CHARMATZ Françoise [née MALFROID Françoise, Alice]

Par Alain Dalançon

Née le 23 janvier 1939 à Annecy (Haute-Savoie) ; professeure ; militante syndicaliste du SNES, secrétaire du S2 de la Savoie (1967-1970), secrétaire adjointe du S3 de Grenoble (1970-1973) ; militante communiste, maire adjointe de Chambéry (1983-1988).

Françoise Charmatz
Françoise Charmatz
Congrès SNES 1971, à côté de J.-M. Pousseur

Quatrième enfant d’une fratrie de six, Françoise Malfroid fit sa première communion et reçut une éducation familiale chaleureuse, ouverte au monde extérieur. Sa mère, institutrice, n’enseigna que quelques mois. Son père, entrepreneur en bâtiment et travaux publics à Faverges (Haute-Savoie), ancien combattant de la guerre 1914-1918, pacifiste, d’opinion politique de gauche sans appartenir à un parti, fut déporté en Allemagne à Buchenwald, à la suite d’une dénonciation, pour avoir apporté son aide matérielle à la Résistance. Il était néanmoins très partisan de la réconciliation franco-allemande après la Seconde Guerre mondiale et insista pour que l’un au moins de ses enfants parle allemand.
Françoise Malfroid, après l’école primaire à Faverges, apprit donc l’allemand au lycée de jeunes filles d’Annecy, où elle fut interne et obtint son baccalauréat série philosophie en 1956. Elle fit ensuite une année d’hypokhâgne au lycée Edgar Quinet de Lyon, puis commença une licence d’allemand à la faculté des lettres de Lyon, qu’elle termina à la faculté de Grenoble, où elle obtint également un diplôme d’études supérieures portant sur « Les femmes dans l’œuvre d’Heinrich Mann ».
Elle épousa en 1959, Jacques Charmatz, professeur de lettres à Chambéry, militant communiste engagé dans la culture (littérature et cinéma), avec lequel elle eut deux fils.
Afin de terminer ses études, Françoise Charmatz fut surveillante d’externat au lycée de filles d’Annecy de janvier à juin 1961, puis maîtresse auxiliaire de septembre à décembre. Titularisée adjointe d’enseignement en 1962, reçue aux épreuves écrites du concours du certificat d’aptitude à l’enseignement de second degré en 1962, elle effectua son année de stage au centre pédagogique régional de Grenoble et fut nommée professeure certifiée au lycée Jules Ferry de Chambéry à la rentrée 1963, établissement où elle demeura jusqu’en 1990.
Syndiquée dès le début de sa carrière au Syndicat national de l’enseignement secondaire, elle fut secrétaire de la section syndicale (S1) du lycée Jules Ferry de Chambéry de 1965 à 1967 puis, militante « Unité et Action », elle devint secrétaire du S2 de Savoie en 1967 dans un S3 où la majorité des syndiqués avait voté « Unité et Action » aux premières élections à la commission administrative nationale du nouveau SNES mais où existait une entente pour diriger la section académique avec les militants autonomes, de sorte que Jean-Marie Pousseur en était resté secrétaire général avec Jean-Jacques Kirkyacharian, militant Unité et Action, comme adjoint. Elle était alors une des rares femmes à ce niveau de responsabilité dans le SNES.
Lors des événements de 1968 à Chambéry, Françoise Charmatz participa à l’animation d’assemblées générales très fournies, organisées par les fédérations de parents d’élèves et les syndicats d’enseignants, où eurent lieu des débats animés, en particulier sur la mixité dans les établissements et la présence des parents d’élèves et élèves dans les conseils de classe. Elle fut très attentive au développement des échanges avec les confédérations ouvrières, notamment avec la CGT.
En 1970, Françoise Charmatz devint secrétaire générale adjointe de la section académique du SNES dans une équipe pratiquant toujours la cogestion, et le demeura jusqu’en 1973, Kyrkiacharian étant devenu secrétaire général. Elle était membre de la CA nationale de 1971 à 1973 et figura sur la liste présentée par le SNES à la commission administrative paritaire nationale des certifiés en 1973.
Adhérente au Parti communiste françis depuis le début de la décennie 1960, Françoise Charmatz mena parallèlement une activité militante au Mouvement de la paix et au PCF. Membre du comité fédéral de Savoie de 1975 à 1983, responsable du secteur Femmes (1978-1982), elle faisait partie de la commission nationale Femmes dirigée par Madeleine Vincent, où elle ne se sentait pas très motivée, dans la mesure où prévalaient les revendications liées au rôle de mère et de travailleuse aux dépens de celles considérées comme « féministes », touchant à la contraception, l’avortement et la liberté sexuelle. En qualité de femme, elle fut présentée à différentes élections : cantonales de 1976 et suppléante aux législatives de 1978.
En 1983, elle fut élue sur la liste d’union de la gauche à la municipalité de Chambéry dirigée par le communiste Francis Ampe et occupa le poste d’adjointe au maire, chargée de l’éducation. Aux élections suivantes, elle fut réélue sur la liste d’opposition mais démissionna en 1989, comme Francis Ampe.
L’année 1989-1990 fut marquée pour elle par une triple décision. Elle démissionna du Parti communiste, dont les méthodes de fonctionnement lui paraissaient trop marquées par la persistance du centralisme démocratique et l’appréciation du bilan « globalement positif ». Elle divorça et reprit son nom de jeune fille. Elle partit de Chambéry en obtenant sa mutation pour le lycée Jean Moulin de Lyon, où elle termina sa carrière en 2000 au grade de certifiée hors-classe.
Retraitée, Françoise Malfroid poursuivit son militantisme dans diverses associations. Elle s’engagea de 2003 à 2005 au Groupement des retraités éducateurs sans frontières et effectua quatre missions en Moldavie, au Kosovo (deux fois) et au Mali mais quitta cette ONG trop marquée à son goût par l’influence du Parti socialiste et de la CFDT. En 2006, elle militait au « Collectif 69 Palestine » et à « Femmes en Noir » ; par ailleurs elle était membre du bureau de la section départementale du Rhône du SNES-Retraités.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article19490, notice CHARMATZ Françoise [née MALFROID Françoise, Alice] par Alain Dalançon, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 16 janvier 2018.

Par Alain Dalançon

Françoise Charmatz
Françoise Charmatz
Congrès SNES 1971, à côté de J.-M. Pousseur

SOURCES : Arch. IRHSES Congrès SNES, CA, S3 Grenoble). — Renseignements fournis par l’intéressée.

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