Né le 10 février 1933 à Oued Amizour (Algérie), une des sept victimes de la manifestation parisienne du 14 juillet 1953 place de la Nation à Paris.

Plaque apposée par la Ville de Paris, 12 avenue du Trône, le 6 juillet 2017
Cliché Daniel Kupferstein
Mouhoub Illoul
Mouhoub Illoul était le fils de Illoul Akli ben Mohaud Said, cordonnier, et de Lebbah Fatima, sans profession sur l’acte de naissance.
Domicilié 83 rue Jean Jaurès à Maisons-Alfort (Seine, Val-de-Marne), ouvrier du bâtiment au centre de formation de Saint-Priest (Rhône), il participa avec le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) à Paris, à la manifestation du 14 juillet 1953 organisée par la gauche syndicale et communiste. Entre 6000 et 8000 Algériens défilaient en fin de cortège place de la Nation quand des affrontements eurent lieu avec la police. Celle-ci tira sans sommation faisant six morts algériens (Abdallah Bacha , Larbi Daoui, Tahar Madjène, Amar Tadjadit, Abdelkader Draris, Mouhoub Illoul) et un français de la CGT, Maurice Lurot.
Selon la mémoire familliale, il était le porteur d’un des cinq drapeaux algériens. La balle était entrée dans le sourcil gauche jusqu’à la boîte crânienne puis ressortie. Il mourut à 20 h 30 à l’hôpital Saint-Louis.
Le 20 juillet, son corps qui n’avait pas été réclamé par sa famille, fut enterré au cimetière franco-musulman de Bobigny en présence d’un grand déploiement de forces de l’ordre. À la demande du MTLD, il fut exhumé le 18 septembre et rapatrié en Algérie le 24 septembre. Accueilli à Alger par le comité de soutien aux victimes, il partit en direction de Bejaia en Kabylie où le commissaire demanda un enterrement immédiat pour empêcher tout rassemblement. Cependant une foule importante participa aux obsèques. Alger républicain publia des photos de son enterrement à Oued Amizour.
La mairie de Paris fit apposer une plaque commémorative le 6 juillet 2017, 12 avenue du Trône jouxtant la place de la Nation.

SOURCES : Daniel Kupferstein, Les balles du 14 juillet 1953. Le massacre policier oublié des nationalistes algériens à Paris, La Découverte, 2017 (utilise notamment le dossier d’instruction, cour d’appel (Archives de la Seine, n° 1348 W17). Nous devons beaucoup à cet ouvrage. — Maurice Rajsfus, 1953, un 14 juillet sanglant, Agnès Viénot, Paris, 2003. — Danielle Tartakowsky, Les manifestations de rue en France, 1918-1968,, Publications de la Sorbonne, 1997.— Emmanuel Blanchard, La police parisienne et les Algériens, 1944-1962, Nouveau Monde, 2011. — Jacques Simon, Paris1953. Un 14 juillet rouge de sang algérien, L’Harmattan, 2015. — État civil communiqué par Daniel Kupferstein.

Claude Pennetier

Version imprimable de cet article Version imprimable