Glossaire II. Noms propres

Cai Yuanpei 蔡元培, (1876 1940). Lettré et fonctionnaire de la dynastie mandchoue, il démissionne après l’échec de l’épisode réformiste des Cent Jours (1898). Se consacre ensuite à l’éducation et à la révolution. Ministre de l’Éducation de Sun Yat-sen (孫逸仙) en 1912, démissionne après 1’« usurpation » de Yuan Shikai, voyage (Allemagne, France). Accepte en 1916 le poste de recteur de l’Université de Pékin (Beida), où il fait venir Chen Duxiu (陳獨秀), Hu Shi et Li Dazhao (李大釗).

Chen Guofu 陳果夫(1892-1951). Chen Lifu 陳立夫 (1900-2001). Étroitement associés à l’anticommunisme et à l’ascension de Chiang Kai-shek. Guofu organise dès 1926 la Ligue antibolchevique (AB Duan) au Jiangxi et dirige le Département de l’organisation du G.M.D. Son frère cadet Lifu prend la tête des organes de sécurité du Parti nationaliste en 1928 et lui succède à l’organisation en 1932. Les deux frères, tout en occupant des fonctions variées, conservent le contrôle de l’organisation et de la sécurité, qu’ils mettent au service de Chiang. Ils dominent l’une des factions les plus puissantes du G.M.D., la fameuse « clique C.C. » (C.C. : leur initiale, ou bien celle du « Central Club » de Nankin), ultraréactionnaire et dévouée au pouvoir personnel de Chiang.

Chen Jiongming 陳炯明 (1878-1933). Seigneur de la guerre du Guangdong, allié à Sun Yat-sen (孫逸仙) (1920-1922). Chassé de Canton au début de l’année 1923, il se replie dans l’est de la province. Les deux « Expéditions de l’Est », planifiées par Blücher, alias Galen), l’en délogent en 1925. Sa défaite assure le contrôle du G.M.D. sur la province, stimule le mouvement paysan de Peng Pai (澎湃), qu’il avait tout d’abord encouragé et ouvre la voie à l’Expédition du Nord (Beifa).

Dai Jitao 戴季陶 (1891-1949). Secrétaire de Sun Yat-sen (孫逸仙), journaliste, l’un des premiers traducteurs de Marx, participe à la fondation du premier « petit groupe » communiste (xiaozu) en mai 1920 à Shanghai, avec Chen Duxiu (陳獨秀). Tout comme celle de Hu Hanmin, la lecture marxisante qu’il propose des « Trois principes du peuple » est si nationaliste qu’elle le conduit à rejeter l’alliance avec l’U.R.S.S. et le Front uni avec le P.C.C. Devient après la mort de Sun (1925) l’animateur de la « Société pour l’étude du sunyatsénisme » et le principal théoricien anticommuniste de l’aile droite du G.M.D. Carrière officielle au service du gouvernement nationaliste jusqu’en 1948. Se suicide à la veille de la victoire communiste.

Feng Yuxiang 馮玉祥 (1882-1948). Seigneur de la guerre du Nord-Ouest, il fait cause commune avec la « clique du Zhili » jusqu’en 1924. Un renversement d’alliance lui permet alors de s’emparer de Pékin, dont il sera chassé par Zhang Zuolin en 1926. Le « général chrétien » est moins connu pour l’étendue de ses conquêtes que pour l’exceptionnelle organisation de son armée, la Guominjun (Armée nationale populaire), au sein de laquelle les conseillers soviétiques du « groupe de Kalgan » appliquent les recettes éprouvées par Blücher à l’Académie militaire de Huangpu. Feng s’allie au G.M.D., avec les forces duquel il achève l’Expédition du Nord (Beifa) contre Zhang Zuolin en 1928. Il tente ensuite de s’opposer à la politique centralisatrice de Chiang et, après avoir joué un rôle de figurant, se rallie à la « troisième force » au terme de la guerre civile.

Fu Zuoyi 傅作义 (1895-1974). Officier de l’armée de YanXishan ; gouverneur du Suiyuan de 193l à 1947 ; il commande en chef pour la Chine du Nord pendant la guerre civile. Négocie en 1949 la reddition de Pékin. Ce « ralliement » lui vaut des fonctions officielles (notamment au gouvernement) en R.P.C.

Hu Hanmin 胡汉民 (1879-1936). Compagnon de Sun Yat-sen (孫逸仙) et de Wang Jingwei (汪精衛), traducteur et commentateur de Marx. Lecture marxisante de l’histoire chinoise à l’époque du 4 mai 1919. Un nationalisme virulent le dresse ensuite contre les communistes et leurs partisans dans le G.M.D. Impliqué dans l’assassinat de Liao Zhongkai (廖仲愷) en 1925. Principal opposant de droite à Chiang Kai-shek après 1928 (tout comme Wang Jingwei à gauche, il se considère comme le seul légataire légitime de Sun et son interprète patenté).

Hu Shi 胡适 (1891-1962). Philosophe, historien, initiateur de la « révolution littéraire » (1917), principal représentant du libéralisme et du pragramatisme dès la période du 4 mai 1919’ se rallie au régime nationaliste de Taibei en 1953 ; vigoureusement dénoncé par une campagne ad hoc en Chine populaire, finit ses jours aux U.S.A.

Kang Youwei 康有為 (1858-1927). Principal animateur du mouvement réformiste, il inspire la brève tentative de modernisation partielle des « Cent Jours » (juin-septembre 1898). S’oppose par la suite au républicanisme de Sun Yat-sen (孫逸仙) et au mouvement d’occidentalisation suscité par Chen Duxiu (陳獨秀) et Hu Shi. Soutient notamment une tentative de restauration de la dynastie mandchoue en 1917.

Liang Qichao 梁啟超 (1873-1929). Le plus prestigieux des « pères spirituels » de la génération du 4 mai 1919, dont il se sépare pourtant par un prudent conservatisme culturel doublé d’un scepticisme généralisé, hostile à toutes les idéologies (du confucianisme au marxisme). Disciple de Kang Youwei, il prône une occidentalisation modérée, notamment en matière institutionnelle. Il anime le courant constitutionnaliste, d’abord monarchiste puis favorable à la République autoritaire de Yuan Shikai (qu’il sert comme ministre). L’un des animateurs du Parti progressiste (Jinbudang) après la mort de Yuan, il s’éloigne de la politique, voyage en Europe puis enseigne à Pékin et à Tientsin tout en condamnant l’évolution radicale du mouvement du 4 mai.

Li Jishen 李濟深 (1886-1959). Officier rallié à Sun Yat-sen (孫逸仙), il commande la 4e Armée en 1925- 1926 (Zhang Fakui lui succède au cours de la Beifa). Gouverneur du Guangdong à partir de 1926, il chasse Ye Ting (葉挺) et He Long (賀龍) de Shantou (Swatow) en septembre 1927 mais est absent de Canton lorsque Zhang Fakui réprime la Commune (décembre). Hostile à Chiang Kai-shek, il prend la tête de la rébellion du Fujian (novembre 1933-janvier 1934). Exclu du G.M.D. en 1947, il préside le Comité révolutionnaire du G.M.D. en sa rallie au nouveau régime en 1949. Fonctions officielles en R.P.C.

Shao Lizi 邵力子 (1882-1967). Membre du G.M.D., s’initie au marxisme à Shanghai en compagnie de Chen Duxiu (陳獨秀) au sein de premier « petit groupe » (xiaozu) communiste, fondé à Shanghai en mai 1920. Secrétaire de l’Académie militaire de Huangpu (Whampoa) ; représente le G.M.D. au 7e plénum du C.E.I.C. (Moscou, novembre 1926) ; séjour à l’Université Sun Yat-sen de Moscou (1927). Rallie ensuite le gouvernement de Chiang Kai-shek à Nankin. Proche collaborateur de Chiang, il est détenu en même temps que le Généralissime à Xi’an (décembre 1936). Rallié au nouveau régime en 1949, siège à la C.P.C.P.C. et à l’A.N.P. S’exprime publiquement en faveur d’un contrôle des naissances dès 1954.

Tang Shengzhi唐生智(1890-1970). « Premier des Nationalistes de la dernière heure » (H. Isaacs), il se rallie in extremis aux forces de la Beifa qui menacent le Hunan dont il est le principal militariste (1926). Participe à la prise de Wuhan ; commande les troupes du G.M.D. de gauche contre Chiang Kai-shek et les seigneurs de la guerre du Nord ; cautionne le massacre anticommuniste du « ma ri » (21 mai 1927) à Changsha et, d’une manière générale, la contre-révolution militaire dans le Hunan et le Hubei. S’oppose ensuite à la dictature de Chiang Kai-shek, avant de se rallier à la R.P.C.

Wu Peifu 吴佩孚 (1874-1939). Homme fort de la clique du Zhili, maître de Pékin et de la Chine du Nord jusqu’en 1924. Son influence réduite ensuite au profit de Feng Yuxiang et de Zhang Zuolin est anéantie par la Beifa dont il est l’une des principales victimes. Après la victoire de Chiang Kai-shek, se retire de la vie politique et refuse de collaborer avec les Japonais. Célèbre dans les annales du mouvement ouvrier chinois pour avoir durement réprimé une grève des cheminots du Jing-Han (Pékin-Hankou), le 7 février 1923, après avoir fait mine de tolérer la propagande syndicale sur le réseau (ce qui lui avait valu une solide réputation de libéralisme auprès du Bureau d’Irkoutsk du Komintern, qui voyait en lui un candidat plus sérieux que Sun Yat-sen (孫逸仙) à l’alliance soviétique...)-

Yan Xishan 阎锡山 (1883-1960). Seigneur de la guerre du Shanxi, réussit le tour de force de conserver le contrôle de sa province natale de 1912 à 1949, malgré Chiang Kai-shek, les communistes et les Japonais. Une politique moins aveugle et plus « sociale » qu’ailleurs lui permet de limiter l’influence communiste. Il s’installe à Taiwan après 1949.

Yuan Shikai 袁世凯 (1859-1916). Carrière militaire en Corée jusqu’à la guerre sino-japonaise (1894). Chargé par la Cour de moderniser l’armée après la défaite (1895). Favori de l’impératrice douairière Zi Xi après les Cent Jours (1898) ; gouverneur du Shandong d’où il chasse les Boxers en 1900, ce qui lui vaut le soutien des puissances. Gouverneur général du Zhili et Beiyang Dachen (Surintendant du commerce des ports du Nord) à la suite de Li Hongzhang en 1901, il met sur pied une armée moderne qui lui est personnellement dévouée et d’où sortiront la plupart des « seigneurs de la guerre » (l’« Armée Beiyang »). Impose l’abdication du dernier empereur en février 1912 tout en s’imposant aux révolutionnaires : Sun Yat-sen (孫逸仙) lui cède la présidence de la République. Réprime la « seconde révolution » en 1913 (le Guomindang (fondé en août 1912), à ne pas confondre avec le G.M.D. (fondé en 1920) s’étant insurgé contre son pouvoir personnel) et instaure un régime autoritaire qu’il tente de couronner, l’année de sa mort, par une restauration de l’Empire à son profit. La disparition du César chinois plonge le pays dans une guerre civile qui ne prendra fin qu’avec la victoire de Chiang Kai-shek, son véritable successeur, sur les Diadoques.

Zhang Bojun 章伯钧 (1895- 1969). L’un des fondateurs du Tiers-parti et de son successeur, le Parti démocratique des ouvriers et paysans chinois, avec Deng Yanda (鄧演達) et Ji Fang (季方) ; l’un des principaux responsables de la Ligue démocratique. « Personnalité démocratique » en vue (il est notamment ministre des Communications) après son ralliement à la R.P.C. en 1949 ; le mouvement antidroitier fait de lui et de son collègue Luo Longqi les boucs émissaires des Cent Fleurs (été 1957). Directeur du Guangming ribao (Clarté), le journal de la Ligue, il avait nommé un nouveau rédacteur en chef (Chu Anping (儲安平) dès avril 1957 : sous l’impulsion de Chu, Clarté devint l’une des tribunes les plus virulentes de la contestation intellectuelle et étudiante. Autocritique et pardon en 1959.

Zhang Fakui 張發奎 (1896-1980). Commande la fameuse 4e Armée pendant la Beifa, se rallie en 1927 au gouvernement de Wuhan (constitué par une coalition G.M.D. de gauche-P.C.C.), tolère les sympathies communistes de ses officiers (tels Ye Ting (葉挺) et He Long (賀龍)), qui crurent pouvoir lui forcer la main en se rebellant à Nanchang (Ier août 1927). Au lieu du ralliement attendu, Zhang Fakui chassa les rebelles de la ville et du Jiangxi. Il réprima la Commune de Canton en décembre 1927. Il s’est retiré à Hong Kong après 1949.

Zhang Xueliang 張學良 ( 1901-2001). Fils de Zhang Zuolin, auquel il succède en 1928 comme maître effectif de la Mandchourie (bien qu’il se rallie à l’œuvre unificatrice de Chiang Kai-shek). L’invasion japonaise ayant privé le « Jeune maréchal » de son domaine, Chiang le charge de la répression anticommuniste en Chine du Nord-Ouest (1935-1936). Mais, persuadé que la guerre civile facilite la conquête japonaise, il s’empare de la personne de Chiang lors du célèbre « incident de Xi’an » (décembre 1936), afin de le contraindre à s’entendre avec le P.C.C. contre l’envahisseur. Le P.C.C. ayant obtenu la libération de Chiang (à cette condition), il est jeté en prison par son captif qui ne l’amnistiera, à Taiwan, qu’en 1961.

Zhang Zuolin 张作霖 (1873-1928). Le « Vieux maréchal » règne sur la Mandchourie et au nord de la Grande Muraille. A partir de 1924, s’imposant contre Wu Peifu et Feng Yuxiang, il devient l’arbitre de la Chine du Nord et conduit la coalition à laquelle s’attaque la Beifa. Vaincu en 1928, il conserve intact son fief mandchou lorsque des officiers de l’armée japonaise du Guandong l’assassinent.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article194724, notice Glossaire II. Noms propres, version mise en ligne le 23 août 2017, dernière modification le 23 août 2017.
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