ACKERMANN Manfred

Né le Ier février 1898 à Nikolsburg, en Moravie. Militant syndicaliste et socialiste.

Premier président du Comité central du Parti « socialiste révolutionnaire ».
Fils d’ouvrier, Manfred Ackermann fit ses études à Vienne et travailla ensuite dans une entreprise commerciale. Soldat en 1916, il adhéra au Parti social-démocrate pour marquer son opposition à la guerre. Après l’effondrement de l’Empire en 1918, il fit partie de la garde rouge dans le 41e bataillon de l’armée populaire commandé par Frey.
Militant des Jeunesses Socialistes, Ackermann devint un des dirigeants du mouvement à Vienne. A partir de 1923, il fut directeur de la section des Jeunes de l’association centrale des employés de commerce et rédacteur du journal du syndicat.
Il participa à la lutte de février 1934. A la tête des dirigeants de la Jeunesse syndicaliste, il devint début mars président du premier Comité central des Socialistes révolutionnaires créé dans la clandestinité. Peu après, il fut arrêté et interné dans le camp de Wöllersdorf où il demeura jusqu’à fin décembre. Il reprit son activité clandestine dans le Comité central et fut chargé de la direction des cellules d’entreprise de Vienne et d’autres organisations illégales. Bon organisateur, il obtint de grands succès. Arrêté de nouveau en novembre 1937, avec un grand nombre d’autres militants, il bénéficia de l’amnistie de février 1938. Il participa de nouveau au travail politique dans les syndicats. Au moment de l’Anschluss, il quitta le pays avec un faux passeport.
Il séjourna d’abord chez Friedrich Adler à Bruxelles et rejoignit ensuite à Paris le groupe des socialistes autrichiens. L’exode de 1940 le conduisit d’abord à Montauban. Il put ensuite, dès septembre 1940, passer en Espagne d’où il s’embarqua pour les États-Unis avec sa famille. Jusqu’en 1945, il fit partie de la représentation à l’étranger des socialistes autrichiens et devint également membre du Parti socialiste américain. De 1940 à 1953, il travailla dans une usine et assuma des responsabilités syndicales. En novembre 1964, il prit sa retraite et retourna en Autriche où il enseigna principalement l’histoire du mouvement ouvrier dans les Universités populaires.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article197336, notice ACKERMANN Manfred, version mise en ligne le 28 novembre 2017, dernière modification le 26 juin 2018.

ŒUVRES : citons Réde über Otto Bauer (sur Otto Bauer). Vienne, 1956, 35 p. — Max Adler. Erzieher zum sozialistischen Denken (discours prononcé le 27 juin 1967), Vienne, 18 p. — Rede über Victor Adler (discours prononcé le 11 novembre 1968), Vienne, 22 p.

SOURCES : J. Buttinger, Le Précédent autrichien. Paris, Gallimard, 1956, 564 p. — Walter Wisshaupt, Wir kommen wieder !... (Nous reviendrons !...), Vienne 1967. — Notes autobiographiques.

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