux, privés ou publics, dont la conférence de solidarité du personnel à Oxford, le congrès du SPIE à Berne, la conférence de la Fédération internationale des associations d’instituteurs. Au cœur des nombreuses discussions entre responsables, Cogniot apparaissait comme un des moteurs des rapprochements. À l’ordre du jour de l’ITE était la création d’« une Internationale unique du personnel enseignant sur la base de la lutte contre la misère, le fascisme et la guerre en passant par la voie de l’action commune des organisations du personnel enseignant des différentes tendances ». Pour cela Cogniot proposa de recomposer le secrétariat général de l’ITE qui comprendrait désormais deux communistes et « un sympathisant, un membre des organisations réformistes, un sans parti ». Lors du congrès de l’ITE à Meudon en décembre 1935, parmi les 18 membres élus au Comité exécutif, Cogniot, « à titre personnel », était un des cinq membres du secrétariat général. Il avait prévu que le congrès de fusion entre l’ITE et le SPIE puisse se dérouler, le 31 décembre 1935. Mais le SPIE entendait rester dans la FSI. La ligne de l’ITE impulsée par Cogniot tendant à la création d’une nouvelle internationale regroupant les syndicats d’enseignants échouait donc.

1931 fut l’année du cinquantième anniversaire de l’école publique et à cette occasion, G. Cogniot publia en avril un article dans les Cahiers du Bolchevisme : « À bas le cinquantenaire de l’école laïque bourgeoise », article qui dénonçait l’« aggravation du contenu de classe de l’enseignement et de sa fascisation ». Quarante-cinq ans plus tard, dans Parti pris, Cogniot estimera que cette « étroitesse » de jugement était « la survivance d’une période en voie d’achèvement de la vie du PCF. ». En octobre 1932, il fut nommé à Douai et il prépara le congrès international d’unité du corps enseignant qui se tint à Paris en août 1933. En raison des frais occasionnés à l’organisation, il reprit un poste en octobre 1933 à Saint-Quentin. Il s’occupa de l’éducation des JC. Le 9 février, il manifesta à la gare de l’Est et le 12 il organisait la grève à Saint-Quentin. Le 1er octobre 1935 (selon l’autobiographie de 1937) ou 1934 il fut nommé à Paris au Lycée Voltaire. Il faisait remarquer (en 1937) que cette nomination était bien tardive en considération de ses titres universitaires et de ses notes professionnelles mais ne faisait aucune allusion à l’autre version selon laquelle il aurait été nommé à Paris parce que son action militante à Saint-Quentin l’aurait rendu indésirable dans cette région (s’il avait été nommé en 1934 !). Après avoir consulté Jacques Duclos*, il accepta. En juillet 1934, le divorce avec Renée Blum prononcé, il se remaria avec Erna Bielfeld, fille d’Otto Bielfeld artisan forgeron à Danzig, traductrice au Komintern, avec laquelle il était lié depuis plusieurs années.

Depuis 1931, il s’était passionné pour les Cahiers du contre-enseignement prolétarien qui « avaient pour but d’opposer au bourrage de crâne, des points de vue objectifs » sur sociologie, morale, histoire, littérature. Cogniot se consacra enfin, au cours de ces années, au mouvement antifasciste, particulièrement à celui qui se constitua à la suite des congrès d’Amsterdam et de Pleyel, 27 août 1932 et 4-5 juin 1933 - il deviendra membre du secrétariat du Comité mondial en novembre 1935. Enfin il se donna à fond à l’Université ouvrière, « institution marxiste autonome » fondée le 5 décembre 1932 dont il fut le secrétaire général et qui connut un développement remarquable, le nombre de ses élèves passant de 636 lors des premiers cours à 1 800 en 1936, à plus de 2 000 en 1937. En même temps, il participait aux réunions du Groupe d’études matérialistes qui se réunissait à la Bibliothèque de l’École de physique et chimie, rue Vauquelin, sous la direction de Langevin. De ce groupe est sorti le livre connu « A la lumière du marxisme ». Par la suite, au printemps 1939, ce sera le lancement de la Pensée avec Georges Politzer*, son « frère d’élection ». À propos de son travail auprès des intellectuels, Georges Cogniot, dans son autobiographie s’accuse plusieurs fois de manque de vigilance ! Il se reproche d’avoir relâché ses liaisons avec le groupe Prenant-Wallon ce qui aurait été mis à profit par les adversaires du parti. Il pense avoir commis une faute en intervenant en faveur de la réintégration de Jean Baby*, qui avait été exclu, car « ce camarade a mal travaillé depuis ». Enfin, il s’accuse d’avoir négligé le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes et d’être responsable, en partie, du développement de tendances anticommunistes dans ce mouvement. Sans doute tient-il à bien remplir la tâche qu’un document du 19 mai 1936 de l’IC lui assignait : « Sera de très grande utilité dans les questions de l’enseignement et pour le travail parmi les intellectuels ».

Activité syndicale, mais politique aussi. Candidat aux élections municipales de la Goutte d’Or dans le XVIIIe arr. en 1935, il affronta l’ancien secrétaire général du Parti Louis Sellier*. Il groupa alors 2 177 suffrages tandis que Sellier était élu avec 4 479 voix. Toutefois en mai 1936, aux élections législatives dans un autre quartier cette fois, G. Cogniot l’emporta et devint député de la 3e circonscription du XIe arr., se classant en tête des candidats au premier tour avec 8 269 voix et triomphant au second avec 10 543 voix sur 18 138 votants et 17 769 suffrages exprimés. Son activité à la Chambre fut considérable. Vice-président de la Commission de l’enseignement et des beaux-arts, il fut rapporteur du budget de cette commission, s’efforçant à la Chambre de demeurer lui-même : « celui qui était, avant les élections, un militant syndicaliste [et] entend le rester. » Il fut ensuite membre de la Commission Alsace-Lorraine.

Là ne se bornèrent pas toutefois ses activités. Au congrès de Villeurbanne, VIIIe congrès du Parti, 22-25 janvier 1936, il devenait membre suppléant du comité central ; il le demeura, titulaire cette fois, au IXe congrès, Arles, 25-29 décembre 1937. Par ailleurs, le 21 septembre 1936, le bureau politique avait proposé G. Cogniot comme représentant du Parti à l’Internationale communiste. Il vécut donc à Moscou, revenant toutefois à peu près chaque mois pour accomplir durant quelques jours ses tâches de député et satisfaire à ses responsabilités syndicales. Remplacé à Moscou par Jules Decaux*, il revint à Paris le 10 octobre 1937 et Paul Vaillant-Couturier* étant mort, il devenait quinze jours plus tard, rédacteur en chef de l’Humanité ; de ce fait, il fut admis aux séances du bureau politique. En mars 1938, il assista, au titre de l’Humanité, aux procès de Moscou dit des « trotskystes et droitiers » : Boukharine, Jagoda, Rykov, Rakovski et leurs co-accusés et en rendit compte, sans problème semble-t-il, écrivant dans les Cahiers du Bolchevisme, n° 4, avril 1938 : « Il est donc établi que le procès de Moscou n’est ni le résultat d’une erreur ou d’une iniquité, ni un signe de faiblesse de l’URSS, ni une cause de trouble pour le mouvement ouvrier. Bien au contraire ! » Les archives du Komintern montrent qu’il fit preuve d’une « vigilance » accentuée dans le monde de l’enseignement (mises en garde contre les enseignents École émancipée) et dans les organsiations antifascistes. Fin novembre 1938, il fut à nouveau appelé à Moscou afin de réviser la traduction française de L’Histoire du PC (b) de l’URSS. Installé dans la datcha de Manouilski, il fut ensuite considéré comme responsable de la diffusion de l’ouvrage en France : elle dépassa 150 000 exemplaires.

Et puis ce fut la signature à Moscou par Ribbentrop et Molotov du Pacte germano-soviétique le 23 août 1939. Le 25, l’Humanité était interdite. La ligne politique du PC ne fut pas pour autant modifiée dans les premiers jours. À la Commission des finances, G. Cogniot fit savoir « que le groupe communiste voterait des crédits militaires dans le même esprit qu’il a applaudi le discours du Président du Conseil » le 2 septembre, en souhaitant « le rétablissement d’un régime égal pour toute la presse ». La guerre demeurait alors, aux yeux des communistes français, non une guerre impérialiste mais une guerre dirigée contre le fascisme international.

Le 4 septembre 1939, Georges Cogniot quittait Paris et rejoignait son régiment, le 402e Pionniers dans les environs de Laon avec grade, peu après, de commandant de compagnie ; son régiment fut dirigé sur les Ardennes. Et ce fut, pour ses hommes et pour lui-même, pour les appelés comme pour les civils la « drôle de guerre ». Sur le plan politique et pour le militant communiste qu’il était, coupé de ses amis et aux prises avec une situation imprévue, celle des lendemains de la signature du Pacte. G. Cogniot reconnaît dans Parti Pris la difficulté « de bien suivre la ligne politique du PCF. qui, à partir d’octobre, mit sur le même plan, l’impérialisme hitlérien et l’impérialisme anglo-français » et il entrevoyait « que l’analyse donnée à l’époque par le mouvement communiste international », telle du moins qu’il la connaissait « traduisait mal la complexité de la guerre puisque seul y était relevé l’aspect impérialiste du conflit ». Cette situation pénible ne fut sans doute pas étrangère aux « graves troubles nerveux » et « rhumatismes » dont il fut alors atteint et qui lui valurent une permission exceptionnelle puis nécessitèrent son transport au Val-de-Grâce suivi d’une hospitalisation à Asnières. Il y reçut la visite régulière de Georges Fournial* et d’Et. Fajon, ce dernier le tenant au courant du déroulement du procès des députés communistes qui débuta le 20 mars. L’attitude de Cogniot pendant cette période fut plus complexe qu’il ne l’écrivit dans ses Mémoires si l’on se réfère au jugement porté sur lui par Maurice Thorez en mars 1943 (signature Jean). Alors que dans sa réponse au questionnaire biographique de 1949 Cogniot se contente d’écrire : « 1939 : mobilisé, 1940 : prisonnier de guerre », le secrétaire général du parti jugeait sévèrement « le manque de fermeté » de cet « universitaire de grande capacité » mais impressionnable qui « n’osa pas aller au Parlement et s’associer à la manifestation courageuse de Guyot et autres » et dont « l’attitude, fin 1940, n’était pas encore nette. ». Il ajoutait cependant, après l’évasion de juin 1942, « qu’il pourrait travailler comme rédacteur de journaux et revues sous une direction, mais ne peut diriger seul ». Dans les premiers jours d’avril, il bénéficia d’une permission de convalescence puis regagna le dépôt d’infanterie de Soissons avant d’être mêlé à la prodigieuse débâcle militaire qui le conduisit jusqu’à Nantes où il fut fait prisonnier. Il séjourna alors en camp et y organisa des cours afin de se rendre utile à ses camarades de détention et lutter contre la démoralisation envahissante. À nouveau malade, il fut dirigé sur l’hôpital de Châteaubriant où il fut soigné durant plusieurs mois. Incurable, il fut libéré le 11 octobre 1940. Arrêté à Vesoul, emprisonné à Chaumont, il fut finalement interné au printemps 1941 au camp de Compiègne-Royallieu, non plus en tant que prisonnier de guerre mais de militant communiste, détenu politique. « Doyen » de camp après l’exécution le 19 septembre 1941 de l’avocat Rolnikas fusillé comme otage ainsi que ses camarades Hajje et Pitard, il appartint au triangle de direction clandestine du camp. En organisant jeux, conférences, etc. il mit tout en œuvre pour chasser les idées noires s’attendant chaque jour, comme cela était arrivé à nombre de ses camarades, à être appelé un matin pour l’exécution ; « je m’étonnais, écrit-il, de survivre tant d’années » et « l’idée de la mort m’était toujours présente et elle n’offrait plus rien d’extraordinaire ».

Bien entendu, ses camarades et lui n’avaient qu’une pensée : s’évader, mais les possibilités véritables étaient réduites. L’évasion par un souterrain de 48 mètres, réussit cependant dans la nuit du 22 au 23 juin 1942 et Cogniot en a conté la préparation et les péripéties dans L’Evasion, récits, op. cit. Rendu à la liberté, il devint le collaborateur du secrétariat du PC illégal, travaillant pour la presse clandestine, qu’il s’agisse de l’Humanité ou des Cahiers du Communisme, rédigeant, au cours de l’été 1943, une Esquisse d’une politique française de l’enseignement qui, après la Libération, servit largement de base au programme du CNR puis à la Commission Langevin-Wallon, Esquisse qui est tout à la fois critique de l’entreprise de Vichy mais aussi ouverture sur l’avenir, écrivant La haute trahison des trusts, apportant une active collaboration au Front national, se tenant au courant des publications de la presse clandestine... jusqu’au jour de la Libération et au premier meeting qu’il tint, avec Maria Rabaté* notamment, dans le XIe arr., à l’école de la rue Keller le 3 septembre 1944.

Georges Cogniot, âgé alors de quarante ans, s’est dépensé sans compter depuis une vingtaine d’années. En dépit d’une santé parfois déficiente, il va continuer jusqu’à sa mort en 1978 et le biographe éprouve une grande difficulté à résumer une vie aussi active, aussi riche. Il se contentera donc d’en souligner les temps forts puis tentera de dire la lutte permanente que mena le militant sur le front enseignant et, plus généralement, culturel.

Dès la libération de Paris, Cogniot reprit ses fonctions de rédacteur en chef du quotidien communiste l’Humanité et il les conserva jusqu’au début de l’été 1948. C’est Étienne Fajon* qui lui succédera. Selon G. Cogniot lui-même, ses fonctions à la direction de l’Humanité ont été un « travail passionnant » auquel il a « tout sacrifié » (cf. Parti Pris, t. 2, p. 191). Les raisons de son départ du journal, qui dut l’affecter, furent, selon lui, la fatigue mais aussi la baisse du tirage (elle s’accentuera encore de près de 55 % de 1947 à 1952 donc après son départ - note 2 p. 192). Mais le motif principal de son éloignement résida peut-être dans le projet de sa désignation comme représentant permanent du Parti français au secrétariat du Bureau d’information qui siégeait à Bucarest, désignation qui fut effective à l’automne. Il devenait ainsi « comme douze ans plus tôt » au comité exécutif de l’Internationale communiste, le responsable des organismes communistes internationaux et de l’hebdomadaire Pour une paix durable, dont la publication requérait une extrême vigilance de l’équipe internationale qu’il animait. Aussi apportait-elle « des soins pointilleux » aux articles publiés dont « chaque mot était pesé ». Et c’est ainsi que le scrupule était poussé jusqu’à « corriger d’autorité » s’il était jugé nécessaire, « les articles de dirigeants de grands partis » cf. p. 201. Ils reçurent ainsi, un jour de l’un d’eux, qui ne manquait pas d’esprit, le télégramme suivant : « Vous remercie pour la publication de mon article. Stop. L’ai reconnu à la signature. » Sans doute le Bureau d’information n’était-il que l’expression du Kominform et non d’un nouveau Komintern. On peut néanmoins estimer que le journal, ses rédacteurs et Georges Cogniot* avant tout, étaient en quelque sorte garants de l’orthodoxie de l’ensemble des Partis communistes et c’est dire l’importance de la fonction occupée.

Ce Bureau d’information commit d’énormes fautes selon l’auteur de Parti pris dans la question yougoslave en 1948 et 1949 et « à propos des procès Rajk [1949], du procès Slansky et sur d’autres points ». Cogniot lui-même présentera le rapport sur la Yougoslavie à la séance du 10 décembre 1949 devant le Comité central réuni à Saint-Denis et y développera « les thèses profondément erronées qui étaient alors celles du mouvement communiste international » (Parti Pris, t. 2, p. 223) qu’il diffusera dans Réalité de la nation, l’attrape-nigaud du cosmopolitisme publié aux Éditions Sociales en 1950. Le CC du parti décida, fin 1952, de publier les œuvres complètes de Staline sous la direction de Georges Cogniot.

À partir de 1954 et jusqu’à la mort de Maurice Thorez* en 1964, Georges Cogniot fut, après Victor Joannès*, son secrétaire politique et il vécut là, selon son témoignage, « dix années bien remplies, lourdes de responsabilités et de fatigues, mais riches de satisfactions ». L’un et l’autre ont d’ailleurs consacré un ouvrage, op. cit. à l’homme et au militant. G. Cogniot suivit M. Thorez dans ses déplacements, que ce soit dans ses résidences françaises en Seine-et-Oise non loin de Houdan ou dans le Midi et jusque dans ses vacances caucasiennes à Naltchik, capitale de la République autonome des Tcherkesses ou autres lieux.

Si l’attachement de Georges Cogniot à Maurice Thorez et à l’Union soviétique fut grand et, peut-on dire, quasi inconditionnel, il n’en fut pas de même à l’égard de Khrouchtchev. L’histoire du compte rendu du XXe congrès du PC (b) et du rapport du 25 février 1956 en apporte la preuve. La délégation française à ce congrès historique comprenait avec M. Thorez, Jacques Duclos*, Pierre Doize* et G. Cogniot. Le congrès s’ouvrit le 14 février et, comme on le sait, un rapport de Khrouchtchev fit longuement état, le 25, des crimes de Staline. Les quatre délégués français en eurent connaissance mais, écrit Cogniot (cf. t. 2, p. 346-347) « dans des conditions bien spéciales », le texte, en russe, leur fut certes remis mais avec obligation de le rendre le soir même sans avoir pris de notes et avec promesse « de n’en parler à âme qui vive ». C’est lui, Cogniot, qui déchiffra le rapport en fin de matinée et en donna lecture à ses camarades « tant bien que mal, dans l’après-midi ». Ils furent « atterrés ». Si interdiction leur avait été faite d’en parler, le texte fut toutefois lu « à des dizaines de millions de personnes » en URSS et communiqué par écrit aux Comités centraux des pays socialistes. Et Cogniot de conclure en note : « J’ai eu depuis, à cet égard, la désagréable impression d’avoir été la victime des humeurs d’un dirigeant impulsif et changeant comme Nikita Khrouchtchev ».

Après sa défaite aux élections législatives de novembre 1958, Georges Cogniot reprit pour quelques mois un poste de professeur au lycée Voltaire avant son élection au Sénat en avril 1959. Il obtint alors une retraite proportionnelle.

C’est de 1966 à sa mort que Georges Cogniot se consacra à l’Institut M. Thorez dont la création avait été décidée le 12 septembre 1964 et qui, aujourd’hui (1984), se trouve intégré dans l’Institut de Recherches marxistes comme simple section d’histoire. Cogniot en fut le président-délégué et, « à partir du démarrage », a-t-il écrit, y donna la plus grande partie de son temps. Il fut assisté dans sa tâche par une équipe de militants, historiens ou non, mais il fut le cerveau de ce « centre d’études de l’histoire du mouvement ouvrier et de la pensée sociale ». Sa vaste culture, ses connaissances linguistiques, ses relations scientifiques internationales lui permirent de donner à cet organisme, pendant près de dix ans, un certain rayonnement. La vie de l’Institut fut en effet marquée d’initiatives nombreuses : célébration d’anniversaires (Manifeste communiste, Révolution d’Octobre, Marx, La Commune de 1871, Lénine...), colloques nationaux et internationaux, conférences-débats, expositions parisiennes et itinérantes, reconstitution et publication de l’Humanité clandestine et, surtout, publication de Cahiers d’histoire. La liaison avec l’Institut du marxisme-léninisme de Moscou fut pour le président de l’Institut français l’occasion de fréquents voyages en URSS et des négociations ont conduit au versement d’un certain nombre de microfilms d’archives intéressant l’histoire du PCF. Des archives de militants français directement versées et une importante bibliothèque complètent ces collections.

Durant toute sa carrière, Georges Cogniot s’est consacré à la défense de l’enseignement, des enseignants et, plus généralement, de la culture. Déjà, au temps du Front populaire, il fut rapporteur du budget de l’Éducation nationale à la Chambre. Pendant la Résistance, par ses écrits, nous l’avons vu, il esquissa une politique française de l’enseignement dont s’inspira le Conseil national de la résistance de la Commission Langevin-Wallon. Dès la Libération et jusqu’à sa mort, en dehors de l’action qu’il mena en tous domaines et que nous avons résumée, il prolongea celle entreprise et ci-dessus définie.

Georges Cogniot lutta pour le rationalisme et l’humanisme, pour un enseignement « progressiste » en tant que rapporteur du budget de l’Éducation nationale de l’Assemblée consultative dès 1945 puis de l’Assemblée nationale, enfin comme membre de la Commission des affaires culturelles du Sénat de 1959 à 1977. Cette bataille, il la livra également en dehors des Assemblées parlementaires et avec la même vigueur.

Au risque de schématisation, nous dirons que les thèmes abordés furent essentiellement les suivants : en premier lieu la laïcité compte tenu du fait que, dès la Libération, il eut à prendre position contre la prolongation des subventions allouées par Vichy à l’enseignement privé. Après avoir rappelé, en maintes occasions, que les « maîtres en socialisme », de Marx à Jules Guesde*, avaient affirmé que « l’État ne doit pas se mêler de la religion, ni pour la persécuter par exemple en fermant les écoles confessionnelles, ni pour la favoriser » et donc que, « pour l’État, la religion doit être une affaire privée », il combattit les lois Marie-Barangé en 1951 (31 août puis 10 septembre) puis la loi Debré du 29 décembre 1959, enfin la cascade de mesures opérées pour accroître l’aide financière à l’enseignement privé et ses facilités d’expansion. Et jusqu’au bout, G. Cogniot soulignera que, selon lui, il ne s’agissait en l’occurrence de religion « qu’à titre bien accessoire », mais essentiellement « de renforcer, pour des fins réactionnaires, le pacte politique entre un État antidémocratique et les princes de l’Église » (discours au Sénat, 29 décembre 1959). Il se félicita par contre de ce que les chrétiens d’esprit démocratique soient à l’aise pour défendre les lois laïques. Il stigmatisait cette loi « de peur et de régression » et appelait les travailleurs et les démocrates à affirmer « le principe de caractère national de l’enseignement à tous les degrés » et à faire « de la lutte pour le renouvellement de l’école et de la culture un élément central du vaste mouvement de masse pour la démocratie, tant la cause est inséparable de celle de l’humanisme » (discours au Sénat, 19 mai 1971).

Mais Georges Cogniot ne se limitait pas à cette lutte contre les lois antilaïques. Elargissant le débat, il défendait en tous lieux le plan Langevin-Wallon de mars 1944 exprimé dans le programme du Conseil national de la résistance et reprenait l’Esquisse d’une politique française de l’enseignement, remise au Conseil par le PCF en septembre 1943. Ce document prévoyait « la possibilité effective, pour les enfants français, de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance, mais de mérite, et constamment renouvelée par les efforts populaires » (Savoir et démocratie, p. 170).

Cette lutte sur le plan culturel, Georges Cogniot la développa et l’amplifia sous de multiples formes, par exemple comme professeur pendant huit années à l’Université nouvelle, héritière de l’Université ouvrière d’avant-guerre et sa continuatrice, par La Pensée créée en 1939 et qu’il dirigea jusqu’à sa mort.

À cet effort de toute une vie, ses amis rendirent hommage en publiant en 1981 Savoir et démocratie, qui réunit textes et interventions parlementaires s’échelonnant de 1936 à 1976. Publié par les Éditions sociales avec le concours de l’Association des amis de Georges Cogniot, ce recueil donna lieu à une manifestation d’hommage et de souvenir à l’Institut de recherches marxistes en novembre 1981.

L’homme, au soir de sa vie, peut se poser des questions, une surtout : ai-je fait ce que je devais et pouvais faire ? Georges Cogniot surdoué, qui aurait pu être et le savait, poète, romancier, linguiste, historien et dont la riche et complexe personnalité tentera demain plus d’un « thésard », Georges Cogniot s’est bien sûr posé la question et l’on pourrait estimer qu’il y a répondu lorsqu’il écrivit, terminant son adresse aux lecteurs de Parti Pris : « Ayant été utile, je suis heureux de n’avoir pas manqué ma vie. »

Demain ses archives, les échos de ses confidences, parfois véhémentes, à ses amis intimes, la réflexion sur la discrétion relative de ses obsèques, son testament, infirmeront ou nuanceront cette affirmation. Dans ses dernières années, il semble bien avoir vécu douloureusement la contradiction entre beaucoup d’interrogations et sa fidélité sans faille au Parti, fidélité renforcée par la volonté de ne pas rééditer sa démarche oppositionnelle de 1925.

Marié le 4 septembre 1923 à Paris XVe arr. avec Renée Blum, née le 15 février 1903 à Besançon (Doubs), divorcé ; remarié le 30 juillet 1934 à Paris, Ve arr. avec Erna Biefeld qui partageait sa vie « depuis la fin des années 1920 », née le 11 avril 1899 près de Dantzig, morte au printemps 1966 ; remarié enfin le 26 juillet 1976 à Beaufort (Savoie) avec Germaine Weingartner, dite Vigneron, née à Barentin, morte le 20 décembre 1994, enseignante à Saint-Paer (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) puis secrétaire de direction du journal l’Humanité à partir d’août 1944 ; elle l’avait accompagné à Bucarest en 1948-1951. Elle fut présidente de l’Association des amis de Georges Gogniot. Ses obsèques eurent lieu le 23 décembre 1994 à Gagny.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article20270, notice COGNIOT Georges, Auguste, Alexandre. Pseudonyme : KAEMPFER par Jean Maitron, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 13 mai 2018.

Par Jean Maitron

[Assemblée nationale, Notices et portraits, 1936]
[Sénat]
Photo de police de Georges Cogniot en 1942
Photo de police de Georges Cogniot en 1942

ŒUVRE CHOISIE : Réalité de la nation, l’attrape-nigaud du cosmopolitisme, 1950, 200 p. — L’Évasion, récits, Éd. Raison d’être, 1947. — Lucrèce, Textes choisis, 1954 puis 1974. — Petit guide sincère de l’Union soviétique, préface de F. Billoux, 1955 ; version remaniée : Connaissance de l’Union soviétique, 1956 ; édition complète, 1959. — H. Heine, 1956. — Qu’est-ce que le communisme ?, 1960. — Laïcité et réforme démocratique d’enseignement, 1963. — La Lyre d’airain, 1964. — Le Matérialisme gréco-romain, 1964. — M. Thorez, l’homme, le militant (en collaboration avec V. Joannès), 1966. — Prométhée s’empare du savoir, 1967. — Goethe, 1968. — Présence de Lénine, 2 volumes, 1970. — Parti Pris, t. 1, 1976, t. 2, 1978. — Savoir et démocratie, textes et interventions parlementaires 1936 à 1976 choisis et présentés par Luce Langevin*, J. Gacon, M. Moissonnier, P. Labérenne, Aug. Dumeix, 1981.
Collaborations innombrables à l’Humanité en tant que rédacteur en chef 1937-1939 puis 1944-1947, à Pour une paix durable... en tant que responsable, aux journaux et revues CGTU de l’Enseignement, aux Cahiers du Bolchevisme puis du Communisme, aux Cahiers de l’Institut M. Thorez, etc.

SOURCES : Arch. Nat. F17/ 27079. — Arch. RGASPI, Moscou, archives biographiques du Komintern, Moscou, 495 270 7, 517 1 1697, 1909, 534 6 109 et 112. — Arch. mun. Saint-Denis, Répertoire du fonds Georges Cogniot, enseignement, t. 1, 1987. — Arch. Jean Maitron. — Parti Pris, op. cit. — Savoir et démocratie, op. cit. — « Quelques souvenirs », Interview par Cl. Willard, Cahiers, op. cit., avril-juin 1973. — Conversations et correspondances avec Pierre Delon et Maurice Moissonnier, 1981-1982. — Notes de Jacques Girault et Claude Pennetier.— Etat civil.

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