PLANCHON Louis, Ernest]

Par Laurent Gonon

Né le 6 décembre 1891 à Le Cheylard (Ardèche), mort le 8 mai 1963 à Grigny (Rhône) ; cheminot ; gérant de coopérative ; maire de Grigny (Rhône) 1958-1959.

Louis Planchon fur appelé sous les drapeaux en 1910, il devait rester mobilisé deux ans. Lors de la déclaration de la Première guerre mondiale, le 3 août 1914, il fut enrôlé puis se retrouva dans l’enfer de Verdun. Démobilisé en 1919, il fut embauché à la compagnie des chemins de fer, mais en 1920 il fut révoqué après la grande grève engagée au départ pour le 1er mai, journée internationale des travailleurs. Le malaise était plus profond. Le fort mécontentement fut exacerbé par la violation des accords du 1er mars par le gouvernement et les directions des compagnies. L’assemblée générale des 3 000 cheminots d’Oullins insuffla un courant de luttes revendicatives dans les dépôts de la région. L’éditorial de Gaston Monmousseau dans la Tribune des cheminots daté du 1er mai « Tous à l’action », rejetant toutes les menaces et les intimidations, confirma une exigence largement partagée de l’augmentation des salaires et le respect du droit syndical. Le dépôt de Grigny-Badan était déjà d’importance avec ses deux rotondes, l’atelier de levage destiné à la réparation des locomotives, le parc semi-circulaire dénommé Maroc ou rotonde n° 3 où deux machines pouvaient y stationner bout-à-bout sur chaque embranchement et le quai à combustible. Le travail y était dur. Le pont tournant du Maroc était mû à bras d’hommes. Le quai à combustible était qualifié de « bagne » où tout le travail se faisait à bras. Au soleil ou sous la pluie, on y déchargeait tonne après tonne, à une cadence infernale, le charbon des wagons pour charger les tenders des machines. Ce chargement fut d’abord fait au panier, puis au wagonnet. Après sa révocation pour faits de grève, Louis Planchon fut embauché à la compagnie PLM, au dépôt de Badan. En octobre 1939, il était mobilisé puis en août 1940, après la débâcle, il réintégra le dépôt de Badan à Grigny. Lors du bombardement des infrastructures du triage, par les alliés le 25 mai 1944, Louis Planchon perdit son épouse et son beau-frère Léon Bourgeat.
Le 29 avril 1945, il était élu conseiller municipal sur la Liste républicaine d’union de tous les Français et Françaises sur le programme du Conseil National de la Résistance (CNR), liste dirigée par Jean Estragnat. Puis, le 21 janvier 1953, sous la mandature de Jean Fayard, maire de droite, il siégea dans l’opposition. À nouveau élu en mai 1955 sur la liste d’Adrien Dutartre, militant communiste, il devait être appelé à lui succéder au décès de ce dernier survenu le 25 mars 1958. Élu maire le 20 mai 1958, il termina la mandature le 5 avril 1959. Puis fut ensuite réélu sur la liste dirigée par Auguste Veyret, militant communiste, nouveau maire (1959-1965). Gérant de la coopérative des cheminots, son action de solidarité fut particulièrement efficace lors de la grande grève des mineurs dans l’hiver 1962-1963, accueillant de nombreux enfants venus du Nord.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article194032, notice PLANCHON Louis, Ernest] par Laurent Gonon, version mise en ligne le 25 juillet 2017, dernière modification le 25 juillet 2017.

Par Laurent Gonon

SOURCES : http://lesamisduvieuxgrigny.fr/maires.php ; Joseph Jacquet, Les cheminots dans l’histoire sociale de la France, Éditions sociales, Paris 1967. — Édouard Brenot, 150 ans de chemins de fer, Grigny-Badan, imprimerie des Beaux-Arts, Lyon, 1982.

photo DR, http://lesamisduvieuxgrigny.fr/maires.php

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