VOGELSANG Karl (Baron de)

Né le 3 septembre 1818 à Liegnitz (Mecklembourg) ; mort accidentellement le 8 novembre 1890 à Vienne ; journaliste et théoricien social.

Né dans une famille protestante de propriétaires terriens, Karl von Vogelsang fit des études de droit et de sciences politiques à Bonn, Rostock et Berlin. Il se convertit au catholicisme à trente ans et quitta le Mecklembourg en 1850. Il se rendit à Berlin, où il entra en relations avec Mgr Wilhelm Emanuel von Ketteler, plus tard évêque de Mayence, puis à Munich, où il fréquenta le cercle Eos animé par Gœrres ; il se lia à Cologne avec Franz von Florencourt, protestant converti, fondateur et directeur du journal antilibéral Politische Wochenschrift (Hebdomadaire politique). En 1864, sur l’insistance du prince Johann von Liechtenstein, il vint à Vienne et, après avoir vendu ses biens, s’installa dans les environs de la capitale. Devenu journaliste, il prit en main, en 1875, la rédaction du journal catholique conservateur Vaterland (Patrie), fonda en 1879 l’Œsterreichische Monatsschrift für Gesellschaftwisserischaft (Mensuel autrichien de sciences sociales) et plus tard l’Œsterreichische Monatsschrift für Christliche Sozialreform (Mensuel autrichien pour la réforme sociale chrétienne). Ses tâches journalistiques l’empêchèrent d’exposer ses idées dans un grand ouvrage, mais un recueil de ses articles fut publié de son vivant. Toutefois ce ne fut qu’après sa mort que ses écrits de politique sociale furent réunis et firent apparaître son système scientifique. En 1888, ses amis catholiques célébrèrent ses soixante-dix ans par une fête populaire. Ses théories sociales attirèrent vers lui des gens comme Albert Gessmann, Leopold Kunschak et Karl Lueger, qui donnèrent au Parti chrétien-social un essor inespéré en cette période libérale de la fin du siècle. Ses thèses furent reprises avec quelques modifications dans l’encyclique Rerum Novarum, qui de 1934 à 1938 fut l’objet de discussions particulièrement vives en Autriche.
Vogelsang fut le maître à penser et, suivant l’expression de Karl Lueger, le « père » du mouvement chrétien-social en Autriche. Il mourut à la suite d’un accident de la circulation, à Vienne, le 8 novembre 1890.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article197753, notice VOGELSANG Karl (Baron de), version mise en ligne le 23 avril 2019, dernière modification le 15 avril 2019.

ŒUVRE PRINCIPALE : Die Grundbelastung und Entlastung, eine sozialpolitische These, (Charge et décharge foncière, une thèse sociopolitique), Vienne, 1879. — Die Notwendigkeit einer neuen Grundentlastung (La Nécessité d’un nouveau dégrèvement foncier), Vienne, 1880. — Die Sozialpolitische Bedeutung der hypothekarischen Grundbelastung (La Signification socio-politique des hypothèques foncières), Vienne, 1881. — Die Konkurrenzfähigkeit in der Industrie (La Compétitivité dans l’industrie), Vienne, 1883. — Gesammelte Aufsätze über sozialpolitische und verwandte Themata, Zins und Wucher (Recueil d’écrits sur des thèmes socio-politiques et assimilés, intérêts et agios), Vienne, 1884. — Die Konsolidierung des Bodenwertes (La Consolidation de la valeur foncière), Vienne, 1889.

SOURCES : Wiahard Klopp, Die sozialen Lehren des Freihern von Vogelsang (La Doctrine sociale du Baron de Vogelsang), Sankt Pœlten, 1894. — W. Klopp, Das Leben und Wirken des Sozialpolitikers K. Freiherr von Vogelsangs (La Vie et l’œuvre de Vogelsang, socio-politicien), Vienne, 1930, 479 p. — Die Sozialen Lehren, Grundzüge einer Katholischen Gesellschafts-und Volkswirtschaftslehre nach Vogelsangs Schriften (Les Doctrines sociales ; éléments d’une doctrine sociale et économique d’après les écrits de Vogelsang), Vienne, 1938. — J. Ch. Allmeyer-Beck, Vogelsang vom Feudalismus zur Volksbewegung, (Vogelsang, du féodalisme au mouvement populaire), Vienne, 1952. 192 p. — Gertrude Schmidt, Die Entwicklungsgeschichte der Christlichen Volksbewegung Œsterreichs von 1875 bis 1891 (Histoire du développement du mouvement populaire chrétien en Autriche de 1875 à 1891), thèse inédite, Vienne, 1938.

Version imprimable Signaler un complément