CHARBONNEL-DUTEIL Paulette [née VAILLANT Paulette]

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier

Née le 1er février 1915 à Dinan (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) ; professeur ; militante communiste de l’Aisne ; députée (1946-1951).

[Assemblée nationale, Notices et portraits, 1946]

Fille d’une ménagère et d’un instituteur, puis professeur de collège, militant socialiste, mis à la retraite anticipée par le gouvernement de Vichy, Paulette Vaillant fut fortement influencée par celui-ci. Son père, antifasciste et pacifiste, fut maire de Carnac (Morbihan) à la Libération.

Après des études secondaires classiques, elle fut admise en 1935 à l’École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses. Mariée en juillet 1939 à Lyon (7e arr.) avec Edmond Charbonnel qui devint en 1941 Charbonnel-Duteil (mariage dissous en 1982), devenue professeur d’histoire, elle se spécialisa dans l’étude du siècle des Lumières.

Paulette Charbonnel rechercha la liaison avec le Parti communiste fin 1941 puis fut perquisitionnée en mars 1942 et raison de ses prises de position en classe. Arrêtée le 9 juin 1944, relâchée deux jours plus tard, elle se réfugia à Paris où elle fut en liaison avec R. Clozier, des FTPF universitaires. Elle adhéra au Parti communiste à dater du 1er janvier 1945.

Secrétaire départementale de l’Union des femmes françaises (UFF) dans l’Aisne à la Libération, elle fut aussi adjointe au maire de Condé-en-Brie en mai 1945, avant d’être candidate aux élections législatives d’octobre 1945. En quatrième position sur la liste qui obtint deux sièges, elle ne fut pas élue mais le fut en juin 1946, lors des élections à la seconde constituante ; elle figurait en troisième position et le Parti communiste obtint trois des six sièges. Réélue en novembre 1946, elle intervint très souvent à la tribune sur les questions d’Éducation nationale et sur les problèmes de la presse et des dangers que certaines publications pouvaient représenter pour la jeunesse. Elle fut élue conseillère municipale de Saint-Quentin (Aisne) en 1947. Elle siégeait au comité fédéral et au bureau fédéral à la fin des années 1940, mais ne fut par réélue en 1948 pour « s’être fait l’écho de toutes les calomnies de la réaction dans une conversation avec la camarade Mennechet, du bureau fédéral, à l’égard des dirigeants du Parti ». En avril 1949, la direction du Parti communiste déclarait qu’il fallait « accepter la démission de Paulette Charbonnel, en donner publiquement les raisons », sans préciser s’il s’agissait de la démission de la direction fédérale ou de la députation. Le secrétariat national du PCF réuni le 10 janvier 1950 envisagea « le remplacement de Paulette Chardonnel en tant que député » (application Duclos), mais dans sa séance du 21 mai 1951, il ratifia sa candidature pour les élections législatives qui, en raison de la loi des apparentements, ne permirent pas sa réélection.

Son activité se tourna alors vers la collaboration à la presse communiste (l’Humanité, France-Nouvelle, Les Cahiers du communisme) et vers la publication d’articles et d’ouvrages scientifiques.

Le secrétariat national du 22 mai 1959 donna son accord « pour que Paulette Charbonnel collabore au secrétariat du Centre d’études de recherches marxistes » ; le 12 juin 1959, il décida de « verser une indemnité de 10 000 F par mois à la camarade Paulette Charbonnel pour les frais occasionnés par le travail qu’elle effectuera bénévolement comme secrétaire du Centre d’études marxistes de Paris ». Elle était particulièrement chargée, sous la direction de Victor Joannès*, de faire un premier travail de rédaction du manuel officiel de l’histoire du Parti communiste qui fut publié en 1964.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article19447, notice CHARBONNEL-DUTEIL Paulette [née VAILLANT Paulette] par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 9 décembre 2008.

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier

[Assemblée nationale, Notices et portraits, 1946]
[Assemblée nationale, Notices et portraits]

ŒUVRE : Participation aux publications citées dans la notice.

SOURCES : RGASPI, Moscou, 495 270 396, fiche d’évaluation 1950. — Arch. comité national du PCF. — Dictionnaire des Parlementaires français, 1940-1968, La Documentation française. — Presse locale.

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