CANOVA Alice [Dictionnaire des anarchistes]

Par Dominique Petit

Serait née à Bonifacio (Corse) mais ce nom ne figure pas à l’état civil. Collaboratrice de la presse libertaire, anarchiste à Paris.

Alice Canova publia en 1897 des chroniques dans la revue littéraire Mascarille. La même année, elle répondit a une enquête sur l’individualisme, parue dans la revue Matines. Elle y expliquait ses convictions : « … je vois une société utiliseuse de toutes les forces isolées, formée d’individus indépendants comprenant que l’asservissement est un amoindrisseur, société où les associations toujours temporaires ne seraient faites que dans le but d’unir des forces.... Vivre de la manière la plus conforme à ses goûts autant qu’il est possible. En tous cas, s’inspirer des circonstances pour louvoyer sans dangers au milieu des récifs appelés lois, conventions sociales ».
En 1898, elle participa à la rédaction de l’hebdomadaire Le Droit de vivre (11 numéros du 24 juin au 1er décembre 1899), fondé par Ernest Girault.
Le 15 juin 1898, Le Droit de vivre publia une note d’Alice Canova où celle-ci expliquait qu’elle avait avait tenté deux ans auparavant la publication d’un journal d’éducation libertaire et relançait ce projet sous le titre L’Enfance nouvelle, la revue « contiendra d’intéressantes histoires qui apprendront à l’enfant à distinguer le vrai du factice, mais ce qu’elle lui enseignera surtout, c’est la grande beauté, en même temps que la conscience de sa liberté et de sa force, enfin le journal s’efforcera de donner à ses petits lecteurs le goût du bien et du beau ». Bien qu’un appel fut également lancé dans L’Aurore, qu’une adresse fut donnée (53 rue de Montparnasse) et que des lecteurs manifestèrent de l’intérêt, il ne semble pas que le projet ait abouti.
En 1899, elle fut l’une des collaboratrices de l’hebdomadaire L’homme libre (Paris, 11 numéros, 24 juin au 1er décembre 1899) publié par E. Girault et F. Prost et auquel collaboraient notamment Antignac, Devaldés, Janvion, Charles Malato et H. Zisly. Le journal voulait s’opposer à Sébastien Faure qui avec le Journal du peuple, s’était allié avec des républicains dreyfusards.
Le 22 juillet 1899, le Groupe de propagande de l’éducation libertaire tenait une conférence, 37 rue de l’Ouest, au bénéfice du journal La Jeunesse nouvelle. Louise Réville y parla de l’éducation libertaire des jeunes filles, Mme Renaud, Alice Canova, Phélipeaux, ancien instituteur prirent aussi la parole, Maximilienne Biais étaient également présente. Le projet de créer une revue d’éducation libertaire n’était donc pas mort, d’autant qu’un jeune homme, René Boyer avait promis une aide financière à Alice Canova, pour le journal.
Une nouvelle réunion fut organisée le 29 juillet par le Groupe de propagande de l’éducation libertaire, salle Marchet, 49 boulevard Saint-Germain sur L’Éducation cléricale et l’éducation libertaire avec Devaldès et Alice Canova, au profit de la Jeunesse nouvelle.
Dans un article intitulé Éducation rationnelle, publié le 1er septembre 1899 dans L’Homme libre, elle présentait ses objectifs pour une éducation libertaire : « Ce n’est pas seulement l’éducation cléricale que nous devons attaquer, mais aussi tout système d’éducation qui enseigne l’adoration, le culte, que ce soit celui de Dieu ou d’une entité, culte qui presque toujours autorise le meurtre et fait que par force ou par persuasion, les uns dominent et commandent, tandis que les autres rampent et obéissent ; les idoles changent parfois, mais les cultes restent là, asservisseurs de peuples, et il semble que les pierres d’un temple démoli ne doivent servir qu’à reconstruire un autre temple ; nous, nous voulons démolir pour agrandir l’horizon et pour libérer les corps et les cerveaux ».
L’Homme libre publia le 15 octobre 1899, une annonce indiquant que le Groupe de propagande de l’éducation libertaire reprendrait ses réunions en novembre, avec pour objectif la parution du journal d’éducation libertaire de l’enfance La Jeunesse nouvelle et la création d’une bibliothèque libertaire du XIVe arrondissement, Prat, 36 quai des Célestin servant de contact.
Au début de l’année 1900, Alice Canova était membre du groupe Les iconoclastes qui se réunissait au café des Artistes, rue Lepic et était animé par Janvion.
A la fin de l’année 1900, Alice Canova publia En regardant la vie, compilation de ses articles, avec une préface de Manuel Devaldès.
En 1901, elle collabora au Flambeau, publié à Vienne (Isère) et dont le gérant était Georges Butaud.
A la réunion du groupe des Naturiens le 22 août 1901, Rolande (Léonie Fournival) annonça qu’elle irait passer un mois dans les bois pour se remettre de ses maladies nerveuses et se recueillir. Elle espérait emmener avec elle Alice Canova avec qui elle était au mieux.
Le 4 septembre 1901, elle fit une causerie pour le groupe des Naturiens sur Nature et progrès.
En 1902, elle écrivit dans la revue libertaire Jean-Pierre (décembre 1901 à septembre 1904), destinée aux enfants : « Écrire pour les enfants, les amuser, les instruire, les amener à comprendre et à réfléchir par eux-mêmes en dehors de toute morale imposée », tel était l’objectif de Jean-Pierre.
En février 1905, elle signa un manifeste pour protester contre l’arrestation de Maxime Gorki.
Début août 1927, Alice Canova adhéra au comité Sacco-Vanzetti.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article202284, notice CANOVA Alice [Dictionnaire des anarchistes] par Dominique Petit, version mise en ligne le 25 avril 2018, dernière modification le 23 janvier 2019.

Par Dominique Petit

OEUVRE : En regardant la vie par Alice Canova (Bibliothèque de la Critique. Paris, 1900. Vol. in-16.)

SOURCES : Arc. Nat. F7/12723, 1994 0494 art.54 — Arc. Préf de pol Ba 1498 — R. Bianco « Un siècle de presse anarchiste… », op. cit. — Notes Rolf Dupuy. — Mascarille 1er mars 1897 — Matines octobre 1897 — Le Droit de vivre 15 juin 1898 — L’Aurore 15, 16, 17 juin, 3, 29 juillet 1898, 3 septembre, 11 novembre 1901 — L’Homme libre 1er septembre, 15 octobre 1899 — La Petite République 23 juillet 1899 — L’Idée libre 1901 T1 — Les Temps nouveaux 31 mai 1902 — L’Humanité 3 février 1905 — L’Oeuvre 4 août 1927.

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