CUBAUD André, Pierre, Marcellin [pseudonyme Lebeau]

Par Michel Thébault

Né le 9 février 1923 à L’Isle-Jourdain (Vienne), mort en action le 4 août 1944 à Persac (Vienne) ; ajusteur ; réfractaire STO, résistant maquis AS de la Vienne.

André Cubaud
André Cubaud

André Cubaud était le fils d’Émile, Marcellin, Camille, Pierre Cubaud et d’Alice Renard, négociants (vins et bois) et restaurateurs à l’Isle-Jourdain, place du Champ-de-Foire-des-Bœufs (aujourd’hui place du Poitou). Ses parents s’étaient mariés le 3 janvier 1922 à l’Isle-Jourdain et il était l’aîné des quatre enfants du couple, ayant deux frères et une sœur, Pierre, Jeanne et Jean-Claude. Il fit sa scolarité primaire à L’Isle-Jourdain y obtenant le certificat d’études. Il poursuivit ses études en rejoignant l’École Primaire Supérieure de Montmorillon (Vienne), où il obtint dans la section technique de l’école un diplôme d’ajusteur. Il fut embauché dans sa qualification par l’Entreprise Métropolitaine et Coloniale (« La Métro ») installée sur les communes du Vigeant et de Saint-Martin-l’Ars (Vienne). Célibataire, appartenant à la classe 43, il fut convoqué pour les Chantiers de Jeunesse, période qu’il accomplit de mars à octobre 1943. Il fut peu après son retour convoqué pour le STO. Réfractaire à la réquisition, il s’engagea alors dans la Résistance et rejoignit sous le pseudonyme de « Lebeau » l’un des nombreux maquis de l’AS en formation dans l’est et le sud du département de la Vienne, sous le commandement du capitaine Blondel (groupement D du sud de la Vienne). Il était plus précisément membre du groupe Pracastin dit « Tintin ». Après le débarquement du 6 juin 1944, les maquis du secteur établirent à l’hôtel du Lion d’Or sur la place d’armes de L’Isle-Jourdain, un poste de commandement avec un groupe de liaison (doté de quelques véhicules) dont firent partie André Cubaud et Joseph Pourrichou.
La présence de ces maquis constituait pour l’État-major allemand une menace (le passage par le seuil du Poitou étant un enjeu stratégique) sur la sécurité des voies de communication vers l’est de Poitiers en direction de Limoges mais aussi de l’Indre (Le Blanc) et du centre. De plus l’avancée des troupes anglo-américaines faisant peser des menaces sur l’axe traditionnel de la RN 10, les axes à partir de Poitiers vers l’est et le nord-est Vienne devinrent vite essentiels. Une série d’opérations de lutte contre les maquis de l’Est de la Vienne fut donc lancée par l’État-major allemand, la première le 25 juillet dans le secteur de Lussac-les-Châteaux. Le 4 août commença une nouvelle opération de répression menée par une colonne allemande (Section rapide 608, issue du bataillon de réserve de la 17ème division SS Götz von Berlichingen, et Feldgendarmerie Trupp B motorisée 687) venant du sud, partie de Charente le 3 août et procédant dans la journée du 4 août à des séries d’exactions, d’exécutions sommaires et de massacres entre Charroux , Le Vigeant et Persac. C’est à l’entrée de ce village que fut tué André Cubaud en compagnie d’un camarade du même maquis Joseph Pourrichou. Ils avaient été envoyés en reconnaissance par les maquis Joël et Adolphe, repliés après les combats du Vigeant et en position de défense autour de l’Isle-Jourdain. Les chefs des maquis souhaitaient connaître la situation du maquis Alsace-Vauquois (AS) établi autour de Persac (mais qui s’était en fait déjà replié vers Adriers), et la direction prise par les troupes allemandes. Les reconnaissances faites par deux routes différentes furent attaquées à l’entrée de Persac par les troupes allemandes, deux maquisards en moto accrochés à l’entrée est du village parvinrent à se dégager mais Joseph Pourrichou et André Cubaud arrivés en voiture (une camionnette Peugeot) par la route directe venant de l’Isle-Jourdain furent stoppés au niveau du cimetière de Persac par des tirs de mitrailleuse et tués aussitôt, criblés de balles. Son acte de décès indique qu’il fut tué à 16 heures au lieu-dit La Croix Borlier. Inhumé au cimetière de l’Isle-Jourdain, il repose dans la crypte du monument édifié en 1950 à la mémoire des FFI.
Il obtint la mention mort pour la France et reçut à titre posthume la Croix de guerre avec étoile d’argent. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de L’Isle-Jourdain et sur le monument commémoratif dédié à la Résistance, dans le cimetière municipal de l’Isle-Jourdain. Une stèle à sa mémoire et à celle de Joseph Pourrichou fut dressée après la guerre à l’entrée du bourg de Persac, sur le lieu du mitraillage de leur véhicule.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article202046, notice CUBAUD André, Pierre, Marcellin [pseudonyme Lebeau] par Michel Thébault, version mise en ligne le 23 avril 2018, dernière modification le 24 septembre 2018.

Par Michel Thébault

André Cubaud
André Cubaud
L’une des dernières photos prises par André Cubaud, de son petit frère Jean-Claude dans une voiture d’enfant avec drapeau à croix de Lorraine
L’une des dernières photos prises par André Cubaud, de son petit frère Jean-Claude dans une voiture d’enfant avec drapeau à croix de Lorraine
stèle de Persac.
stèle de Persac.

SOURCES : Renseignements et archives familiales Jean-Claude Cubaud (frère d’André Cubaud) — Groupe de recherches historiques et archéologiques de L’Isle-Jourdain, bulletin n°3, 1993 — Collège René Cassin, l’Isle-Jourdain, CNRD — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb — Renseignements Christian Richard — État civil.

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