CLAUDIUS-PETIT Eugène [PETIT Eugène, Pierre, dit]

Par Benoît Pouvreau

Né le 22 mai 1907 à Angers (Maine-et-Loire), mort le 24 octobre 1989 à Paris (IVe arr.) ; ouvrier ébéniste, puis professeur de dessin ; membre du comité directeur du mouvement Franc-Tireur ; membre fondateur du Conseil national de la résistance (CNR) ; député ; ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme (1948-1953) ; membre fondateur de l’UDSR.

Eugène Claudius-Petit
Eugène Claudius-Petit

Fils d’un employé des chemins de fer (mécanicien de locomotive aux chemins de fer de l’Anjou) d’origine charentaise et d’une angevine, Eugène Petit passa son certificat d’études à l’école des Cordeliers d’Angers, puis suivit les cours du soir à l’école Boulle et à l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris. Apprenti puis ouvrier ébéniste à Angers de 1919 à 1925, il y fut actif au syndicat CGTU du Bois, seul syndicat existant dans cette branche, de tendance anarcho-syndicaliste. Eugène Petit y côtoyait notamment François Bonnaud*, anarchiste, secrétaire du syndicat, avec lequel il se lia d’amitié.

Travaillant au Faubourg Saint-Antoine de 1927 à 1933, il fut un des dirigeants du syndicat CGT des ébénistes de la Seine, aux côtés de Charles Loizel*, avant la fusion de 1936. Eugène Petit devint professeur de dessin à La Courneuve et à Aubervilliers (Seine, Seine-Saint-Denis), puis titulaire au lycée Ampère à Lyon (Rhône) en 1934. Ancré à gauche mais également chrétien, il fut longtemps sympathisant, puis membre (1935) du mouvement Jeune République, actif tant au plan régional que national. Militant pour le Front populaire, il fut pacifiste et soutint les accords de Munich tout en approuvant le réarmement, rejoignant ainsi la majorité de la Jeune République.

Entré dans la Résistance, sous le pseudonyme de Claudius, il fut l’un des dirigeants du mouvement Franc-Tireur, puis des Mouvements unis de la résistance (MUR) pour la zone sud. Il siégea au premier Conseil national de la résistance et gagna Londres en octobre 1943. Délégué à l’Assemblée consultative d’Alger (1943-1944), il devint, en 1945, président du bureau politique du Mouvement de libération nationale. Député de la Loire aux Assemblées constituantes puis à l’Assemblée nationale (1945-1956), il participa activement à la loi sur les loyers, votée le 1er septembre 1948. Il fut l’un des fondateurs de l’Union démocratique et socialiste de la résistance (UDSR) en 1946, dont il fut président du groupe à l’Assemblée nationale en 1946-1947 puis en 1955.

Ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme (1948-1953), sous huit gouvernements, il favorisa l’industrialisation du bâtiment et prit les premières mesures d’aménagement du territoire. Eugène Petit fut ensuite ministre du Travail dans le cabinet Mendès France, de juin à septembre 1954. Il y établit l’échelle mobile des rentes des accidentés du travail, puis démissionna après la crise de la CED à laquelle il apportait son soutien. Maire de Firminy (1953-1971), où il fit travailler son ami Le Corbusier, conseiller général (1958-1970), il fut à nouveau député de la Loire de 1958 à 1962. Il fut également président de la SONACOTRA de 1957 à 1977. Vice-président de l’Assemblée nationale à plusieurs reprises, président du groupe Progrès et démocratie moderne, il fut réélu dans la Loire en mars 1967 puis en 1973 dans le XIVe arr. de Paris.

Membre de la LICRA, très actif dans le milieu associatif, Eugène Petit participa aux délibérations du Centre des démocrates sociaux (CDS) après sa retraite politique en 1978.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article20082, notice CLAUDIUS-PETIT Eugène [PETIT Eugène, Pierre, dit] par Benoît Pouvreau, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 21 mai 2014.

Par Benoît Pouvreau

Eugène Claudius-Petit
Eugène Claudius-Petit

SOURCES : Who’s Who. — Le Monde, 26 octobre 1989. — Libération, 26 octobre 1989. — Cl. Kroviarski, Problèmes de l’implantation du Parti communiste pendant l’entre-deux-guerres, 1919-1939, dans le XIe arr., mémoire de maîtrise, Paris I, CRHMSS, 1972. — Benoît Pouvreau, Eugène Claudius-Petit, un politique en architecture, DEA, Paris I. — DPF, 1940-1958, op. cit.. — Jean-Michel Steiner, Le PCF dans la vie stéphanoise (1944-1958). Communisme et anticommunisme dans une grande ville ouvrière pendant la IVè République. Thèse, Université de Saint-Étienne, 2005.

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