CHAUVET Alain

Par Martine Le Gal, Charlotte Siney-Lange

Né le 20 mars 1935 à Ladon (Loiret) ; instituteur ; secrétaire général de la section du SNI, puis du SNI-PEGC de Paris (1971-1982), secrétaire général de la section FEN de Paris (1968-1971), membre de la commission administrative nationale de la FEN à partir de 1970, membre du bureau national (1973-1985) et secrétaire national (1977-1985) du SNI, puis du SNI-PEGC ; président de la MGEN (1991-1999), vice-président de la Fédération nationale de la Mutualité française (1994-2000).

Ses parents étaient des instituteurs (voir Norbert Chauvet) qui eurent huit enfants, dont Michel Chauvet, dirigeant de l’École émancipée dans les années 1970-1980. Sa mère, Suzanne Chauvet, devint directrice d’école. Alain Chauvet entra au cours complémentaire de Gien (Loiret), puis à l’École normale d’instituteurs d’Auteuil (Paris) en 1952, où il obtint le baccalauréat « philosophie ». Il effectua une partie de son service militaire (novembre 1958-mars 1961) dans un régiment des transmissions à Montargis (Loiret), puis en Algérie. Il se maria en septembre 1961 à Gien avec Denise Saussier, institutrice.

Le 18 décembre 1961, Alain Chauvet fut un des neuf membres fondateurs, avec des socialistes SFIO et des militants de la CFTC, de l’Union démocratique des anciens d’Algérie, née d’une scission de la Fédération nationale des anciens d’Algérie à qui ils reprochaient d’être dominée par le Parti communiste français. Il adhéra au SNI en 1954. Dès sa sortie de l’École normale, en 1956, il eut des responsabilités syndicales, d’abord comme correspondant de son école dans le XXe arrondissement de Paris, puis dans la sous-section du XXe. arr. Après avoir cumulé ses fonctions d’enseignant (dans différentes écoles du XXe arr. de Paris) et ses activités syndicales, il dut renoncer à ses activités professionnelles. À partir de 1962, il devint membre du conseil syndical et du bureau de la section de la Seine. Il participa à la mise en place de la section de la FEN et du SNI de Paris, à la suite de la réorganisation de la région parisienne. Il devint, à la rentrée de 1968, le secrétaire général de la section de Paris de la FEN, en remplacement de Jean Gouzy*, fonction qu’il assuma jusqu’à la rentrée 1971. En 1970, appelé par James Marangé* au secrétariat national de la FEN et au bureau fédéral pour remplacer Georges Aulong*, il y fut chargé, pendant un an, des questions traitant des services sociaux et de la liaison avec les syndicats nationaux.

En 1971, des militants de la section du SNI de Paris lui demandèrent de poser sa candidature au poste de secrétaire général de la section. Selon les responsables du SNI de l’époque, cette responsabilité était incompatible avec un mandat au bureau fédéral. Aussi abandonna-t-il ce mandat tout en restant membre de la CA de la FEN jusqu’à sa disparition. Il devint donc secrétaire général de la section du SNI (puis du SNIPEGC) de Paris, responsabilité qu’il assuma jusqu’en 1982. Succédant à Aimé Jacq*, il prit la section parisienne du SNI dans une situation délicate pour la majorité qui, ayant obtenu 49,75 % des voix aux élections du conseil syndical, enregistrait une chute de cinq points par rapport aux élections précédentes. Un travail de fond, de terrain et de dossiers lui permit, au fil de son mandat, de remonter le handicap et de conforter la majorité.

En 1973, Alain Chauvet entra au bureau national du SNI où il resta jusqu’en 1985. En 1977, il devint secrétaire national à temps partiel du SNIPEGC, après le congrès de Paris de 1976 sur la modification des statuts, chargé des questions sociales qu’il avait déjà traitées au secrétariat de la FEN. À partir de 1982, secrétaire national du SNIPEGC à temps plein, en charge des affaires sociales et directeur de L’École libératrice, il y joua un rôle important de coordination, de ligne éditoriale, de défenseur, sans concession ni complaisance, de l’indépendance du syndicat par rapport au ministère sous un gouvernement de gauche.

Guy Georges*, alors secrétaire général, dont le mandat s’achevait en 1983, et des secrétaires nationaux le pressentirent pour qu’il devienne secrétaire général. Michel Bouchareissas*, également pressenti, fut aussi sur les rangs. La majorité se divisa et, afin d’éviter que la question ne soit tranchée par la minorité « Unité et Action » au bureau national qui avait fait savoir qu’elle soutiendrait Bouchareissas, Jean-Claude Barbarant fut choisi.

Membre du conseil d’administration de la section MGEN de Paris depuis le début des années 1970, Alain Chauvet entra au conseil d’administration national de la MGEN en 1981. La question se posa alors de son intégration au bureau national de la mutuelle puisqu’il était spécialiste au syndicat des questions sociales depuis les années 1970, auteur d’études se rattachant aux domaines de la MGEN (la réadaptation, la médecine du travail, la santé au bénéfice des élèves et des enseignants dont il fut le rapporteur au congrès de la Fédération internationale des associations d’instituteurs à Madrid en 1979). Il entra donc au bureau national de la MGEN, dont il fut l’un des vices présidents de 1985 à 1987, vice-président délégué de 1987 à 1991, puis président de 1991 à 1999. À partir de 1992, il fut administrateur, puis membre du comité exécutif et enfin vice-président (1994) de la FNMF. Il quitta la vice-présidence de la FNMF, le 7 juin 2000 et le comité exécutif en juin 2002.

En 1996, Alain Chauvet participa, avec André Arnaudy (président de la Mutualité Côte-d’Azur), Daniel Manach (président de la FMP) et Gilbert Soulié (président de l’Union nationale mutualiste des travailleurs indépendants), au groupe de travail « Intérêt général », mis en place par le comité exécutif de la FNMF afin de réfléchir à la notion d’intérêt général et à ses conséquences pour le mouvement mutualiste. Depuis 1989, il s’efforçait de sensibiliser la MGEN et le mouvement mutualiste à la question de l’Europe. Dès lors, la MGEN et la FNMF revendiquèrent l’écriture d’une directive.

Alain Chauvet représenta la FEN, puis la MGEN dans les organismes académiques et ministériels européens, spécifiques à la Mutualité, chargés de gérer les services sociaux administratifs : comité académique des œuvres sociales, commission centrale des œuvres sociales de l’Éducation nationale et sa section permanente. Il appartint un temps au comité interministériel des services sociaux de la fonction publique. Administrateur de l’AMU-UMU et du CCOMCEN depuis 1991 et membre de son bureau depuis 1993, il fut aussi administrateur national de la Mutualité fonction publique à partir de 1992, administrateur de la section de la région parisienne de la MRIFEN et, à partir de 1997, de la Fondation MAIF. Enfin, il était membre du Comité d’histoire de la Sécurité sociale et du conseil d’administration de l’INSERM jusqu’en 1996.

Président du groupe de la Mutualité au Conseil économique et social, Alain Chauvet y siégea également à la section des problèmes économiques généraux et de la conjoncture, à la commission spéciale du Plan, à la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre hommes et femmes et à la délégation pour l’Union européenne. Il représenta le CES à la commission des comptes de la Sécurité sociale et au Haut Conseil de la coopération internationale. En 1998, il présenta, au nom de la section des affaires sociales, un rapport et avis sur « la protection de l’enfance et de la jeunesse dans un contexte social en mutation ».

Alain Chauvet avait adhéré au Parti socialiste SFIO en 1953. Il le quitta en 1958 pour rejoindre le Parti socialiste autonome puis, en 1962, le Parti socialiste unifié (20e section) dont il démissionna en 1970.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article19692, notice CHAUVET Alain par Martine Le Gal, Charlotte Siney-Lange, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 6 février 2019.

Par Martine Le Gal, Charlotte Siney-Lange

SOURCES : Arch. PPo RG, GA C1, 768740 (transmis par J. Girault). — Presse syndicale. — Documentation personnelle. — Michel Dreyfus, Les Dirigeants mutualistes de la fin du XIXe au début du XXe siècle, Mutualité française, 2003 ; Une histoire d’être ensemble. La MGEN, 1946-2006, Jacob Duvernet, 2006. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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