HELLER Hugo

Né le 8 mai 1870, Hugo Heller commença par travailler comme employé de librairie à Vienne. Au début des années 1890, il tenta d’organiser syndicalement ses collègues. Lui-même adhéra à la social-démocratie autrichienne et aux idées marxistes. Puis il alla travailler dans une librairie à Stuttgart où il fit la connaissance de Karl Kautsky avec qui il se lia d’amitié et collabora à la Neue Zeit (Temps nouveaux). Lorsque la Volksbuchhandlung (Librairie populaire) fut créée à Vienne par le Parti social-démocrate, en 1893, son directeur, Ignaz Brand avec qui il avait élaboré le projet avant son départ, le rappela de Stuttgart et il joua un grand rôle dans l’organisation et le développement de ces éditions. Il participa activement à la vie du Parti social-démocrate autrichien et intervint notamment au congrès de 1900. Il avait conservé des rapports étroits avec Karl Kautsky, ce dont témoigne une vaste correspondance. En 1902, il quitta à nouveau Vienne et se rendit à Stuttgart où il devint rédacteur à l’organe du S.P.D., Schwäbische Tagwacht (La Sentinelle souabe). Selon Rosa Luxemburg — lettre à Leo Jogiches du 14 novembre 1905 — « Heller, à la suite des intrigues de Clara Zetkin, a dû quitter la Schwäbische Tagwacht. Comme il n’a pas pu trouver un emploi dans le Parti, il est parti pour Vienne où il a fondé sa propre librairie et une galerie d’art ». Plus tard, Heller créa aussi une agence de location théâtrale et sa maison d’édition. Dans le domaine de l’art, il commença par publier en 1907 une série d’œuvres de sa femme, le peintre Hermine Ostersetzer, intitulée « La vie des pauvres », puis, plus tard, le premier album de Gustav Klimt. Il fit partie de la première société de psychanalyse, lui présenta en 1909 une étude sur l’histoire du diable et publia à partir de 1912 la revue de Freud, Imago. Jusqu’en 1918 il demeura l’éditeur de Freud qui, après Victor Adler, exerça sur lui une profonde influence. Il publiait en outre de nombreux auteurs socialistes. En effet, s’il mit un terme à son activité militante, il ne perdit jamais le contact avec les dirigeants du mouvement ouvrier autrichien ou allemand, Karl Kautsky, Victor Adler, etc., avec qui il conserva des liens de très solide amitié. La librairie Heller devint un centre florissant et mondain de l’activité culturelle viennoise. Toutes les gloires littéraires et artistiques de l’époque, autrichiennes ou étrangères, y compris les artistes et-écrivains socialistes telle Käthe Kollwitz, étaient invitées à y présenter leurs œuvres. Hugo Heller mourut à Vienne le 29 novembre 1923.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article197483, notice HELLER Hugo, version mise en ligne le 28 novembre 2017, dernière modification le 21 novembre 2018.

ŒUVRES : Œsterreichsiches Proletarierliederbuch. Lieder für das arbeitende Volk (Recueil de chants prolétariens autrichiens. Chants pour le peuple laborieux), Vienne, Volksbuchhandlung, 1899, 126 p.
Manuscrits : Correspondance avec Karl Kautsky, Archives de l’institut International d’Histoire sociale, Amsterdam.

SOURCES : Fünfundzwanzig Jahre Bakum. Literarischer Festalmanach auf das Jahr 1930 (25 ans de Bukum. Almanach Littéraire pour l‘année 1930), Vienne, 1929.— Victor Adler, Briefwechsel mit August Bebel und Karl Kautsky (Correspondance avec August Bebel et Karl Kautsky), Vienne, 1954. — Karl Kautsky, Erinnerungen und Erœrterungen (Souvenirs et explications), La Haye, 1960.

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