WILKOWSKI Jacob

Par Daniel Grason

Né le 18 mars 1881 à Varsovie (Pologne), mort à Auschwitz (Pologne) ; ouvrier en chaussures piqueur de tiges ; victime de l’antisémitisme.

Fils de Jacob et de Régine, née Winkelstein, il était marié et père de trois enfants. Depuis 1938 il habitait un logement de deux pièces cuisine au 108 boulevard de Ménilmontant à Paris (XXe arr.). Il exerçait la profession de piqueur de tiges chez Ramasse fabricant de chaussures au 56 rue Oberkampf (XIe arr.), il était titulaire d’une carte d’identité d’étranger délivrée par la Préfecture de police le 4 juillet 1939.
Le 28 février 1942 des policiers se présentèrent à son domicile et perquisitionnèrent. Dans une valise des tracts édités par le Parti communiste clandestin étaient découverts, ainsi que des tracts et brochures en allemand.
Interrogé, Jacob Wilkowski exprima sa surprise « J’affirme que j’ignorais la présence de ces tracts. »
Le matériel de propagande avait été apporté par Céline Josselevitz fille de Jacob. Il déclara qu’il ne l’avait pas vu depuis longtemps et qu’elle vivait en zone libre. Or, elle avait été arrêtée la veille et venait souvent au domicile de son père. Le commissaire qui dirigeait l’enquête en concluait que Jacob Wilkowski paraissait « être au courant de l’activité clandestine de sa fille. »
Le 23 mars 1942 entendu par un juge d’instruction, Jacob Wilkowski déclara qu’il n’avait jamais été membre du Parti communiste et ignorait que sa fille « avait repris de l’activité », quant aux tracts et brochures il avait été mis « une valise lui appartenant [à] son insu. » Une confrontation eut lieu avec sa fille Céline, elle confirma « Mon père ne partageait pas mes opinions et je m’étais bien gardée de le mettre au courant de mon activité, car il m’aurait sûrement désapprouvée. »
Jacob Wilkowski expliqua au juge d’instruction qu’il avait déclaré que sa fille était en zone libre parce qu’il pensait qu’elle était recherché en tant que juive. Le juge remarqua qu’il n’avait ni antécédents politiques, ni participé à une activité communiste, et concluait, il « semble devoir bénéficier d’un non-lieu. » Une enquête de voisinage de la police avait été communiqué au juge, Jacob Wilkowski était présenté « comme étant sérieux, de bonne moralité. » Dans ses conclusions le juge d’instruction écrivit tout de même qu’il pouvait être « inculpé d’infraction au décret du 26 septembre 1939 » réprimant l’activité communiste.
En raison du fait qu’il était Juif, Jacob Wilkowski a été interné au camp de Drancy. Le 21 août 1942 il était dans le transport n° 22 d’un millier de déportés à destination d’Auschwitz (Pologne), 892 furent gazés dès l’arrivée, 90 hommes et 18 femmes furent sélectionnés. Le 27 janvier 1945 l’armée Soviétique libérait le camp, du convoi n° 22, sept hommes de ce convoi avaient survécus aux épreuves.
Le nom de Jacob Wilkowski a été gravé sur le mur des noms au Mémorial de la Shoah rue Geoffroy-l’Asnier à Paris (IVe arr.).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article199915, notice WILKOWSKI Jacob par Daniel Grason, version mise en ligne le 7 février 2018, dernière modification le 7 février 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : AN Z/4/54. – Arch. PPo. GB 063. – Site internet CDJC.

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