Né en 1927 au Douar Harbil (Algérie) ; une des sept victimes de la manifestation parisienne du 14 juillet 1953 place de la Nation à Paris.

Plaque apposée par la Ville de Paris, 12 avenue du Trône, le 6 juillet 2017
Cliché Daniel Kupferstein
Tahar Madjène
Domicilié 6 rue Beaumont à Paris (XVIIe arr.), Tahar Madjène participa à Paris avec le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) à la manifestation du 14 juillet 1953 organisée par la gauche syndicale et communiste. Entre 6000 et 8000 Algériens défilaient en fin de cortège place de la Nation quand des affrontements eurent lieu avec la police. Celle-ci tira sans sommation faisant six morts algériens (Abdallah Bacha , Larbi Daoui, Tahar Madjène, Amar Tadjadit, Abdelkader Draris, Mouhoub Illoul) et un français de la CGT, Maurice Lurot.
Selon la mémoire familiale, il était un des cinq porteurs de drapeaux algériens. Frappé d’une balle sous la clavicule gauche qui lui a perforé le cœur et les poumons, il mourut à 17 h 40 à l’hôpital Tenon. Il aurait été touché au moment où le militant de la CGT Maurice Lurot tentait de s’interposer entre les policiers et les manifestants algériens, trouvant lui-même la mort. Tahar Madjène avait été emmené par des particuliers à l’hôpital Tenon avec quatre autres victimes dont Larbi Doui qui mourut également.
Son cercueil fut exposé à la Mosquée de Paris le 21 juillet avec ceux de quatre autres Algériens, puis dirigé vers Marseille, débarqué à Alger et conduit à Chréa en Basse-Kabylie. Les gendarmes obligèrent la famille à faire l’enterrement immédiatement, au coucher du soleil., en restant présent dans le village. C’est dans un cimetière éclairé à la bougie et avec des lampes à pétrole que prirent la parole des représentants du MTLD, de l’Union démocratique du manifeste algérien UDMA, du Parti communiste algérien PCA. Tahar Madjène laissait deux fils.
Les avocats Renée Stibbe et Yves Dechezelles assurèrent la défense des droits de la famille devant les tribunaux français mais sans succès.
La mairie de Paris fit apposer une plaque commémorative le 6 juillet 2017, 12 avenue du Trône jouxtant la place de la Nation.

SOURCES : Daniel Kupferstein, Les balles du 14 juillet 1953. Le massacre policier oublié des nationalistes algériens à Paris, La Découverte, 2017 (utilise notamment le dossier d’instruction, cour d’appel (Archives de la Seine, n° 1348 W17). Nous devons beaucoup à cet ouvrage. — Maurice Rajsfus, 1953, un 14 juillet sanglant, Agnès Viénot, Paris, 2003. — Danielle Tartakowsky, Les manifestations de rue en France, 1918-1968,, Publications de la Sorbonne, 1997.— Emmanuel Blanchard, La police parisienne et les Algériens, 1944-1962, Nouveau Monde, 2011. — Jacques Simon, Paris1953. Un 14 juillet rouge de sang algérien, L’Harmattan, 2015.

Claude Pennetier

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