KIRSZENSZTEJN Michel

Par Bernard Reviriego

Né le 5 février 1918 à Jaroslav (Russie) selon l’état civil de décès, à Jarothan (Russie) selon le site « mémoire des hommes » ; tué au combat le 8 mai 1944 à Saint-Aubin-de-Cadelech (Dordogne) ; Résistant.

Stèle Saint-Aubin-de-Cadelech.
Stèle Saint-Aubin-de-Cadelech.

Michel Kirszensztejn était réfugié à Eymet (Dordogne). Il était engagé avec son frère, Jacques Kirszensztejn, et son beau-frère, Jacques Diamant, dans le maquis, groupe FTP ANIC, depuis 1942.

Le 30 juillet 1943, la police française arrêta à Paris les parents et les grands-parents maternels de Anna et Paulette Tauflichen, nièces de Jacques Kirszensztejn, que les policiers acceptèrent de laisser sur place compte tenu de leur jeune âge. La nouvelle de ces arrestations parvint à Eymet. Son frère, Jacques Kirszensztejn partit alors les chercher et réussit, en échappant aux contrôles, à les ramener à Eymet où elles furent accueillies dans la famille Ragot-Gaussein qui les protégea et les scolarisa sous le nom de Taupin.

Le 8 mai 1944, vers 8 h 30, des détachements de la Wehrmacht basés à Eymet investirent les communes de Saint Aubin de Cadelech, de Falgueyrat et de Saint-Capraise à la recherche de Résistants. Un petit noyau de Résistants, pourchassé depuis Sainte-Foy-la-Grande jusqu’à Monbos, avait trouvé refuge à Saint-Aubin, dans la ferme du Jean Bart chez la famille Vigier, promettant de ne pas rester longtemps. La colonne de Saint-Capraise s’en revint vers Saint-Aubin. Les différentes patrouilles du matin ne trouvèrent rien. Vers 14 h, l’une des patrouilles aperçut, au lieu-dit Jean Bart, un homme qui observait l’autre patrouille allemande, sans savoir qu’il avait été repéré. Il s’agissait de Charles Maigre, chef des Résistant du groupe FTP Anic. A l’issue de l’assaut de la ferme entrepris alors par les Allemands, qui dura environ une heure, quatre Résistants avaient été tués et un autre fait prisonnier. Les morts au combat étaient Brieuc Le Corvaisier, commandant en second le groupe Anic, Christian Chidoux, Jacques Kirszenstejn et son frère, Michel Kirszenstejn. L’identité des deux derniers n’avait pu être établie lors de l’établissement de l’acte de décès mais l’officier d’état civil avait avancé le nom de « Kaers », connu car ils l’utilisaient comme nom d’emprunt. Par ailleurs, l’un d’entre-eux avait une carte d’identité au nom de Jacques Alain Martin, domicilié à Paris, dans le 18e. Comble de confusion, ils apparaissent sous le nom de Taufflichen sur la stèle commémorative de Saint-Aubin-de-Cadelech et dans tous les documents qui leurs sont consacrés. C’est un jugement du tribunal civil de Bergerac en date du 21 juin 1945 qui établit leur véritable identité, Jacques et Michel Kirszenstejn, portée en marge de l’acte de décès.

Il était homologué FFI et il fit l’objet, comme son frère, d’une citation à l’ordre de l’armée comportant l’attribution de la Croix de guerre avec palme (annexe du JO du 13 décembre 1946, p. 1365).

Il est mentionné, sous le nom doublement erroné de Taufflichen Michel, sur le monument commémoratif situé sur la route de Saint-Capraise-d’Eymet qui porte le nom des trois autres victimes tombées ce jour-là.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article201763, notice KIRSZENSZTEJN Michel par Bernard Reviriego, version mise en ligne le 13 avril 2018, dernière modification le 14 avril 2018.

Par Bernard Reviriego

Stèle Saint-Aubin-de-Cadelech.
Stèle Saint-Aubin-de-Cadelech.

SOURCES : Arch. dép. Dordogne, 1 W 1901-1. Rapport de gendarmerie n° 113-2 du 10 novembre 1944 ; 1573 W 6.— Ginette Pauly, Le drame du Jean Bart soixante ans après, 7 pages, mai-juin 2004. Récit de Anna et Paulette Tauflichen, Bulletin municipal de Saint-Aubin-de-Cadelech, n° 25, 2e semestre 2013.
http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ (cote SHD : AC 21 P 64949)
http://www.memorialgenweb.org/
Dossier de résistance : http://www.servicehistorique.sga.de...

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