NIESCIEREWICZ Jean

Par Annie Pennetier, Dominique Tantin

Né le 22 février 1899 à Grodno (Pologne, alors incorporée à l’Empire russe, auj. Hrodna en Biélorussie), exécuté sommairement le 10 juillet 1944 à Saint-Herblain (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) ; ouvrier aux Forges de Basse-Indre ; syndicaliste CGT ; résistant.

Jean Niescierewicz
Jean Niescierewicz

Jean Niesciewicz quitta d’abord la Pologne pour l’Allemagne. Le 25 mai 1921 à Brülh (Allemagne), il épousa Josefa Brandowski née le 6 juillet 1895 à Dabrowa (Silésie alors allemande). De cette union naquirent quatre enfants : Jan né en Allemagne et décédé au Canada ; Kasimir né en Allemagne et décédé en France (Casimir ou Casi Niestérewicz après naturalisation) ; Stéphan né et décédé en France ; Czeslaw né et décédé en France (dit Georges Niester, qui était directeur de la Nouvelle République à Blois et écrivain).
Le couple émigra en France vers 1925. Âgé de 45 ans, Jean Niesciewicz était domicilié à Couëron (Loire- Inférieure) et travaillait comme chauffeur aux laminoirs des Forges de Basse-Indre.
Avec d’autres membres de la communauté d’origine polonaise de la cité du Bossis à Couëron, il s’engagea dans la Résistance en participant à des filières d’évasion dont bénéficièrent des aviateurs anglo-américains et des polonais déserteurs de la Wehrmacht et de la Kriegsmarine.
Le 9 juillet 1944, la police allemande arrêta Jean Niescierewicz et sa femme ainsi que plusieurs de ses camarades. Ils furent torturés dans le sous-sol de la mairie de Saint-Herblain siège de la Kommandantur pour la zone géographique de la Basse-Loire. Jean Niescierewicz fut exécuté le premier, sans procès, le 10 juillet à 0 heure, Florencio Martinez le fut le 18 juillet.
André Alban, Jean Desbrosses, Constantin Dolik, Erwin Kuron, Georges Kuron et Raymond Prévost furent exécutés sans procès le 29 juillet à 23h30 dans la cour de la mairie de Saint-Herblain.
Le procès-verbal de gendarmerie établi au moment de l’exhumation des corps le 20 Août 1944 indique : ils reposent sur le ventre, le menton fendu, la face écrasée contre le sol. Les traces de balles sont visibles sur le dos, les fesses,sans doute de mitraillettes en raison de la densité des atteintes, certaines localisations sont en faveur d’une fusillade exécutée par derrière. Les lésions des mâchoires indiquent que les blessés ont dû être achevés à coups de crosses de fusils.
Une stèle a été érigée en leur mémoire, à côté de la mairie de Saint-Herblain, "fusillés par l’occupant". Une rue de Couëron porte le nom de Jean Niescierewicz depuis le 8 mai 1982, écrit Niesterewicz sur la stèle et MémorialGenWeb.
Sa femme condamnée à la déportation fut libéré à Belfort.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article201804, notice NIESCIEREWICZ Jean par Annie Pennetier, Dominique Tantin, version mise en ligne le 14 avril 2018, dernière modification le 26 mars 2019.

Par Annie Pennetier, Dominique Tantin

Jean Niescierewicz
Jean Niescierewicz
Stèle commémorative à Saint-Herblain
Stèle commémorative à Saint-Herblain
Crédit : MémorialGenWeb

SOURCES : Jean-Pierre Sauvage, Xavier Trochu, Mémorial des victimes de la persécution allemande en Loire-Inférieure 1940-1945, Nantes, 2001.— Discours de Raymond Briant lors de l’inauguration de la rue Niescierewicz à Couëron. — Mémorial Genweb. — Archives familiales communiquées par Anita Niesterewicz. — Pas de fiche sur Mémoire des Hommes. — Notes de Carlos Fernandez.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément