Glossaire I. Événements, institutions etc.

Anfu (clique). L’un des groupes de militaristes qui se disputent le nord de la Chine après la mort de Yuan Shikai (1916). Également nommé « clique du Anhui », ce groupe pro-japonais s’oppose à la « clique du Zhili », dominée par Wu Peifu.

Antidroitier (mouvement). Lancé à la mi-juin 1957 contre les critiques trop sincères du régime, trompés par le bref printemps des Cent Fleurs, il s’en prend tout d’abord aux intellectuels non communistes (quelque 20 000 sont dénoncés au cours de l’été) puis, jusqu’en 1958, supplantant la campagne de rectification en cours, à de nombreux membres du P.C.C.

Antis (Trois, Cinq). Voir sanfan, wufan.

Beida (Université de Pékin). Fondée en 1898, principal foyer du mouvement du 4 mai (1919) après 1916.

Beifa (Expédition du Nord) . Campagne militaire planifiée par Blücher alias Galen et commandée en chef par Chiang Kai-shek. Lancée à l’été 1926 par le gouvernement nationaliste de Canton contre les militaristes du Nord. Rapides succès au sud du Yangzi, facilités par le ralliement de nombreux « seigneurs de la guerre » locaux et le soutien des villageois. La progression se ralentit en 1927 en raison des tensions qui minent la coalition G.M.D.-P.C.C. Prise de Pékin en juin 1928.

Campagnes d’annihilation. Opérations lancées par le gouvernement nationaliste de Nankin contre les soviets du Jiangxi de la fin de l’année 1930 au départ de la Longue Marche (octobre 1934). Au nombre de cinq suivant l’histoire traditionnelle, mais peut-être plus nombreuses, elles se répartissent en deux offensives : décembre 1930 à septembre 1931 (trois premières campagnes de la tradition) ; avril 1932 à octobre 1934, ces deux dernières campagnes étant des campagnes d’encerclement.

C.C. (clique du C.C.). Voir Chen Guofu et Chen Lifu (Glossaire II, Noms propres).

Cent Fleurs. Mouvement de libéralisation idéologique auquel s’oppose l’appareil du P.C.C. jusqu’aux appels pressants de Mao Tse-tung (début 1957), les intellectuels étant censés critiquer de manière constructive la gestion du P.C.C. Il s’ensuit un débat libre et vif à partir du printemps, tournant très vite à la condamnation du régime. Brutal coup d’arrêt dès le 8 juin (voir antidroitier).

Collines de l’Ouest (groupe des). Regroupe, après la mort de Sun Yat-sen (孫逸仙) et l’assassinat de Liao Zhongkai (廖仲愷) (mars et août 1925, respectivement), la droite nationaliste, hostile à l’intervention soviétique et favorable à une rupture avec le P.C.C.

Coup du 12 avril 1927. Rupture sanglante entre Chiang Kai-shek, d’une part, le P.C.C. et les syndicats ouvriers de Shanghai d’autre part, après la conquête de la ville. Sonne le glas du premier Front uni qui se survit à Wuhan jusqu’en juillet (avec le G.M.D. de gauche).

Éducation socialiste (mouvement d’). L’un des trois volets d’une vaste campagne de rectification préconisée par Mao Tse-tung en septembre 1962, affecte le monde rural à partir de la fin de l’année. Il s’agissait surtout de renforcer le contrôle du Parti dans les campagnes au lendemain de la crise déclenchée par le Grand Bond. La première phase, confondue avec les « quatre assainissements » (siqing : politique, idéologie, organisation et économie), fait l’unanimité jusqu’à l’automne 1964. Puis les affrontements entre maoïstes (au rang desquels se trouve l’armée de Lin Biao, qui s’empare des « siqing ») et responsables de l’appareil deviennent de plus en plus aigus (et de plus en plus difficiles à déchiffrer) jusqu’à la Révolution culturelle.

Étudiants-travailleurs. Le « mouvement pour le travail diligent et l’étude à moindres frais » (qingong jianxue yundong), dit « mi-travail, mi-étude », a été lancé en 1918 par Cai Yuanpei et deux des principaux anarchistes chinois, Li Shizeng (李石曾) et Wu Zhihui (吳稚輝), Les « étudiants-travailleurs » venus en France devaient vivre de leur travail en usine et des subsides (mal) distribués par la « Société franco-chinoise d’éducation » (Huafa jiaoyu hui). Beaucoup de ces étudiants, surtout parmi le groupe des Hunanais et des Sichuanais, devinrent communistes au cours de leur séjour en France. La plupart des contestataires furent expulsés en octobre 1921 après avoir occupé l’institut franco-chinois de Lyon.

Fengtian (clique du Fengtian ou de Mandchourie). Regroupe les trois provinces de Mandchourie sous l’autorité de Zhang Zuolin. A la suite de guerres victorieuses contre les cliques Anfu et Zhili, puis contre Feng Yuxiang, elle s’empare du gouvernement central à Pékin (1925) et domine le nord du pays à la veille de la Beifa.

Guominjun, ou Armée nationale populaire. Nom donné par Feng Yuxiang à son armée après la victoire remportée sur les militaristes du Zhili en 1924. Vaincue en 1925 par une coalition dominée par le Fengtian, l’armée de Feng se replia en grande partie sur le Nord-Ouest, tandis que Feng acceptait de l’Union soviétique conseillers et matériel, en échange d’un rapprochement avec le G.M.D.

Huitième Armée de route (Balujun). Appellation officielle (et légendaire) des forces communistes pendant la période du second Front uni (1937-1946). Le P.C.C. accepta en effet la tutelle nominale du gouvernement nationaliste sur l’Armée rouge, en échange de sa « légalisation ». Elle est commandée en chef par Zhu De (朱德). Les forces communistes regroupées au sud du Yangzi font partie de la 4’ Armée nouvelle, formation « indépendante » commandée par Ye Ting (葉挺) puis Chen Yi (陳毅).

Quatre mai 1919 (mouvement du). Manifestations étudiantes, boycottages marchands et grèves ouvrières à Pékin puis dans de nombreuses villes chinoises, déclenchés lorsque la conférence de Versailles confirme la dévolution au Japon des intérêts allemands dans le Shandong. Plus largement, ce mouvement se confond avec l’entreprise d’occidentalisation et de radicalisation de l’intelligentsia qui précède la fondation du P.C.C. en 1921 (voir Chen Duxiu (陳獨秀)).

Rectification (campagne de) (1957-1958). Mouvement d’épuration du P.C.C. associé aux Cent Fleurs puis au mouvement antidroitier, avec lesquels il ne se confond pas entièrement. A vrai dire, les dirigeants chinois sont en désaccord sur le dosage, le calendrier et les rapports des trois politiques qui s’imposent après le VIIIe Congrès du P.C.C. (1956) : épuration du Parti, libéralisation et retour à l’ordre. Mais le « dérapage » des Cent Fleurs refait bientôt l’union contre les intellectuels trop loquaces, qui sont impitoyablement dénoncés.

Sanfan (Trois antis) . Campagne déclenchée en décembre 1951 contre les cadres coupables de « corruption, de gaspillage et de bureaucratisme ». Elle s’accompagne d’une épuration du P.C.C., qui exclut un peu plus de 10 % de ses membres et équivaut à une mise au pas des capitalistes ralliés.

Siqing (Quatre assainissements) . Voir Éducation socialiste.

Trois principes du peuple. Doctrine politique et sociale énoncée en 1905 par Sun Yat-sen (孫逸仙) dans Le triple démisme (Sanmin zhuyi) : dégagés de leur gangue antimandchoue, les trois principes (nationalisme, démocratie, socialisme) constituent l’idéologie officielle du G.M.D. Le troisième principe ou « bien-être du peuple » (minsheng), fortement influencé par Henry George, était suffisamment vague pour permettre l’interprétation socialisante qui en fut donnée après le rapprochement avec l’U.R.S.S. en 1923 (interprétation critiquée par les puristes de la droite, tels Hu Hanmin et Dai Jitao).

Wufan (Cinq antis) . Campagne déclenchée en janvier 1952 contre les pots de vin, la fraude, l’évasion fiscale, le détournement des biens publics et l’obtention illégale de secrets économiques. Elle vise les dirigeants d’entreprises et prolonge la campagne des Trois antis (Sanfan).

Wuhan (gouvernement ou « régime » (zhengquan) de). Coalition P.C.C.-G.M.D. organisée par Borodine et la gauche du G.M.D. contre Chiang Kai-shek à la fin de l’année 1926 ; dirigée par Wang Jingwei (汪精衛), elle comprend plusieurs ministres communistes : Tan Pingshan (譚平山), Su Zhaozheng (蔌兆症), et Lin Boqu (林伯渠). Collabore avec le P.C.C. après la rupture du Front uni à Shanghai (voir Coup du 12 avril 1927) jusqu’en juillet. Il finira par s’effacer devant le gouvernement de Chiang Kai-shek.

Zhengfeng (Rectification du style de travail) . Abréviation de Zhengdun sanfeng yundong (mouvement de rectification des trois mauvais styles de travail), le premier (1942-1944) et le plus célèbre des « mouvements de rectification » qui culminent avec la Révolution culturelle. Marque notamment l’ascension de Liu Shaoqi (劉少奇) et des hommes issus, comme lui, des zones « blanches », tels Peng Zhen (彭真), An Ziwen (安子文), Bo Yibo (薄一波) et Lu Dingyi (陸定一). Façonne l’image de marque de Yan’an, en particulier dans le domaine de la « ligne de masse », et sanctionne la primauté de Mao dans le P.C.C.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article194722, notice Glossaire I. Événements, institutions etc., version mise en ligne le 23 août 2017, dernière modification le 23 août 2017.
Version imprimable Signaler un complément