CHAPELLE René, Marcel

Par Claude Delasselle

Né le 2 février 1920 à Le Pompidou (Lozère), mort en action le 24 août 1944 à Vézelay (Yonne) ; enseignant ( ?) ; résistant du maquis du « Loup ».

Stèle de Vézelay
Stèle de Vézelay

Nous ignorons pourquoi René Chapelle, originaire de la Lozère, se trouvait dans l’été 1944 en Bourgogne. Il faisait partie du maquis nivernais du « Loup », ainsi nommé du pseudonyme (« Le Loup ») de son chef, Georges Moreau, coiffeur à Clamecy. Celui-ci avait fondé dès 1943 un maquis opérant aux confins de la Nièvre et de l’Yonne, entre la région de Clamecy et celle d’Avallon.
Le 24 août 1944 au matin, une importante colonne motorisée allemande, comptant plusieurs dizaines de véhicules et renforcée par des automitrailleuses et des chars, avait déjà fait six morts en traversant les villages de Lainsecq et d’Étais-la-Sauvin (Yonne). Elle avait ensuite continué son chemin sur les routes de la Nièvre, par Clamecy et Dornecy, où elle s’était heurtée à un groupe du maquis nivernais « Camille », faisant trois morts parmi les maquisards. Puis elle était revenue dans l’Yonne en se dirigeant sur Vézelay par la route départementale 951 reliant Clamecy à Avallon. C’est sur cette route, à l’entrée de Clamecy, que le capitaine Georges Moreau, qui circulait en voiture avec trois de ses hommes, se trouva brusquement face à ce convoi. La voiture réussit à faire demi-tour et à s’échapper sous une grêle de balles et « Le Loup », de retour en direction de Vézelay, mobilisa plusieurs groupes de ses hommes pour rejoindre ceux qui se trouvaient déjà postés à Vézelay.
Un violent combat s’engagea en début d’après-midi entre les maquisards du « Loup », renforcés par un petit groupe FTP local, embusqués dans les chemins et les jardins dominant la route sinueuse menant à la colline de Vézelay, et trois automitrailleuses allemandes précédant le convoi. Les automitrailleuses allemandes, qui n’avaient pu être neutralisées par des tirs de bazooka, couvrirent par leur feu nourri le déploiement de nombreux soldats allemands, équipés de mortiers et de mitrailleuses, dans les fossés et les champs voisins de la route. Après plusieurs heures de combat, les maquisards, ayant plusieurs tués et blessés graves, furent obligés de se replier et de quitter Vézelay et se dispersèrent dans les bois et les fermes des environs. Les Allemands traversèrent alors le bourg dans la soirée, tuant deux civils et incendiant des maisons, puis continuèrent leur route en direction d’Avallon, où ils subirent de nouveaux accrochages près de Saint-Père-sous-Vézelay, à Fontette et surtout à Pontaubert.
René Chapelle fit partie des huit morts de ce combat. Son nom figure sur la stèle érigée au lieu-dit Le Poulinet, à la sortie de Vézelay au bord de la route de Clamecy, et sur le monument des déportés et fusillés de l’Yonne à Auxerre. Il figure également en Lozère, sur le monument aux morts de Cocurès (actuellement Bédouès-Cocurès) et sur la plaque commémorative apposée dans l’église de ce village. Il figure également sur deux plaques commémoratives, l’une se trouvant à l’intérieur du lycée Chaptal de Mende et l’autre à l’intérieur de l’IUFM de Mende, ce qui pourrait permettre de supposer que René Chapelle avait fait ses études au lycée de Mende et avait été élève de l’Ecole normale de Mende, puis peut-être enseignant dans cette ville. Il est titulaire de la mention « Mort pour la France ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article199817, notice CHAPELLE René, Marcel par Claude Delasselle, version mise en ligne le 4 février 2018, dernière modification le 4 février 2018.

Par Claude Delasselle

Stèle de Vézelay
Stèle de Vézelay

SOURCES : Robert Bailly, La Croix de Saint-André, Éd. ANACR-Yonne, 1983, pages 292-294. CDrom La Résistance dans l’Yonne, ARORY-AERI, 2004 (Jean-Claude Pers, notice Bataille de Vézelay). — Mémorial GenWeb.

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