BOGUET Jean-Baptiste

Par Benoit Willot

Né le 11 décembre 1853 au Creusot (Saône-et-Loire), mort le 4 avril 1897 à Paris (IIIe arr.), tourneur, syndicaliste, militant socialiste-révolutionnaire à Joinville-le-Pont et à Paris.

Jean-Baptiste Boguet naquit dans une famille de mineurs ; son père était illettré.
Il s’installa à Paris, peut-être avant 1873, et exerça la profession de tourneur en cuivre. Il fut membre en 1876 du conseil de la chambre syndicale des ouvriers mécaniciens du département de la Seine. En août de la même année, il devint secrétaire de la commission d’enquête constituée pour examiner les candidatures pour faire partie du conseil des prud’hommes du département. Son mandat au conseil syndical est renouvelé en 1877. Il présida en avril une assemblée corporative des ouvriers mécaniciens, qui eut lieu à Saint Denis. En septembre 1880, il s’opposa, avec en particulier Paulard (est-ce Stylite Paulard, à la formation d’une nouvelle société de mécaniciens prônée par Jean Barberet. Lors de la Conférence internationale de Paris en octobre 1883, il fut délégué des mécaniciens. En août 1886, il fut toujours secrétaire de l’Union des ouvriers mécaniciens.
Parallèlement à son activité syndicale, Boguet s’engagea politiquement. Il fut en 1876, avec Bourgogne et Desplanches, délégué d’un comité ouvrier qui voulait faire prévaloir la candidature d’un ouvrier et qui fusionna avec deux autres comités républicains du 17e arrondissement. La même année, il lança une souscription pour l’envoi d’une délégation ouvrière à l’exposition universelle de Philadelphie qui rassemble 23 signataires.
En mars 1878, plusieurs groupements, dont l’assemblée des ouvriers mécaniciens sous la présidence d’Amand, décidèrent l’organisation d’un congrès ouvrier international pendant l’Exposition universelle. Boguet fut membre de la commission d’initiative pour la réception des délégués français et étrangers. Il participa également, avec Jules Guesde en particulier, à la commission de propagande.
Le congrès était prévu du 2 au 12 septembre. Il fut interdit verbalement, fin août, par la préfecture de police et le ministère de l’intérieur. Les organisateurs décident de maintenirent la rencontre sous forme de « réunion privée ». Ils démissionnent au profit d’un comité provisoire dont Jules Guesde étit le secrétaire et dont Boguet était membre. Il fait partie des 39 personnes poursuivies devant la 10e Chambre de police correctionnelle de Paris en octobre pour « association non autorisée » ; le délit d’affiliation à l’Internationale des travailleurs avait été envisagé, mais l’accusation y a renoncé. Jules Guesde fut chargé de la défense collective de 18 des prévenus qui se déclarèrent collectivistes révolutionnaires, dont Boguet. Parmi les personnes poursuivies, 36 furent condamnées, Boguet l’étant à 100 francs d’amende, Jules Guesde se voyant infliger six mois de prison et 200 fr. d’amende. En décembre, une commission fut formée « pour secourir les femmes et les enfants des condamnés ». — elle tint elle aussi une « réunion privée », qui fut également interdite.
Au congrès tenu au Havre, salle de l’Union lyrique, rue de Fécamp (1880), par les délégués de tendance collectiviste, Boguet représenta l’Union des mécaniciens de la Seine. Mais, à partir de la scission de 1882, il se rangea parmi les possibilistes. En 1890, il représenta les ouvriers mécaniciens de Paris au congrès de la FTSR à Châtellerault (Vienne) et dispose également de mandats de la chambre syndicale ouvrière des tourneurs-robinetiers et de celle des forgerons et frappeurs. Il fut membre de la commission des résolutions, avec notamment Prudent-Dervillers et Brousse. Boguet fut nommé membre du Comité national provisoire mais déclara qu’il « n’accepte que sous toutes réserves. »
Boguet s’installa à Joinville-le-Pont. En 1885, il fut secrétaire du comité ouvrier socialiste révolutionnaire, qui se réclama du parti ouvrier socialiste révolutionnaire. Il est candidat en 18e position sur 21 aux élections municipales en mai 1888, avec un autre membre du comité, Gustave Charton, sur la liste du comité électoral républicain radical-socialiste conduite par Alphonse Demeestère. — ni Charton ni Boguet ne figuraient parmi les trois élus au second tour de la liste. En 1887, il milita, aux côtés d’Henri Martinet, pour que les petits employés puissent, comme les ouvriers, bénéficier de tarifs à prix réduits sur les trains de banlieue vers Paris. En octobre 1889, il représente avec Duhamel (secrétaire) le parti ouvrier, dont il est le trésorier, au sein du comité de concentration qui patronne la candidature du radical-socialiste Jules-Ferdinand Baulard pour le second tour de l’élection législative dans la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux. Baulard fut élu face à un candidat boulangiste.
Boguet quitta Joinville, sans doute en 1890. Il mourut à l’âge de 43 ans. Il était alors domicilié 36, rue de Saintonge à Paris (IIIe arr.) et restait membre de l’Union des ouvriers mécaniciens. Jean-Baptiste Boguet avait épousé au Creusot en juillet 1887 une couturière, Jeanne Fourillon.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article200158, notice BOGUET Jean-Baptiste par Benoit Willot, version mise en ligne le 17 février 2018, dernière modification le 17 février 2018.

Par Benoit Willot

SOURCES : Arch. Dép. Saône-et-Loire (état-civil). — Arch. Dép. Paris (état-civil). — FTSR-POSR Compte rendu du Xe congrès national, tenu à Châtellerault, salle du Théâtre, du 9 au 15/10/1890, impr. A. Masson, Poitiers, 1891. — Le Rappel, quotidien., 1873-1890. — La Lanterne, quotidien, 1878-1897. — La Justice, quotidien, 1880-1889. — Revue politique et parlementaire, 1898. — La Revue socialiste, 1886. — Le Temps, quotidien, 1878. — Journal des débats, quotidien, 1878. — Le Petit Parisien, quotidien, 1878-1887. — Voix des communes, hebdomadaire, 1885-1889.

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