CHASTELLAIN Paul, Charles, Robert. Pseudonyme : DUPONT Daniel

Né le 12 octobre 1921 à Tarbes (Hautes-Pyrénées), mort le 13 mars 1983 à Tarbes ; ouvrier ajusteur à l’Arsenal de Tarbes ; secrétaire de la fédération communiste des Hautes-Pyrénées, membre du comité central du PCF (1963-1979) ; maire de Tarbes (1977-1983).

Fils d’un tourneur qui fut militant communiste et d’une ménagère, frère cadet d’André Chastellain*, Paul Chastellain était titulaire du certificat d’études primaires et du brevet élémentaire. Il fut recruté comme apprenti ajusteur à l’Arsenal de Tarbes. Ses deux frères étaient tourneurs et sa sœur maroquinière ; tous furent communistes. Paul Chastellain commença à militer aux Jeunesses communistes en 1939 et au Parti communiste en 1941. « Au lendemain de la signature du pacte nous avons tenu réunion au café Toussant au quai de l’Adour. Le camarade Georges Lassalle* nous expliqua les raisons de ce pacte et je fus d’accord avec ses explications. »
Son rapport d’activité, rédigé après la Libération, mérite d’être largement cité car il témoigne de la complexité de la période et de l’intensité de son engagement :
« Adhérent en juillet 1939 aux Jeunesses communistes, j’ai assez peu milité jusqu’à la dissolution de cette organisation. Dès septembre 39, avec les camarades Dubois, Penne, Gabarret sur les directives reçues de Georges Lassalle j’ai travaillé à la formation clandestine des JC. En 1940, ces camarades me désignèrent comme secrétaire. Duboé et Lesage étant en désaccord, le regroupement des camarades anciens adhérents aux JC fut long et difficile aussi jusqu’en 41 nous étions cinq ou six pour assurer le travail d’émission et de diffusion de notre matériel. Les premiers tracts du parti exécutés par Georges Lassalle furent distribués par Boutoule et moi. Jusqu’à l’arrestation de Georges j’avais toujours gardé avec lui le contact. Dès 1940, nous étions en liaison régulièrement avec notre fédération. Nous imprimions notre matériel chez Gabarret, mon frère André a assisté au premier tirage pour nous indiquer la manière d’user de la pâte à polycopier.
« Au mois de mars 1942, n’ayant reçu aucun ordre pour passer dans l’illégalité, j’ai rejoint les Chantiers de Jeunesse à Foix (Ariège). Durant les huit mois que j’y suis resté je n’ai pu avoir de contact avec des responsables JC, rien n’étant encore organisé dans le département.
« Libéré en octobre 1942, j’ai repris contact avec les camarades jusqu’en avril 1943, date à laquelle je suis parti dans l’illégalité.
D’abord dans le Gers à Ponsempère après avoir au petit bonheur cherché un paysan patriote pour m’héberger durant quelques jours, j’ai trouvé chez un d’entre eux, Lacaze, un accueil favorable. Resté un mois chez lui, j’ai constaté l’impossibilité d’organiser un camp dans cette région. L’inter FTP avisé me désigna pour Esparras (Hautes-Pyrénées). Fin mai 1943, avec le camarade Petit Louis de Pau et mon beau-frère nous organisions le premier maquis FTP du département. Deux mois plus tard j’ai formé le maquis de Nistos. En octobre 43 je fus désigné par les responsables FTP du département, le seul nom de guerre dont je me souvienne est celui de Georges (Andrieu) responsable du maquis d’Esparros et Nistos. J’ai participé à toutes les opérations faites par ces camps jusqu’en janvier 1944, date à laquelle je fus nommé commissaire technique régional. J’eus de fréquents contacts avec le camarade Robert (Riffaud) à Tarbes. Le 1er mai, l’inter me désigna pour le Lot-et-Garonne, le département des Hautes-Pyrénées devenant pour moi particulièrement dangereux. Je composais avec les camarades Prosper et Pontin le triangle de direction des FTP du Lot-et-Garonne, Tarn-et-Garonne et Gers. En juillet, nous passons inter. »
Après la Libération, Chastellain fut commandant adjoint au Colonel Main Noire, commandant la subdivision d’Agen, puis successivement chef du 4e et 1er bureau. Il choisit d’être envoyé dans une unité du front, ainsi en février 1945 il fut muté au Bataillon Atlantique sur le front de la Pointe de Grave.
Il participa à l’occupation de l’Allemagne pendant cinq mois, jusqu’à sa démobilisation en novembre 1945.
À son retour, il reprit place à l’Arsenal, fut délégué syndical suppléant au comité mixte à la production, et milita au Front national aux Amis des FTPF comme à l’ARAC. Le Parti communiste lui fit suivre une école interfédérale en 1946 et une école centrale de deux mois en 1950. Nommé directeur des Nouvelles de Bordeaux, il sollicita sans succès une mise en disponibilité auprès de la direction de l’Arsenal et dut rester à Tarbes.
En 1953, il était premier secrétaire de la fédération communiste, faisant équipe avec l’instituteur Jean Toujas*, l’ajusteur Henri Rivière* et le tourneur Louis Sarramea*. Il conserva cette fonction jusqu’en 1979 et fut membre du comité central du PCF de 1964 à 1979.
La ville de Tarbes avait eu un maire communiste éphémère en 1953, avec Raymond Peyrès*. Paul Chastellain bénéficia de la dynamique unitaire pour prendre, à un républicain indépendant, la mairie de Tarbes en mars 1977. Il fut maire jusqu’à sa mort, survenue le 13 mars 1983 à 20 h, due à crise cardiaque, au moment où les résultats favorables à sa liste municipale venaient d’être connus.
La municipalité décida de donner son nom à un parc, ancienne propriété de la famille Fould, qui avait été acheté et aménagé par la ville.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article19583, notice CHASTELLAIN Paul, Charles, Robert. Pseudonyme : DUPONT Daniel, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 17 août 2018.

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — La Voix du Peuple, mars 1936. — « Chastellain : un homme révolutionnaire », Les Nouvelles de la Bigorre, 18 mars 1983. — Jacky Béna, Jacques Galès, Les nouveaux maires communistes, Editions sociales, 1977.

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