CHAUFFREIN Élie

Né en 1890 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), mort en janvier 1962 à Alençon (Orne) ; professeur ; militant communiste de Guadeloupe ; maire de Basse-Terre.

Élie Chauffrein (dit aussi Chaufrein) fit ses études en France et obtint une licence d’anglais. Revenu un temps en Guadeloupe en 1927, il fut, avec Max Clainville-Bloncourt, un des premiers à présenter les thèses marxistes. U. Laurent écrit : « nous étions un petit nombre de démocrates à nous grouper autour d’eux ».
Professeur au lycée de Sainte-Sézanne (Marne), puis à Pont-de-Vaux, il enseigna également à Bône en Algérie. En 1938, Chaufrein fut nommé censeur au lycée de Fort-de-France, à La Martinique, où il resta jusqu’en 1946.
L’affirmation de l’Étincelle : Vichy « l’éloigna quelque temps de l’Université », ne semble pas assurée.
En 1946, il revint à la Guadeloupe au lycée de Basse-Terre.
Militant communiste de cette ville, il fut candidat aux élections cantonales de septembre 1951 et devint maire de la ville en 1954. Il fut également conseiller général. Yvan Craipeau* qui le connut à Basse-Terre fit, dans ses souvenirs, un portrait chaleureux de cet enseigant : « Le proviseur, monsieur Chaufrein, est un noir - plus précisément un métis foncé - au visage fin et intelligent. Il parle un langage très châtié, très vieille France. Il deviendra mon meilleur ami en Guadeloupe. » « Madame Chaufrein, une femme très fine, très sensible et une artiste. Malade déjà, elle devait mourir pendant notre séjour en Guadeloupe. »
Lors des élections cantonales de 1958, il n’était plus présent car le Parti communiste guadeloupéen présenta Ganot, docteur en médecine. « digne successeur d’Elie Chauffrein ». Il enseignait alors en France mais continuait à suivre la vie politique guadeloupéenne même si ses opinions politiques semblent avoir évolué vers la Nouvelle Gauche.
En septembre 1955, il avait été nommé à Alençon (Orne) comme proviseur du lycée. Grâce à lui le lycée obtint la dénomination de « lycée Alain », du nom du célèbre philosophe percheron radical, né dans l’Orne à Mortagne (Orne). Il fit entreprendre pour ce lycée la construction de nouveaux bâtiments, modernes, sur un nouveau site plus aéré.
Il appartenait à de nombreuses associations laïques et s’était particulièrement occupé des échanges d’élèves entre la France et la Grande-Bretagne.
À Alençon, il milita très activement pour « la Paix en Algérie ». Lors de la manifestation du 27 octobre 1960, devant 300 personnes, accompagné de syndicalistes enseignants, dont de nombreux professeurs de son lycée, ne cachant pas la situation délicate dans laquelle il se plaçait en parlant ainsi en public, il déclara que la guerre d’Algérie était une guerre « sacrilège, imbécile, menée par une poignée d’hommes, mais qui nécessite cependant une mobilisation de 500 000 hommes, d’une armée puissante et moderne ».
L’Étincelle du 16 janvier 1962 annonça le décès en France de ce « professeur érudit ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article19637, notice CHAUFFREIN Élie, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 10 décembre 2008.

SOURCES : Arch. Dép. Orne, 348 W 330, 348 W 353 (pour le rôle politique et le syndicalisme), 348 W 406 pour son rôle dans la manifestation de 1960. — L’Étincelle, journal communiste de Guadeloupe, 29 septembre 1951, 9 janvier 1954, 16 janvier 1962. — Yvan Craipeau, Mémoires d’un dinosaure trotskyste, L’Harmattan, 1999.

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