SEIDL Amalia [née RYBA]

Née le 21 février 1876 à Vienne, morte le 11 mai 1952 à Vienne ; pionnière et dirigeante du mouvement social-démocrate des femmes.

Amalia était le seizième enfant d’un compagnon serrurier. Elle survécut dans des conditions difficiles : treize de ses frères et sœurs moururent en bas âge. Tout en allant à l’école elle devait gagner un peu d’argent et se livrait à de petits travaux de couture. A quatorze ans, elle fut placée comme bonne. Après sa dure journée de travail, elle avait encore le goût et la force de lire, mais sa patronne trouvait cela extravagant et elle lui retira sa lampe à pétrole. Elle préleva alors sur son salaire de quoi acheter des bougies. Avant de quitter la maison familiale, elle avait pris l’habitude de lire le journal syndical auquel son père était abonné ; elle continua également à profiter de ses moments de liberté pour fréquenter les réunions politiques. Alors qu’elle n’avait que dix-sept ans, elle déclencha une grève dans un atelier d’apprêt qui occupait sept cents femmes.
En 1892, Amalia Ryba adhéra à l’Association d’éducation ouvrière de Gumpendorf (Vienne). Le 1er mai 1893, elle prit la parole au cours d’une réunion de teinturiers, animée par le désir de suivre les traces .de la propagandiste socialiste Anna Boschek. Le programme électoral de la social-démocratie revendiquait le droit de vote pour les femmes. Afin de sensibiliser celles-ci à cette exigence, un grand meeting fut organisé le 1er octobre 1893, sous la présidence de Adelheid Popp, assistée de Lotte Glas et d’Amalia Ryba. Les femmes adoptèrent une résolution par laquelle, outre le suffrage universel, elles réclamaient le droit de vote pour elles-mêmes. La police intervint et les présidentes de la réunion publique furent arrêtées. Amalia Ryba fut condamnée à trois semaines de prison — qu’elle purgea en février 1894. La prison, loin dé briser son dévouement, l’incita à se donner plus encore à la cause des ouvrières. Elle devint secrétaire de l’Association de lecture et de discussions « Libertas » fondée le 25 décembre 1893.
En 1895, Amalia Ryba épousa Richard Seidl dont elle eut trois enfants. Ce n’est qu’en 1900 qu’elle put reprendre son activité militante. Elle s’éleva, au sein de l’union électorale de Margareten (Ve arr. de Vienne), contre l’injustice qui frappait les femmes à commencer par l’interdiction qui leur était faite d’adhérer à un parti politique.
Pendant la Première Guerre mondiale, elle réclama constamment une aide plus grande pour les familles touchées par la guerre. Le 12 novembre 1918 apporta aux femmes l’égalité des droits et, avec onze autres candidates, Amalia Seidl entra au Conseil municipal de Vienne, puis en février 1919, elle fut élue à l’Assemblée nationale et siégea de 1920 à 1934 au « Nationalrat » (Conseil national) où elle s’occupa principalement de la santé publique et des affaires sociales. On lui doit en grande partie la loi sur la protection de la jeunesse.
Député socialiste, elle fut arrêtée en février 1934 par la police de Dollfuss et, en août 1944, par la Gestapo. Après le rétablissement de la République, âgée et éprouvée, elle ne put reprendre ses activités militantes. Elle mourut le 11 mai 1952 à Vienne.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article197707, notice SEIDL Amalia [née RYBA], version mise en ligne le 23 avril 2019, dernière modification le 9 avril 2019.

SOURCES : Die Unzufriedene (La Mécontente), organe du mouvement féminin social-démocrate. — Arbeiter-Zeitung (Journal des Travailleurs). — Werk und Widerhall. Grosse Gestalten des œsterreichischen Sozialismus (L’Œuvre et son écho. Grandes personnalités du socialisme autrichien), édité par Norbert Leser, Vienne, 1964.

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