KARPELES Benno

Né et mort à Vienne : 6 octobre 1868- 13 janvier 1938 ; rédacteur à l‘Arbeiter Zeitung (Journal des Travailleurs) ; dirigeant des coopératives socialistes de consommation.

Issu d’une famille de la grande bourgeoisie riche, Benno Karpeles s’intéressa dès sa jeunesse aux problèmes sociaux et entreprit en 1893, de son propre chef, une enquête statistique sur la situation des mineurs en Moravie-Silésie. Son admiration pour l’activité de Victor Adler dans le mouvement ouvrier l’amena à se lier avec lui et à entretenir par la suite des liens de profonde amitié. De novembre 1894 à l’été 1897, il alla poursuivre à Londres ses études d’économie. Là, il entra en rapports avec Friedrich Engels par l’intermédiaire de Victor Adler. Lorsque l’Arbeiter Zeitung devint quotidien, il proposa à Victor Adler d’assumer avec Louise Freyberger le rôle de correspondant londonien et il se chargea de la partie socio-politique. En Angleterre, il entra en contact avec les dirigeants du mouvement ouvrier anglais de toutes tendances. En 1897, il s’installa en Suisse ou il séjourna deux ans et où il fréquenta Karl Bürkli, Hermann Greulich, Reinhold Ruegg etc... En août 1897, il participa à Zurich au congrès international pour la protection ouvrière. Il s’occupa également de l’organisation des sociaux-démocrates autrichiens en Suisse. A son retour à Vienne, il continua à assurer la rédaction de la rubrique de politique sociale de l’Arbeiter Zeitung. Il entra en contact avec les syndicats puis avec le mouvement coopératif socialiste et fut délégué des syndicats autrichiens avec Anton Hueber au congrès socialiste international de Paris en 1900. Très préoccupé du problème du renchérissement des denrées alimentaires, il présenta des rapports sur ce sujet aux congrès de son parti en septembre 1904, puis en octobre 1907. Au congrès socialiste international de Copenhague, il fut désigné par la commission comme rapporteur à l’assemblée plénière sur la question « Coopératives ». En effet, à partir de 1904, il s’était consacré entièrement à l’organisation des coopératives de consommation. C’est ainsi qu’il créa à Schwechat l’entreprise de panification appartenant au Parti social-démocrate, les « Hammerbrot-Werke ». Les difficultés financières qui surgirent dès la création de cette entreprise et ses désaccords avec le parti l’amenèrent à renoncer à sa direction peu avant qu’éclate la Première Guerre mondiale. Toujours soucieux de préserver son indépendance vis-à-vis du parti, il s’en éloigna dès lors pour ne le quitter définitivement qu’à la mort de Victor Adler. Sous la première république autrichienne, il publia son propre journal, Der Frieden (La Paix), de tendance démocratique et pacifiste, dans lequel il critiqua la politique du Parti social-démocrate. Converti au catholicisme, il tenta avant l’instauration de l’austrofascisme de rapprocher les sociaux-démocrates des cléricaux. Il mourut dans la misère.
ŒUVRES : Die Arbeiter des mährisch-schlesischen Steinkohlenrevieres. Sozialstatistische Untersuchungen, (Les ouvriers du bassin minier de Moravie-Silésie. Enquêtes socio-statistiques), Leipzig, 1894, 306 p. — Denkschrift über die Reorganisation der Wiener Konsumvereine (Mémoire sur la réorganisation des coopératives viennoises de consommation), Vienne, 1913, 96 p. — Klassenkampf, Faschismus und Ständeparlament (Lutte des classes, fascisme et Parlement de castes), Vienne, 1933, 43 p.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article197521, notice KARPELES Benno, version mise en ligne le 28 novembre 2017, dernière modification le 11 mars 2019.

SOURCE : Victor Adler, Briefwechsel mit August Bebel und Karl Kautskij (Correspondance avec August Bebel et Karl Kautsky), Vienne, 1954.

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