CÉLIÉ Henri

Par Michel Gorand

Né le 6 janvier 1954 à Akbou (Algérie) ; agent de bureau puis permanent syndical puis agent Mouvement voyageurs (AMV) ; secrétaire général de l’UPR-CFDT de Paris-Sud-Est (1982-1986) ; secrétaire fédéral des cheminots CFDT (1986-1995) ; co-fondateur et secrétaire fédéral de SUD-Rail (1996-2003) ; membre du conseil d’administration de la SNCF depuis octobre 2005.

À l’issue de ses études secondaires, qu’il interrompit quelques mois avant le baccalauréat, Henri Célié exerça différentes activités, y compris en entreprise routière, puis entra à la SNCF comme agent de bureau (AEBU) à Villeneuve-Saint-Georges en février 1973. En septembre, il se syndiqua à la CFDT puis, à partir de 1974, il fut élu au bureau de l’Union locale CFDT, chargé du soutien à la création des journaux de sections syndicales. Dans les années 1970, il participa à diverses actions de soutien, notamment au Larzac et à Lip. Libertaire, il s’exprimait alors dans Rail enchaîné.
Aux élections professionnelles de 1975, il fut élu et siégea au comité mixte d’établissement du triage de Villeneuve-Saint-Georges. À partir de 1977, il fut élu et siégea au bureau du syndicat des cheminots CFDT de Villeneuve ainsi qu’au comité départemental de l’UD-CFDT du Val-de-Marne. Suite aux élections professionnelles du 12 février 1981, où la CFDT obtint au Transport et Commercial (TC) 26,8 % des suffrages exprimés et trois élus dans le premier collège, Henri Célié siégea au comité mixte professionnel (CMPTC).
Lors de l’expérience des 324 comités d’entreprise à la SNCF (1984-1985), il fut secrétaire adjoint du CE Exploitation de Villeneuve-Saint-Georges où la CFDT était majoritaire. Il était alors membre d’une commission confédérale sur les transports de matières dangereuses et le CE de Villeneuve avait eu recours à des expertises sur la radioactivité des wagons transporteurs. Il fut élu secrétaire général de l’UPR-CFDT de Paris-Sud-Est en 1982 et il demeura à cette responsabilité jusqu’en 1986.
Lors du congrès de Lamoura des 13-16 octobre 1986, il fut élu au secrétariat des cheminots CFDT comme responsable du Groupe technique national du Transport et Commercial. L’année suivante, il devint permanent syndical et fut également chargé, au sein du secrétariat, du journal Le Cheminot de France et de formation syndicale. Il participa à tous les congrès de cheminots et de la Fédération générale des Transports et de l’Équipement (FGTE) CFDT depuis celui de 1976 de La Grande-Motte jusqu’à celui de 1993 à Cauterets, ainsi qu’aux congrès confédéraux de 1976 (Annecy) à 1982 (Metz). Lors de ce congrès de Metz, il participa, avec Michel Desmars, à la mise en place de « forum » des syndicats CFDT en opposition à la ligne confédérale. Il participa régulièrement jusqu’à 1995 aux réunions de « forum » au titre de l’UD-Val-de-Marne. Dans cette période, il participa également aux revues Résister puis, à partir de 1987, à Collectif, qui rassemblaient des militants de la CFDT et d’autres organisations syndicales.
Henri Célié fut élu au secrétariat de la FGTE-CFDT lors du 6e congrès de Cauterets les 24-26 mai 1993. Lors du collectif cheminots du 21 décembre 1995, et de l’assemblée FGTE du 6 janvier 1996, l’UPR de Paris-Sud-Est affirma son désaccord avec les positions confédérales sur la réforme de la Sécurité sociale. À la suite de la manifestation de décembre 1995 où Nicole Notat, secrétaire générale de la CFDT, fut « chahutée » et d’une réunion syndicale de la région parisienne où elle fut à nouveau critiquée, une procédure de suspension des syndicats de cheminots de Paris-Sud-Est et Paris-Saint-Lazare fut mise en route. Lors du conseil national CFDT du 24 janvier 1996, la demande de congrès confédéral extraordinaire fut rejetée à plus de 80 % des voix. Deux jours plus tard, le 26 janvier 1996, en congrès extraordinaire à Créteil, le syndicat CFDT des travailleurs du Rail de Paris-Sud-Est vota, presque à l’unanimité (120 mandats sur 128) le départ de la CFDT.
En prenant ses distances avec la CFDT, Henri Célié reprit du service à la SNCF à Villeneuve-Saint-Georges en janvier 1996. À tout ceci s’ajoutait la proximité des élections professionnelles de mars 1996. Au sein du syndicat de Paris-Sud-Est (ce syndicat recouvrant la région de Paris-Sud-Est) Henri Célié participa à la création de Sud-Rail et fut membre du bureau provisoire. Aux élections profesionnelles suivantes de 1996, la CFDT passa de 29 % à 3 % sur Paris-Sud-Est et de 27,7 % à 20,6 % (tous collèges confondus au niveau des CE) pour l’ensemble de la SNCF.
Au premier congrès de Sud-Rail en 1997 à Lyon, Henri Célié présenta le rapport d’activités et fut élu au bureau fédéral. Il siégea également au conseil national de « Solidaires » (group des dix) avant de devenir membre du bureau national « Solidaires » en 1999, où il s’occupa d’action juridique et de formation syndicale. Agent mouvement voyageurs (AMV) au triage de Villeneuve, il fut chargé de l’encadrement des salairés « emplois-jeunes » de la banlieue, de 2000 à 2003. À cette date, il fut muté au triage de Saint-Jory près de Toulouse (Haute-Garonne). Henri Célié quitta alors ses fonctions au bureau fédéral de Sud-Rail et au bureau de « Solidaires ».
Aux élections pour le conseil d’administration de la SNCF en 2003, il se présenta en 2e de liste de Sud-Rail qui obtint 13,40 % des voix et un élu, pour la première fois. À mi-mandat, il remplaça Joëlle Pierré et il siège au CA de la SNCF depuis octobre 2005. Il est par ailleurs membre d’ATTAC et de son groupe de travail Transports.
Henri Célié est de tendance libertaire comme sa compagne, avec laquelle ils ont deux enfants.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article1976, notice CÉLIÉ Henri par Michel Gorand, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 1er avril 2012.

Par Michel Gorand

SOURCES : Arch. CFDT. — Le Monde, 27 janvier 1996. — Le Fer Peinard, n°1, 1996 (supplément). — Correspondance avec le militant, 2006.