PASQUET Pierre, Alexandre

Par Jean-Luc Labbé

Né le 23 décembre 1862 à Issoudun (Indre), mort en janvier 1909 ; tonnelier à Paris, vigneron et marchand de vin à Issoudun ; blanquiste puis socialiste autonome ; fondateur de « La Solidarité » en 1882 ; chroniqueur dans Le Prolétaire en 1898 ; candidat non élu aux élections municipales de 1904 ; président de la Ligue des droits de l’homme à Issoudun en 1908.

Fils d’un vigneron (ouvrier agricole) et d’une femme de ménage, Pierre-Alphonse Pasquet fit un apprentissage chez un artisan tonnelier et prit part à la création de La Solidarité, société de secours mutuels, où se retrouvèrent en 1882 les militants sympathisants blanquistes. Pierre-Alphonse Pasquet se maria le 30 avril 1883 à Issoudun avec Eugènie Jolivet, ouvrière couturière de 20 ans et elle-même fille d’un vigneron et d’une femme de ménage. Lors de son mariage à Issoudun, Pasquet était déjà « de fait domicilié à Paris », 36 rue des Cordelières dans le 13ème arrondissement.
Alors que le phylloxéra commençait à atteindre le vignoble issoldunois, Pasquet partit pour Paris vers la fin de l’année 1882 où, « presque illettré, il voulut conquérir une éducation et une instruction exceptionnelles pour un ouvrier … Proudhon fut son initiateur dans la métaphysique socialiste et les militants qui lisaient Séphonal [son pseudonyme] dans l’ancien journal socialiste Le Prolétaire ont pu apprécier son talent … Il développait les idées du maître malgré ses 18 heures de travail quotidien. De son aveu ce fut le meilleur temps de son séjour à Paris » (Source : La Bataille, janvier 1909).
Ouvrier tonnelier puis artisan à Paris, Pasquet donna son adhésion au Groupe d’études sociales qui se constitua vers 1890 à Issoudun. Vers 1902, « après 20 ans de séjour à Paris, Pasquet résolut de revenir au pays espérant vivre tranquille en cultivant ses vignes ce qui lui eut permis de donner davantage à la cause qu’il défendait. Malheureusement une déception l’attendait : il s’aperçut très vite que chez nous la vigne est ingrate et que son rapport ne répondait pas à ses besoins. C’est ainsi qu’il songea à ajouter à la production le commerce de gros. Malgré les difficultés il redoubla d’efforts et était arrivé à fonder une maison qui répondait à toutes ses espérances ».
Ce fut dans cette position de petit vigneron propriétaire et marchand de vin en gros (domicilié rue de Rome) que Pasquet fut candidat sur la liste de la Fédération socialiste autonome conduite par le maire sortant Bonjour-Perrochon ; il ne fut pas élu, comme aucun de ses colistiers, puisque Jacques Dufour, député du Parti socialiste révolutionnaire, reprit la mairie qu’il avait laissée en 1899. Lorsque Pasquet décéda en 1909 il était président de la section locale de la Ligue des droits de l’homme, membre de la fédération socialiste autonome et de la Libre Pensée.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article198424, notice PASQUET Pierre, Alexandre par Jean-Luc Labbé, version mise en ligne le 22 décembre 2017, dernière modification le 22 décembre 2017.

Par Jean-Luc Labbé

SOURCES : Arch. Dép. Indre, résultats électoraux. – Journal La Bataille, 9 janvier 1909. – Etat civil.

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