AFRITSCH Anton

Par Félix Kreissler

Né le 8 décembre 1873 à Klagenfurt (Carinthie) ; mort le 7 juillet 1924 à Graz (Styrie) ; compagnon menuisier ; rédacteur à l’Arbeiterwille (La Volonté ouvrière) de Graz ; fondateur, en 1908, de l’association les « Amis de l’Enfance ».

Anton Afritsch, enfant naturel d’une ouvrière, fut élevé par ses grands- parents. Sa grand-mère le traita durement, ne ménageant pas les punitions corporelles et autres représailles au jeune garçon éveillé. Afritsch était destiné à la prêtrise, mais la famille était trop pauvre pour payer les études nécessaires. Aussi devint-il apprenti menuisier ; l’apprentissage ne put réfréner son immense soif de savoir et le jeune homme suivit de nombreux cours du soir à l’association d’éducation ouvrière de Klagenfurt. C’est à Klagenfurt également qu’il participa en 1890 à la première manifestation du 1er Mai.
Après ses années d’apprentissage, Afritsch fit son tour de compagnonnage, apprit à connaître plusieurs pays et conclut cette période de sa vie en faisant son service militaire. A l’armée il fut entraîné à boire et il lui fallut une farouche énergie pour parvenir à se désintoxiquer. II devint par la suite un partisan du mouvement antialcoolique.
Afritsch exerça son métier d’abord à Linz, puis à Graz et milita au syndicat des travailleurs du bois. Après avoir été administrateur de différents services syndicaux, il devint rédacteur du quotidien social- démocrate de Graz, Arbeiterwille.
C’est à Graz qu’Afritsch découvrit sa véritable vocation : vivant avec sa famille — il eut cinq enfants — dans un quartier pauvre de la ville, il était en contact étroit avec la misère des enfants des prolétaires qui grandissaient dans des arrière-cours sans soleil, sans verdure, sans gaieté. Afritsch commença par rassembler, avec ses enfants, quelques douzaines d’autres enfants d’ouvriers qu’il emmena en excursion dans les environs de Graz, organisant avec eux des jeux collectifs et les exerçant au chant. Le 23 avril 1908, il fonda l’association des « Amis de l’Enfance ». Pour lui, la lutte des classes signifiait une lutte pour la santé et pour le bonheur des enfants des déshérités, elle signifiait organisation consciente des loisirs de la jeunesse. Il enseigna au mouvement ouvrier autrichien à se préoccuper, en tant que force sociale, du sort des enfants des ouvriers, mais aussi de tous les enfants. Grâce à son activité, de nombreux foyers d’enfants furent créés dans toute l’Autriche. La chanson des « Amis de l’Enfance » est devenue l’une des plus populaires du mouvement ouvrier (Nous sommes jeunes, le monde nous est ouvert...). Afritsch a montré, dans la pratique, ce que peut être la révolution culturelle socialiste. A côté de son activité de fondateur des « Amis de l’Enfance », il exerça de nombreux mandats électifs pour le parti social-démocrate. Au moment de sa mort, en 1924, il était membre du conseil municipal et sénateur de la ville de Graz, la seconde de l’Autriche par l’importance.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article197342, notice AFRITSCH Anton par Félix Kreissler, version mise en ligne le 28 novembre 2017, dernière modification le 22 octobre 2018.

Par Félix Kreissler

SOURCES ; Archives du « Verein für Geschichte der Arbeiterbewegung », Vienne — Der Kinderfreund Anton Afritsch (Anton Afritsch, l’ami des enfants), B. Pittermann, R. Machold, N. Horvatek et autres, Wien-Graz, 1958, 192 p.

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