CHAUVIN Auguste, Henri

Par Jean-Pierre Besse, Guy Haudebourg, Jean Chauvin

Né le 27 février 1910 à Nantes, section de Chanrenay (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), fusillé le 13 février 1943 à Nantes ; chaudronnier ; militant communiste de Loire-Inférieure ; résistant OS puis FTPF ; Procès des 42.

  Auguste Chauvin, photo anthropométrique
Auguste Chauvin, photo anthropométrique

Fils de Auguste Chauvin, coupeur en fer-blanc et de Jeanne Lechat, ménagère, le jeune Auguste Chauvin devint orphelin à l’âge de quatre ans, son père décéda en 1914 de maladie. Il avait une sœur aînée handicapée. Sa mère prit la place de son père comme coupeuse de fer blanc pour les conserveries. La famille habitait 7 Chemin du Bois Haligand à Nantes. Le jour de ses 13 ans, Auguste Chauvin entra comme apprenti chaudronnier à l’usine « Courtois Delezy à Chantenay. A 16 ans, il fut embauché comme jeune ouvrier à l’usine de locomotives Batignolles-Chatillon (LBC) en 1923, puis trois ans plus tard comme chaudronnier. Il n’avait pas de lien de famille avec Eugène Chauvin, même s’ils travaillaient tous les deux aux Batignolles et habitaient Chantenay. Licencié en août 1929 à cause de la crise, il travailla alors dans diverses entreprises de travaux publics et effectua son service militaire dans la marine en 1931-1932. Réembauché en 1934 aux LCB, il adhéra au Parti communiste en 1936.
Mobilisé comme affecté spécial à Lorient, puis à Guérigny (Nièvre), il revint à Nantes en juillet 1940 et fut démobilisé en janvier 1941. En août 1940, il découvrit un camion chargé de fusils sur la route de Pont-Saint-Martin (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique). Ces armes furent récupérées par Marcel Paul et entreposées chez les Michel à Saint-Sébastien-sur-Loire. Il participa à la réorganisation clandestine du Parti communiste. En août 1941, suite à une distribution de tracts communistes dans son usine, la police nantaise fut chargée de l’arrêter, en vain, et la perquisition de son domicile ne donna aucun résultat. C’est à cette date qu’Auguste Chauvin entra dans la clandestinité avec plusieurs de ses camarades des Batignolles, pour participer, sous le pseudonyme d’Henri Brunelière, aux activités de l’OS, puis des FTP. Le groupe de FTP mené par Raymond Hervé et Louis Le Paih commit de nombreux attentats contre l’armée allemande et les collaborateurs nantais dans les années 1941-1942. Ainsi, en avril 1942, avec Turpin et Le Paih, Auguste Chauvin participa à un attentat contre une ligne électrique et à la destruction du pont roulant de l’usine des Batignolles qui travaillait pour l’Allemagne. Poursuivis activement par les polices allemande et française, la plupart des membres du groupe furent arrêtés.
Auguste Chauvin fut arrêté le 13 août 1942 avec Raymond Hervé par le Service de Police Anticommuniste (SPAC). Le 1er septembre 1942, il épousa en prison Marie-Madeleine Fallourd-Maisonneuve avec qui il vivait depuis 1940 et qui accoucha quelques semaines plus tard de leur fils Jean. Il réussit à lui transmettre clandestinement des lettres lui donnant notamment des nouvelles de ses codétenus résistants espagnols, comme Miguel Sanchez Tolosa. Ces lettres ont été publiées en 2003 par son fils Jean, dans L’ORIBUS N° 58 (http://www.oribus.fr) sous le titre « Lettres d’un héros ordinaire ».
Jugé par le tribunal militaire allemand FK 518 à partir du 15 janvier 1943, dans le cadre du procès dit « des 42 », condamné à mort pour « activités de franc-tireur », il a été fusillé sur le terrain du Bêle à Nantes. À l’issue du procès, il déclara : « C’est un honneur pour un Français de mourir sous les balles allemandes. » Une cellule nantaise du PCF porte son nom. Il fut homologué lieutenant FFI à la Libération et reçut la Légion d’honneur, la Croix de Guerre et la médaille de la Résistance.
La mention « Mort pour la France » lui fut attribuée suivant décision du Secrétaire général aux anciens combattants en date du 14 février 1945.
Son épouse, née le 5 octobre 1903 à Nantes, veuve en 1936 de Camille Maisonneuve dont elle eut deux enfants, travaillait elle aussi aux Batignolles, le couple était domicilié Cité Halvêque , 49e Rue, n°6, . Elle hébergea Léon Mauvais après son évasion de Châteaubriant le 19 juin 1941 et, par la suite, plusieurs autres responsables de la résistance communiste. Pour cela, elle fut traduite devant la « Section Spéciale de la Cours d’Appel de Rennes » le 20 mai 1943 et « relaxée au bénéfice du doute ». Membre du Comité départemental de libération en 1945, Marie-Madeleine Chauvin mourut le 19 octobre 1961.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article19708, notice CHAUVIN Auguste, Henri par Jean-Pierre Besse, Guy Haudebourg, Jean Chauvin, version mise en ligne le 10 mars 2015, dernière modification le 27 février 2019.

Par Jean-Pierre Besse, Guy Haudebourg, Jean Chauvin

  Auguste Chauvin, photo anthropométrique
Auguste Chauvin, photo anthropométrique
Tombe au cimetière militaire de la Chauvinière à Nantes
Tombe au cimetière militaire de la Chauvinière à Nantes
Auguste Chauvin
Auguste Chauvin

SOURCES : L’Oribus N°58, 2003 Auguste Chauvin, résistant FTP 1940-1943, lettres d’un héros ordinaire, Arch. Dép. Loire-Atlantique, 11W485. – Le Phare, janvier 1943. – Albert Ouzoulias, Les Bataillons de la jeunesse, Paris, ES, 1972. – Guy Haudebourg, Le PCF en Loire-Inférieure à la Libération (1944-1947), mémoire de maîtrise d’Histoire, université de Nantes, 1987. – Jean Bourgeon (sous la dir.), Journal d’un honnête homme pendant l’Occupation, Thonon-les-Bains, L’Albaron, 1990. – Michel Prodeau,Itinéraires clandestins, Nantes, Opéra, 1995. – Auguste Chauvin-Résistant FTP 1910-1943, lettres d’un héros ordinaire, Collectif pour la mémoire des 42. Éditions l’Oribus, avril 2004. — Jean Pierre Sauvage, Xavier Trochu, Mémorial des victimes de la persécution allemande en Loire-Inférieure, fusillés et exécutés, 2001. — État civil.

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