Né le 8 juillet 1948 à Guingamp (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor)), mort le 7 septembre 2017 au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) ; docteur en médecine ; militant du PCF ; secrétaire national du SNESUP (1979-1983).

Jean-Yves Follezou et sa fille Claire
Sa mère, Marie Follezou, communiste, résistante déportée, éleva seule son fils dans sa loge de gardienne de l’école Joliot-Curie, rue Jean-Baptiste Baudin à Villejuif (Val-de-Marne). Jean-Yves Follezou connaissait l’identité de son père biologique mais lorsqu’adulte il tenta de le rencontrer, il fut éconduit. Une blessure qu’il n’évoquait qu’avec réticence mais qui jamais ne cicatrisa.
Élève brillant, il obtint une bourse qui lui permit d’intégrer le lycée Lavoisier (Paris Ve arr.) où il passa un bac mathelem en 1965. Le médecin de famille l’ayant convaincu que des études de médecine étaient à sa portée, il fut admis dans la première promotion du nouveau CHU Pitié-Salpétrière (Paris XIIIe arr.) . Interne dans le service d’hématologie à partir de 1971, il s’orienta rapidement vers la cancérologie et obtint son doctorat en 1977. Il effectua son service militaire en 1971-1972 dans la Marine en tant que médecin-aspirant. Il poursuivit par la suite une carrière d’officier de réserve jusqu’au grade de capitaine de vaisseau.
En 1962, Jean-Yves Follezou avit adhéré au PCF à Villejuif (cellule René Thibert). À partir de 1977, il milita à l’hôpital. Les réunions de cellule se tenaient dans son bureau. De 1978 à 1990, il siégea au comité de section du XIIIe arrondissement de Paris. Parallèlement, il assuma des responsabilités syndicales : président du Syndicat des Internes des Hôpitaux de Paris (1976-1977) ; membre du conseil d’administration du Syndicat Parisien des Chefs de Clinique, (1977-78) ; secrétaire national du Syndicat National de l’Enseignement Supérieur, responsable du secteur Santé, (1979-1983).
En 1974, il avait effectué un voyage en Union soviétique avec sa mère. Par la suite, il milita activement au sein de l’association France-URSS, siégeant au sein de son conseil national et présidant sa commission santé entre 1987 et 1992. Au cours de cette période, il effectua de nombreuses missions d’enseignement et de coopération médicale en URSS pour le compte de l’association. Internationaliste convaincu, il multiplia les missions de coopération médicale au Cambodge, au Viet-Nam, (deux pays dans lesquels il fut nommé professeur associé), en Amérique Latine et en Afrique.
Ses compétences reconnues, ses travaux de recherche et ses nombreuses publications auraient justifié qu’il soit nommé professeur. Mais son engagement politique et son caractère lui valurent de trop fortes inimitiés. Après avoir été chef de clinique en cancérologie et radiothérapie (1977-1982) puis assistant des universités en cancérologie (1983-1985), il devint maitre de conférences en cancérologie en 1986 au CHU Pitié-Salpétrière. Il fut un des premiers chercheurs à s’attaquer à la mise au point de traitements contre le Sida.
Jean-Yves Follezou se vivait comme un journaliste manqué et il multipliait les collaborations dans les colonnes de l’Humanité et d’autres titres de la presse progressiste où il noua de nombreuses amitiés.
En 1993, après le 29e congrès du PCF, il s’estima mis à l’écart et chercha dans la franc-maçonnerie un nouveau cadre de réflexion et de débat. Il adhéra à la Grande Loge de France en 1994. Il prit finalement ses distances en 2004. Cette même année, un drame acheva de le démoraliser : la mort de sa compagne Jacqueline et d’un confrère bordelais qu’il hébergeait , dans l’incendie de son pavillon, avenue de la République à Villejuif.
Jean-Yves avait été marié deux fois et deux fois divorcé. Chaque union avait donné naissance à un enfant, Yann d’abord puis Claire. Il finit sa vie à Villejuif, reclus dans un appartement surplombant l’école dont sa mère avait été la gardienne.

SOURCES : Renseignements communiqués par Jean-Yves Follezou, entretiens de l’auteur avec lui. — L’Humanité, 9 septembre 2017.

Jean-Pierre Ravery

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