ZOLBERG Elieser, Paul, dit COHN, dit Kohn, dit CHOPIN, dit CHAUPIN

Par Claude Pennetier

Né le 30 juillet 1909 à Varsovie (Pologne), mort le 26 février 2003 à l’hôpital Saint-Antoine à Paris (XIIe arr.) ; ouvrier des cuirs et peaux ; syndicaliste des cuirs et peaux ; militant communiste de Paris ; chargé de mission en Pologne ; interné en Algérie.

Né de parents juifs très pieux, cadet de trois enfants, Elieser Zolberg obtint un certificat d’études commerciales et étudia dans une école religieuse. Un frère, Samuel, avait émigré en Belgique. Eliezer Zolberg suivit en 1924. C’est en Belgique qu’il rejoignit le syndicalisme et le communisme. Deux ans plus tard, il passa en France et adhéra aussitôt au Parti communiste et à la CGTU. De 1926 à 1932, il milita en région parisienne. Il écrivit un article, signé de son pseudonyme courant Paul Chopin, dans les Cahiers du bolchevisme du 15 novembre 1931.

En 1932, il était secrétaire d’une commission d’organisation et à ce titre incité verbalement, à se rendre à Moscou par un représentant de l’IC pour de suivre les cours de l’École léniniste internationale (ELI) en URSS. Une perquisition à Lyon et une condamnation à trois mois de prison rendirent impossible ce projet. Selon un récit qu’il fit en 2001 : "Je me rends au Parti pour des directives me concernant. Je vois Thorez au Siège à l’angle de la rue de Châteaudun. Il me dit "il faut que tu rentres en Pologne". Obligé de prendre contact avec le camarade Leduc de la MOE, on me donne des papiers pour voyager, un contact à Berlin et j’arrive à Varsovie [...] J’attends le contact avec le Parti et vois ma famille. Je ne me plaisais pas". Il revint sans l’autorisation du Komintern, ce qui entraîna pour lui une série de difficultés.

Le Parti communiste prononça son exclusion en 1934 pour des raisons inconnues, mais sans doute liées à ce voyage en Pologne, sans être entendu semble-t-il. Cependant, il logea quelques mois chez Charles Michels*.

L’année suivante, il était secrétaire permanent du syndicat CGT des Cuirs et peaux de Paris, dans le cadre de "la CGT avec Belin (réformiste)" dit un dossier de police. Il aurait été arrêté à la sortie de la Bourse de travail de Paris et condamné à un an de prison en 1938. À sa sortie, en 1939, il fut interné au camp du Vernet où, secrétaire du médecin, il facilita une évasion et fut condamné à 41 jours de prison à Foix. La police du Vernet pensait qu’il avait des responsabilités plus larges dans les évasions (dossier de police).

Déporté en Algérie, libre en 1943, il milita au Parti communiste algérien et fut secrétaire du syndicat des Cuirs et peaux, militant auprès de Pierre Fayet, secrétaire général de l’Union des syndicats d’Alger. Toute la famille avait été exterminée par le nazis, à l’exception de la femme de son frère Samuel et de son neveu, Aristide, qui émigra aux USA et fit une carrière de professeur de sociologie politique.

À son retour en France, il demanda sa réintégration au PCF par l’intermédiaire de Lucien Midol : elle lui fut refusée. Marqué par la double solitude familiale et politique, il abandonna le syndicalisme et la politique pour devenir représentant de commerce et fonder une famille

Naturalisé en 1959, il changea son nom pour s’appeler Chaupin, le nom de Chopin n’ayant pas été accepté par l’administration. Il obtint sa réintégration officielle au PCF en 1970, par l’intermédiaire de Léon Feix, après examen du dossier par la Commission centrale de contrôle politique (CCCP).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article19661, notice ZOLBERG Elieser, Paul, dit COHN, dit Kohn, dit CHOPIN, dit CHAUPIN par Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 26 août 2010.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Renseignements communiqués par son fils, Aimé Chaupin. — RGASPI, Moscou, 495 270 1800, pas encore consulté.

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