NEUMAYR Ludwig

Par Claudie Weill

Né le 9 novembre 1841 à Wiener-Neustadt (?), mort(?) à Neunkirchen (?). Pionnier du mouvement social-démocrate à Wiener-Neustadt.

Après le lycée, Ludwig Neumayr fit pendant quelques semestres des études de droit à l’Université. Par la suite, il devait travailler dans des bureaux d’avocats ou chez des notaires. Il semble que son activité politique ait débuté en 1868. En 1869 et 1870, il joua un rôle de premier plan dans le mouvement ouvrier de Wiener-Neustadt : il fut membre du Comité directeur de l’association d’éducation ouvrière de la ville, le promoteur de l’association générale ouvrière d’assurance-maladie et invalidité, le co-fondateur et le président de l’association politique « Gleichheit » (Egalité), le propagandiste des premières associations professionnelles de la première coopérative de production de Wiener-Neustadt, de la première coopérative ouvrière de consommation. Il fut en outre rapporteur à l’association d’éducation ouvrière de Vienne où il fit des conférences.
Délégué de Wiener-Neustadt au congrès de la social-démocratie allemande à Eisenach en août 1869, il ne s’y manifesta pas particulièrement, mais s’efforça à son retour de mettre en application les résolutions du congrès. C’est ainsi qu’il demanda en vain l’autorisation de fonder à Wiener-Neustadt une association ouvrière social-démocrate. Membre de l’Association Internationale des Travailleurs et correspondant assidu de Johann Philipp Becker, responsable de la section de langue allemande de l’internationale, il fut délégué à son IVe congrès à Bâle du 6 au 11 septembre 1869 et y apparut comme un partisan de Bakounine. A l’issue du congrès, il séjourna encore pendant un mois à Bâle.
Adversaire d’Oberwinder aussi bien sur la question sociale que sur celle de la coalition avec les libéraux, il fonda en janvier 1870 un organe social-démocrate à Wiener-Neustadt, Die Gleichheit (l’Ëgalité), qu’il mit à la disposition de l’internationale. Au printemps de 1870, il bénéficia d’un non-lieu lors du procès de presse qui lui fut intenté devant le tribunal militaire de Wiener-Neustadt. En septembre 1870, il passa une nouvelle fois en justice, vraisemblablement pour la même raison. Pacifiste et internationaliste, il se lança en mars 1871 dans une virulente campagne contre la guerre. Puis il quitta Wiener-Neustadt pendant une brève période. Il semble qu’il ait été victime au printemps de 1871 d’une dépression nerveuse qui fut l’occasion d’une campagne de calomnies orchestrée par les partisans d’Oberwinder et Oberwinder lui-même. En 1873, il reprit son activité professionnelle à Wiener-Neustadt et tenta de s’affilier à la tendance radicale d’Andreas Scheu. Toutefois, Johann Philipp Becker lui interdit toute activité politique, craignant que son action ne soit plus nuisible qu’utile au mouvement ouvrier en Autriche. Dix ans plus tard, il voulut reprendre contact avec le mouvement social-démocrate et demanda à Becker la levée de l’interdiction. On ignore la date et le lieu de sa mort.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article197600, notice NEUMAYR Ludwig par Claudie Weill, version mise en ligne le 23 avril 2019, dernière modification le 26 mars 2019.

Par Claudie Weill

SOURCES : Klausjürgen Miersch, « Ludwig Neumayr. Ein Funktionär der « ersten Stunde ». Sozialdemokrat und Agitator der Ersten Internationale » (L. Neumayr. Un militant de la « première heure », Social-démocrate et propagandiste dé la Première Internationale), Archiv, XI, 1971, n° 1.

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