KUNSCHAK Léopold

Par Bruno Sokoll

Né et mort à Vienne : Il novembre 1871 - 13 mars 1953 ; fondateur du mouvement ouvrier chrétien.

Orphelin de père, Léopold Kunschak, dont la mère était concierge et faisait des ménages, apprit le métier de sellier et travailla jusqu’en 1900 au service des chemins de fer. Il connut donc personnellement la condition ouvrière des années 1880-1890. En 1889, il participa à la manifestation des receveurs de tramways qui avaient entrepris une grève pour obtenir la diminution de dix-huit à douze heures de la journée de travail. Il fut arrêté.
Kunschak rassembla autour de lui un cercle d’ouvriers chrétiens qui partageaient ses opinions et créa, en 1892, la première Association des travailleurs chrétiens. Il édita pour l’Association la revue Freiheit (Liberté) qui, sous le titre Christlichsoziale Arbeiter Zeitung (Journal des travailleurs chrétiens-sociaux) allait devenir, en 1900, un organe du Parti chrétien-social et paraître chaque semaine sans interruption jusqu’en 1933, sous sa direction.
Kunschak fut influencé par Vogelsang et partageait les idées de Karl Lueger et autres théoriciens du catholicisme social. Lors de la victoire électorale de 1900, il entra au conseil municipal de Vienne et, en 1901, au « Reichsrat » (Conseil d’Empire). Il conserva les deux mandats de conseiller municipal et de député jusqu’en 1934. Son rôle dans la rupture de la coalition gouvernementale en 1920 ne fut pas négligeable ainsi qu’en témoigne son affrontement parlementaire avec le député socialiste Karl Leuthner. Il condamna les tentatives fascistes des « Heimwehren » et, dans son dernier grand discours au conseil municipal de Vienne, le 9 février 1934, il prit position contre le national-socialisme et mit en garde le gouvernement Dollfuss contre des mesures de nature à conduire à la guerre civile. Quelques jours plus tard, le 12 février 1934, c’était la dictature. Kunschak démissionna de ses fonctions. Il souffrit de la dictature austro-fasciste puis, après l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne, il se retira alors dans une sorte d’émigration intérieure.
En 1945, le nouveau gouvernement fit appel à lui et lui proposa un poste de secrétaire d’État qu’il refusa pour accepter celui de maire-adjoint de Vienne. Il fut cependant élu à l’unanimité président du « Nationalrat » (Conseil national). Pour son soixante-quinzième anniversaire, la dignité de citoyen d’honneur de la ville de Vienne lui fut conférée.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article197551, notice KUNSCHAK Léopold par Bruno Sokoll, version mise en ligne le 28 novembre 2017, dernière modification le 13 mars 2019.

Par Bruno Sokoll

ŒUVRES : Volkstum und Arbeiterschaft (Peuple et travailleurs). Rapport aux journées de science politique de Kœnigswinter. — Unsere Organisation (Notre organisation), IIe Congrès du Parti chrétien-social, 1928. — Œsterreich 1918-1934 (Autriche 1918-1934), Vienne, Typogr. Anstalt, 1934. — 45 Jahre Christlichsozialer Arbeiterverein (45 années d’association ouvrière chrétienne), Vienne, 1937. — Reform des Mietengesetzes (La Réforme de la législation sur les loyers). Discours au Parlement, 1928. —Die Hebung des Arbeiterstandes, ein Kulturproblem (La promotion des ouvriers, un problème culturel). — Der getreue Eckehart der Demokratie im Lichtkegel (Eckehart le Fidèle de la démocratie dans le faisceau lumineux des projecteurs), 1947. — Die œffentliche Meinung (L’Opinion publique). — Der Arbeiter kämpft um sein Recht (L’ouvrier combat pour son droit), Conférence radiodiffusée le 27 avril 1937.

SOURCES : Gustave Blenlt, Leopold Kunschak und seihe Zeit. Porträt eines christlichen Arbeitfüchrers, (L. K. et son temps. Portrait d’un dirigeant ouvrier chrétien), Vienne, Europe-Verlag, 1967, 92 p.

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