STAUD Johann

Par Bruno Sokoll

Né le 22 mai 1882 à Rohozna-Poliska en Bohême ; mort au camp de concentration de Flossenburg en 1939 ; leader syndicaliste chrétien.

Fils de paysans pauvres, Johann Staud fréquenta l’école primaire et le cours complémentaire, puis alla s’installer à Vienne où il adhéra au mouvement ouvrier chrétien alors dirigé par Karl Lueger et Leopold Kunschak. Il joua un rôle important en tant que président des syndicats chrétiens au temps de l’Etat corporatiste sous les chanceliers Dollfuss et Schuschnigg, de 1934 à 1938.
En dépit de l’autoritarisme du régime de Dollfuss, Staud, personnalité marquante, défendit des positions démocratiques, notamment au moment du soulèvement de février 1934, plus tard également, quand, sur le modèle d’Hitler en Allemagne, Dollfuss eut dissous toutes les organisations ouvrières. Le mouvement syndical chrétien-social eut, lui aussi, à souffrir de la fondation par le gouvernement du syndicat unique, malgré la résistance des représentants ouvriers chrétiens Staud, Kunschak et Hemala. Cependant, Staud fut, en 1934, nommé président du nouveau syndicat unique, monté par le gouvernement Dollfuss. En tant que tel, il fut également président de la Chambre des ouvriers et employés de 1934 à 1938. Partisan de l’Encyclique Quadragesimo anno, il se distinguait, malgré ses fonctions officielles, par son opposition à la « Heimwehr » dont il combattait les tendances fascistes.
Président et dirigeant fédéral du « Freiheitsbund » (Ligue de la liberté), organisation catholique armée, il tenta de rallier les anciens militants des syndicats libres aussi bien au Freiheitsbund qu’au syndicat unique. Ses adversaires disaient de son organisation qu’elle était un « nid de bolchéviks. » Le ministre des Affaires sociales Neustädter-Stürmer suspendit Staud, le 1er juin 1935, de la présidence du syndicat unique et le remplaça par Znidaric, un membre de la « Heimwehr », proche du national-socialisme. Mais Znidaric mourut la même année et Staud fut de nouveau nommé président.
La situation empirant et la menace d’une invasion de l’Autriche par l’Allemagne étant de plus en plus claire, les socialistes clandestins tentèrent d’intervenir dans le destin de leur pays. Mais Staud, désireux de ne pas perdre de son influence dans le syndicat, fit échouer les négociation ouvertes en vue d’accorder l’égalité des droits aux organisations socialistes clandestines, alors même que les troupes hitlériennes, le 11 mars 1938, envahissaient le pays.
Johann Staud fut victime de la terreur hitlérienne. Il fit partie du premier convoi pour le camp de concentration de Dachau en avril 1938 et mourut au camp de Flossenburg en 1939.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article197722, notice STAUD Johann par Bruno Sokoll, version mise en ligne le 23 avril 2019, dernière modification le 10 avril 2019.

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