STEINHARDT Karl. Pseudonyme : Gruber

Par Georges Haupt

Né le I" août 1875 ; mort le 21 janvier 1963 à Vienne ; typographe ; fondateur du Parti communiste autrichien ; un des fondateurs de l’internationale communiste ; maire-adjoint de Vienne en 1945.

Apprenti typographe, Steinhardt adhéra en 1891 au Parti social- démocrate. Son compagnonnage le mena dans le monde entier et il travailla notamment comme imprimeur sur de grands paquebots. Il vécut pendant des années à Hambourg et milita dans le mouvement social- démocrate allemand. Steinhardt retourna à Vienne en octobre 1913 et devint le dirigeant du groupe de Simmering de l’Association des jeunesses ouvrières. En raison de son âge, il parvint à se soustraire à la mobilisation lors de la Première Guerre mondiale. Il déploya alors une activité internationaliste, entra en conflit avec la direction de l’organisation du parti à Simmering et fut exclu en 1916 des rangs de la social-démocratie. Il organisa un petit « groupe communiste » sans audience. En 1918, il entra en contact avec Elfriede Friedländer (Ruth Fischer) et c’est sur leur initiative que fut fondé, le 3 novembre 1918, le Parti communiste autrichien. Au premier congrès, tenu en février 1919, Steinhardt fut élu au Comité directeur et chargé des fonctions de secrétaire général. Mandaté par son parti, il quitta Vienne le 13 février 1919 pour se rendre clandestinement à Moscou sur invitation de Lénine, à la conférence internationale convoquée pour le 2 mars qui allait devenir le congrès de fondation de la IIIe Internationale. Arrivé après l’ouverture, à la fin d’un voyage aux multiples péripéties, il joua un rôle important sous le nom de Gruber. Ce fut lui qui, après un entretien avec Lénine, présenta à la séance décisive du 4 mars la motion demandant la création de l’internationale communiste et il prononça un discours qui devait emporter la décision. Il fut alors élu au Comité exécutif de onze membres. A son retour de Moscou, il fut arrêté le 30 août à la frontière par les soldats roumains. Accusé d’espionnage, il fut emprisonné et ne parvint à rentrer à Vienne que le 20 janvier 1920. Il retourna à Moscou quelques mois plus tard pour participer au IIe congrès du Komintern. Il fut réélu au Comité exécutif et fit partie de la délégation qui participa, à Bakou, au congrès des peuples d’Orient. Pendant de longues années, Steinhardt fit partie de la direction du Parti communiste autrichien où il jouissait d’un grand prestige sans toutefois exercer un rôle réel. Au lendemain de l’Anschluss, en mars 1938, il fut arrêté pendant quelques jours par la Gestapo. Il fut de nouveau arrêté en 1943 et libéré après une courte détention. Le 14 avril 1945, après l’entrée des troupes soviétiques à Vienne et la constitution d’une nouvelle municipalité, il fut nommé troisième adjoint chargé de l’organisation des services sociaux de la capitale.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article197724, notice STEINHARDT Karl. Pseudonyme : Gruber par Georges Haupt, version mise en ligne le 23 avril 2019, dernière modification le 10 avril 2019.

Par Georges Haupt

ŒUVRE : Manuscrit inédit : Lebenserinnerungen (Souvenirs), Collection Herbert Steiner.

SOURCES : Menschen des Volkes. Biographien von Spitzenkandidaten der Kommunistischen Partei Œsterreichs (Hommes du peuple. Biographies de dirigeants du Parti communiste autrichien), Vienne, 1945. — Hans Hautmann, Die Anfänge der linksradikalen Bewegung und der K.P.Œ., 1916-1919 (Les Débuts du mouvement d’extrême- gauche et du P.C. autrichien), Vienne, 1970.

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