SCHWARZINGER Johann et Josef

Par Claudie Weill

Johann (1846-1928 ?) et Josef furent des pionniers de la social-démocratie autrichienne.

Les frères Schwarzinger Johann et Josef furent deux dirigeants importants du mouvement ouvrier autrichien naissant et commencèrent à militer vers 1870. Johann, né en 1846, adhéra à l’association d’éducation ouvrière de Vienne ; il fut poursuivi en justice pour avoir prononcé un discours social-démocrate à Munich, mais il fut amnistié en même temps que les condamnés du procès de haute trahison en 1871. Son frère Josef, typographe comme lui, adhéra au comité de soutien des prisonniers du procès pour haute trahison dirigé par Heinrich Scheu et fut ainsi l’un des signataires du télégramme de solidarité envoyé à Léo Frankel à l’occasion de la proclamation de la République française en septembre 1870. Dans les luttes entre Andreas Scheu et Oberwinder, ils se rangèrent du côté des « radicaux » et signèrent la déclaration du 15 mars 1873 demandant le retrait d’Oberwinder de la rédaction du Volksswille (Volonté du peuple). L’année suivante, Johann rédigea le projet d’organisation du parti, proposé au congrès de Neudœrfl. Il joua un rôle important dans toutes les assises qui suivirent. On le retrouve aux côtés de Kaler-Reinthal lorsqu’il s’agit d’organiser les rencontres de Marchegg (1875) et Wiener-Neustadt (1876). Johann fut le premier social-démocrate autrichien que connut Kautsky qui le considérait, au même titre que son beau-frère Bardorf, comme l’un de ses maîtres. Au début de 1876, il s’installa à Wiener-Neustadt pour prendre la succession de Robert Wagner à la rédaction de l’organe des « radicaux », Gleichheit (Egalité) après le départ d’Andreas Scheu, avec notamment Reinthal et son frère Josef. Ils assumaient ainsi la direction du mouvement. Lors de la réunion de Vienne en juin 1877, Josef s’opposa à Kaler-Reinthal qui voulait rédiger un programme qui n’exposât pas le mouvement à des poursuites judiciaires. Lorsqu’en 1878 fut décidée la fusion de la rédaction du Sozialist et du Gewerkschafter (Le Syndicaliste), Johann Schwarzinger fut nommé administrateur des deux journaux — il succéda à nouveau à Robert Wagner à la rédaction — alors que son frère Josef n’y collaborait que de façon intermittente. En 1878, lors d’un procès de presse intenté au Sozialist, il fut condamné à un an de prison ferme. S’il était optimiste sur l’avenir du mouvement ouvrier autrichien et sur les perspectives d’unification, il s’opposa à ce que le journal Gleichheit de Most fût déclaré organe du parti en 1880. La même année, il se rendit à Zurich pour collaborer à la partie, autrichienne de l’organe de la social-démocratie allemande, Sozial-Demokrat Mais il n’y resta que fort peu de temps. Se rapprochant de plus en plus des « modérés » et de son beau-frère Bardorf, il fut, en 1885, lors des lois d’exception, candidat du syndicat des typographes. Johann Schwarzinger mourut vers 1928.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article197705, notice SCHWARZINGER Johann et Josef par Claudie Weill, version mise en ligne le 23 avril 2019, dernière modification le 9 avril 2019.

Par Claudie Weill

ŒUVRE : Josef Schwarzinger, Die neue Gewerbeordnungsnovelle kritisch beleuchtet (Le nouvel amendement au code industriel et commercial à la lumière de la critique), Vienne, 1887, 40 p.

SOURCES : Karl Kautsky, Erinnerungen und Erœrterungen (Souvenirs et explications), La Haye, 1960. — Victor Adler, Briefwechsel mit August Bebel und Karl Kautsky (Correspondance avec August Bebel et Karl Kautsky), Vienne, 1954. —Herbert Steiner, Die Arbeiterbewegung Œsterreichs 1867-1889 (Le Mouvement ouvrier d’Autriche 1867-1889), Vienne, 1964.

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