PERRON Jules [Dictionnaire des anarchistes]

Par Anthony Lorry, Rolf Dupuy, Dominique Petit

Né le 9 août 1862 à Saint Denis. Teinturier ; journalier. Anarchiste de Saint Denis (Seine Saint Denis)

Jules Perron, qui dans sa jeunesse avait été enfermé pour vol dans une maison de correction jusqu’à ses vingt ans (jugement rendu par la Chambre de Paris le 17 août 1878), habitait 32, cours Ragot à Saint-Denis, et exerçait la profession de teinturier.
Dès 1894, il militait au groupe anarchiste de Saint-Denis et avait été inscrit au fichier Bertillon en mars. Sa spécialité consistait à distribuer, avec sa femme, des manifestes et des placards pour la propagande.
Le 1er janvier 1894 il avait été l’objet d’une perquisition où la police avait saisi un volumineux paquet d’imprimés, livres, journaux, placards et brochures, la plupart reçus de Londres, mais avait été laissé libre.
Le 16 mars suivant il fut à nouveau perquisitionné sans résultat et mis en état d’arrestation.
Au printemps 1895, selon le rapport d’un indicateur, il pratiquait "toujours un peu le vol" avec sa compagne et leurs deux enfants et s’occupait également de diffuser à Saint Denis La Sociale de Pouget et Les Temps Nouveaux de Grave.
En 1896, il participa avec Louis Grandidier à une tentative pour créer un journal anarchiste de la banlieue Nord.
En mars 1898, il fit une causerie, lors d’une soirée familiale, avec Grandidier pour Les
Egaux
, groupe libertaire d’études sociales de Saint-Denis, salle Giloppé.
Langlois, Brunet, Murmain et Perron avaient développé les idées anarchistes lors d’une réunion organisée à Aubervilliers, en mai 1898 . Tous affirmèrent la nécessité d’une révolution pour transformer l’état social et la réunion s’était terminée par des chants révolutionnaires en guise d’ordre du jour.
En septembre 1898, Perron participa réunion publique et contradictoire, avec Prost, Salle Alexis, route d’Aubervilliers, à Saint-Denis sur Les crimes du militarisme ; Le désarmement et ses conséquences.

Après sa participation à la « Coalition révolutionnaire de Saint-Denis », qui rassembla anarchistes et allemanistes dreyfusards durant l’Affaire, il passa à la politique. En 1899, il fut délégué au congrès de la salle Japy par le comité socialiste-révolutionnaire du Bel-Air de Saint-Denis, affilié à la F.S.R. et désigné comme candidat dans la deuxième circonscription électorale de cette ville.
Perron figurait sur les listes et états d’anarchistes 1900-1912 (dossier n° 327.035), et demeurait 4 rue Baudet à Saint-Denis.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article198252, notice PERRON Jules [Dictionnaire des anarchistes] par Anthony Lorry, Rolf Dupuy, Dominique Petit, version mise en ligne le 17 décembre 2017, dernière modification le 17 décembre 2017.

Par Anthony Lorry, Rolf Dupuy, Dominique Petit

SOURCES :
Arch. P. Po : Ba 80, rapports « Cossé » du 18 mai et « Finot » du 26 juin 1896 ; Ba 1500, « liste et états des anarchistes », fiche individuelle Perron. — Le Libertaire n° 120 du 13 au 20 mars 1898 — Les Temps nouveaux 12 mars, 28 mai, 10 septembre 1898 — Arc. Nat. F7/12508 — L’Eclair, 17 mars 1894 — Anarchiste de la banlieue Nord de Paris de Anthony Lorry.

ICONOGRAPHIE : Metropolitan museum of art. Alphonse Bertillon. Albumens silver prints. Photographs.

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