CLAUDOT André [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron

Né le 14 février 1892 à Dijon (Côte-d’Or), mort le 13 juin 1982 à Loeilley (Haute-Saône) ; dessinateur, peintre ; anticlérical, anarchiste, socialiste puis membre du Parti communiste français.

Tableau d’André Claudot acheté, en 2013,  23 mille euros par un collectionneur chinois.
Tableau d’André Claudot acheté, en 2013, 23 mille euros par un collectionneur chinois.

Né d’un père luthier au conservatoire de Dijon et d’une mère foncièrement chrétienne, André Claudot fit des études au lycée et à l’École des Beaux-Arts de Dijon, et, en 1909, entra comme boursier du département à l’École nationale des Arts décoratifs. Il se lia alors avec des militants anarchistes et notamment avec Pierre Martin, ancien compagnon de captivité de Kropotkine à Clairvaux et passa de l’anticléricalisme à l’anarchisme. À la suite d’un dessin paru dans le Libertaire, il fut poursuivi en 1911. Il revint à Dijon où il milita comme anarchiste et fréquenta la Bourse du Travail où il lutta contre les socialistes (Barabant, Midol). Il collabora à la fondation du Comité de défense sociale.

Inscrit au Carnet B, mobilisé en 1914, il continua à dessiner (clandestinement) pour la presse d’extrême gauche, notamment pour le journal pacifiste de S. Faure. Ce qu’il faut dire (cf. n° 3, mars 1917). Il termina la guerre en Serbie.

Démobilisé en août 1919, il revint à Dijon où il se maria ; puis il s’installa à Paris et continua à dessiner pour le Libertaire, pour Clarté, journal d’Henri Barbusse (voir années 1920-1923), pour la Revue anarchiste dont il dessina la couverture (cf. n° 1, 28 janvier 1922) ainsi que pour La Jeunesse anarchiste, organe de la Fédération anarchiste communiste, dont il dessina la première page du n° 10 (15 février-15 mars 1922).

En 1926, il partit pour la Chine et devint professeur à l’Institut national des Arts de Pékin ; il y fut en contact avec des étudiants communistes ou sympathisants, protesta violemment contre le coup d’État de Tchang-Tso-Lin (qui avait fait exécuter plusieurs de ses étudiants). Après la libération de Pékin par le Kouomintang en 1928, il enseigna à l’Institut des Arts de Hang-Tchéou. Il fut une figure importante dans la coopération entre les artistes français et chinois, en liaison avec des réseaux révolutionnaires internationaux.

Revenu à Paris en 1930, il s’installa à Vaugirard, puis à Montmartre. Il entra à la franc-maçonnerie et appartint à la loge Travail et vrais amis fidèles. Il revint alors définitivement à Dijon comme professeur à l’École des Beaux-Arts en février 1935. Il était membre du Parti socialiste SFIO auquel il avait adhéré à Paris après le pacte d’unité d’action ; à Pâques 1935, à Paris, il participa à la campagne contre les néo-socialistes, ce qui lui valut de solides rancunes. Il fonda une section socialiste à Couchey, près de Dijon, où il résidait, et fit partie des « Amis de l’Espagne républicaine ». En 1938, il démissionna de la SFIO lors de l’exclusion de la Fédération de la Seine, mais ne s’inscrivit pas au PSOP ; il était partisan de l’unité d’action avec le PC auquel il reprochait cependant la dénonciation permanente de l’anarchisme comme mouvement petit-bourgeois.

Révoqué en septembre 1941, comme franc-maçon, il participa à la Résistance dans le Front national et s’inscrivit au PC à la Libération.

Par la suite, il dénonça avec vigueur le franquisme et la guerre du Vietnam. En 1956, il créa rue Musette à Dijon où il habitait, une école de peinture, l’Atelier et il fut honoré d’Expositions, notamment en 1978 à Pavillons-sous-Bois et en 1980 à Dijon, expositions couvrant ses travaux depuis 1914.

Un long-métrage « Écoutez Claudot » (1979) lui a été consacré par Bernard Baissat et Tewfik Farès. http://bbernard.canalblog.com/archives/2013/01/01/26040291.html

Dans les années 1980, veuf, soufrant, il est accueilli par la famille Kontratoff, à Loeuilley.

Après son décès, son œuvre connut un certain succès en Chine.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article20083, notice CLAUDOT André [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 28 juillet 2017.

Par Jean Maitron

Tableau d’André Claudot acheté, en 2013,  23 mille euros par un collectionneur chinois.
Tableau d’André Claudot acheté, en 2013, 23 mille euros par un collectionneur chinois.

SOURCES : Interview d’André Claudot par M. Lévêque. — Rencontres entre Jean Maitron et André Claudot. — Le Monde, 17 juin 1982. — Le Réfractaire, novembre 1982. — [Le Bien public}, juin 2013. — Notes de Bernard Baissat.

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